un verre jaune sur lequel est représenté un oiseauPhoto 2/7 du lotPhoto 3/7 du lotPhoto 4/7 du lotPhoto 5/7 du lotPhoto 6/7 du lotPhoto 7/7 du lot
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276 - DAUM NANCY

Estimation 2 000 € - 3 000 €
Description
DAUM NANCY « Dieu en soit garde – Compiègne R[h]eims 1901 » modèle référencé sous le numéro « 1851 » de la collection « Alliance Franco-russe » de 1901 réalisée par la Maison Daum - œuvre célébrant l’amitié entre les deux pays initiée dès 1892 et exécutée à la suite de la visite du Tsar Nicolas II à Compiègne et Reims en 1901 Rare vase rouleau ; le col pincé et trilobé. Épreuve en verre teinté jaune-miel ; le décor tournant - symbolisant la France et la Russie (coq, bruyères de la ville de Compiègne, aigle bicéphale), la devise de la ville de Reims – Dieu en soit garde – et les mentions – Compiègne R[h]eims 1901 – dégagé à l’acide et réalisé aux émaux polychromes et à l’or sur un fond de motifs stylisés (lys, fleurs champêtres, grappes de raisin, grecques) dégagés à l’acide également et frottés à l’or par endroits (cf. descriptif complet, historique et interprétation du décor en pièce annexe). Les lieux et dates des précédentes rencontres franco-russes inscrites dans des rubans émaillés et rehaussés à l’or. Signé DAUM Nancy à la Croix de Lorraine, à l’or sous la base. H. 29 cm Archives : Archives Daum, Nancy – Notre modèle de vase référencé sous le numéro 1851 du registre des modèles « Alliance franco-russe » de 1901, conservé dans les archives de cette institution. Bibliographie : Christophe Bardin – Daum, 1878-1939, une industrie d’art lorraine – Éditions Serpenoise, Metz, 2004. Notre modèle de vase figure sur la planche « Alliance franco-russe » issue des archives Daum, reproduite page 204. Daum Nancy – Le second voyage du tsar Nicolas II en France – 1901 Les deux vases de la maison Daum Nancy présentés lors de cette vacation renferment une histoire singulière. Ces créations sont en réalité des objets commémorant un évènement diplomatique de haute importance qui eut lieu au début du 20e siècle, à savoir le second voyage en France du tsar Nicolas II, dernier empereur de Russie, et de la tsarine Alexandra Féodorovna, en septembre 1901. Ce voyage s’inscrit à la suite de précédents échanges entre la France et la Russie, dont l’ancrage se situe dans l’établissement de l’alliance franco-russe en 1893, sous l’égide du tsar Alexandre III – un évènement lui aussi traduit sur verre par la maison Daum [cf. Musée d’Orsay – Inv. OAO 964 2]. En 1901, accueillis à Dunkerque, les souverains partirent pour Compiègne puis Reims, où se succédèrent réceptions officielles et démonstrations armées. D’une grande rareté, nos pièces relatent de cet évènement, et plus encore témoignent des échanges et du foisonnement artistiques entre les deux nations. De nombreux objets d’art, peintures, sculptures, monnaies furent créés pour ce genre d’occasions – à la fois comme cadeaux diplomatiques ou témoignages historiques, mais aussi comme stratégie commerciale et moyen pour assoir son savoir-faire artistique. La maison Daum, surfant sur la ferveur populaire qui entoure les fêtes franco-russes, créa ainsi à l’occasion du second voyage du tsar en France huit pièces aux armes des deux pays, et neuf autres en hommage à l’impératrice – dont la filiation avec d’illustres ancêtres lorrains fit d’elle une figure majeure du voyage de 19011. Aussi, après les créations de 1893 et 1896, utilisant les mêmes techniques et procédés, la maison Daum réitère son intérêt pour la visite franco-russe dans des pièces chargées de symboles – à l’instar des deux vases présentés ici. Le premier, d’un blanc givré, porte les inscriptions « Les fleurs de l’impératrice » et « Compiègne 1901 ». Orné de bruyères, plante caractéristique de la forêt de Compiègne, et d’un décor floral stylisé, il évoque – comme l’indique son titre – la visite de l’impératrice dans la « Cité Impériale »2, où ces fleurs lui furent justement offertes lors de son arrivée3. Le vase figure également un paysage traité en grisaille, identifiable comme celui du jardin et de l’allée des Beaux-Monts du Château de Compiègne, où ils furent reçus, et d’où proviennent les bruyères. S’ajoute à cela le symbole impérial russe, à savoir l’aigle noir bicéphale couronné aux ailes déployées – référence diplomatique à l’empereur et l’impératrice. Il tient dans sa serre droite un sceptre en or et dans la gauche un orbe azur cerclé – symboles de la souveraineté du tsar autocrate – et porte autour du cou la croix de l’ordre impérial de Saint-André. L’aigle figure également sur ses ailes les blasons des territoires de l’empire – à savoir, au centre, Moscou, avec son écusson à décor de Saint-Georges terrassant le dragon ; à droite, Khasan, la Pologne, les trois villes de Kiev, Vladimir et Novgorod, et la Crimée ; à gauche, Astrakhan, la Sibérie, la Géorgie et la Finlande. Ce même symbole du pouvoir russe est également présent sur le second vase, à fond jaune mordoré, souligné de détails rehaussés d’or, en référence au drapeau impérial. Celui-ci porte les inscriptions « Compiègne R[h]eims 1901 », ainsi que la devise de la ville rémoise « Dieu en soit garde » – lieu où le tsar assista à un défilé militaire. L’aigle bicéphale côtoie cette fois le coq, symbole de la France. S’ajoute à ce décor un ruban reprenant les dates et lieux des précédentes rencontres franco-russes – lequel renforce manifestement le lien entre les deux nations, et situe l’évènement de 1901 dans une certaine chronologie diplomatique. Il est en effet fait mention de la date de 1893, année de la visite de l’escadrille russe à Toulon et de la signature de l’alliance franco-russe ; puis 1896, date de la première visite du tsar Nicolas II en France, entre Cherbourg, Paris et Châlons ; et enfin 1897, année de la visite du Président Félix Faure à Cronstadt et Saint-Pétersbourg. Comme pour le vase précédent, un décor de fleurs complète le décor. Sont représentées des fleurs de lys stylisées inscrites dans des cercles, symboles de la France et de Reims, ainsi que des bruyères, en référence à Compiègne. En pourtour du col se trouvent également des grappes de raisins, probablement liées au champagne, dont le tsar était un grand amateur. _____ 1 Christophe Bardin – Daum, 1878-1939, une industrie d’art lorraine – Éditions Serpenoise, Metz, 2004, p. 204. 2 Compiègne est surnommée « Cité impériale » en raison de son héritage lié aux deux Empires. 3 Un tsar à Compiègne, Nicolas II, 1901 – Communiqué de l’exposition organisée au Musée national du château de Compiègne (30 septembre 2001 – 14 janvier 2002), p. 8. Expert : Emmanuel EYRAUD
À propos de la vente GRENOBLE - Arts Collections - Octobre 2026
Lieu de vente
Date 06/10/2026 à 18h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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