un vase en verre avec un motif sur une surface blanchePhoto 2/7 du lotPhoto 3/7 du lotPhoto 4/7 du lotPhoto 5/7 du lotPhoto 6/7 du lotPhoto 7/7 du lot
Premium Senequier-Crozet (Anciennement Sadde Grenoble)

277 - DAUM NANCY

Estimation 2 000 € - 3 000 €
Description
DAUM NANCY « Les Fleurs de l’Impératrice – Compiègne 1901 » modèle référencé sous le numéro « 1856 » de la collection « Bruyères de l'Impératrice, vue de Compiègne » de 1901 réalisée par la Maison Daum - œuvre célébrant l’amitié entre la France et la Russie initiée dès 1892 et exécutée à la suite de la visite de l’Impératrice de Russie Alexandra Féodorovna à Compiègne en 1901 Rare vase rouleau ; le col pincé et trilobé. Épreuve en verre clair ; le décor tournant symbolisant la ville de Compiègne et la Russie (bruyères et aigle bicéphale) et présentant l’inscription – Compiègne 1901 – dégagé à l’acide et réalisé aux émaux polychromes et à l’or, celui du paysage figurant le jardin et l’allée des Beaux-Monts du Château de Compiègne traité en grisaille. Le fond granité portant l’inscription – Les Fleurs de l’Impératrice – et enrichi de frises, haute et basse, de treillis floraux dans le goût rocaille dégagées à l’acide et largement rehaussées à l’or (cf. descriptif complet, historique et interprétation du décor en pièce annexe). Signé DAUM Nancy à la Croix de Lorraine, à l’or sous la base. H. 29 cm Archives : Archives Daum, Nancy – Notre modèle de vase est référencé sous le numéro 1856 du registre des modèles « Bruyères de l'Impératrice, vue de Compiègne » de 1901, conservé dans les archives de cette institution. Daum Nancy – Le second voyage du tsar Nicolas II en France – 1901 Les deux vases de la maison Daum Nancy présentés lors de cette vacation renferment une histoire singulière. Ces créations sont en réalité des objets commémorant un évènement diplomatique de haute importance qui eut lieu au début du 20e siècle, à savoir le second voyage en France du tsar Nicolas II, dernier empereur de Russie, et de la tsarine Alexandra Féodorovna, en septembre 1901. Ce voyage s’inscrit à la suite de précédents échanges entre la France et la Russie, dont l’ancrage se situe dans l’établissement de l’alliance franco-russe en 1893, sous l’égide du tsar Alexandre III – un évènement lui aussi traduit sur verre par la maison Daum [cf. Musée d’Orsay – Inv. OAO 964 2]. En 1901, accueillis à Dunkerque, les souverains partirent pour Compiègne puis Reims, où se succédèrent réceptions officielles et démonstrations armées. D’une grande rareté, nos pièces relatent de cet évènement, et plus encore témoignent des échanges et du foisonnement artistiques entre les deux nations. De nombreux objets d’art, peintures, sculptures, monnaies furent créés pour ce genre d’occasions – à la fois comme cadeaux diplomatiques ou témoignages historiques, mais aussi comme stratégie commerciale et moyen pour assoir son savoir-faire artistique. La maison Daum, surfant sur la ferveur populaire qui entoure les fêtes franco-russes, créa ainsi à l’occasion du second voyage du tsar en France huit pièces aux armes des deux pays, et neuf autres en hommage à l’impératrice – dont la filiation avec d’illustres ancêtres lorrains fit d’elle une figure majeure du voyage de 19011. Aussi, après les créations de 1893 et 1896, utilisant les mêmes techniques et procédés, la maison Daum réitère son intérêt pour la visite franco-russe dans des pièces chargées de symboles – à l’instar des deux vases présentés ici. Le premier, d’un blanc givré, porte les inscriptions « Les fleurs de l’impératrice » et « Compiègne 1901 ». Orné de bruyères, plante caractéristique de la forêt de Compiègne, et d’un décor floral stylisé, il évoque – comme l’indique son titre – la visite de l’impératrice dans la « Cité Impériale »2, où ces fleurs lui furent justement offertes lors de son arrivée3. Le vase figure également un paysage traité en grisaille, identifiable comme celui du jardin et de l’allée des Beaux-Monts du Château de Compiègne, où ils furent reçus, et d’où proviennent les bruyères. S’ajoute à cela le symbole impérial russe, à savoir l’aigle noir bicéphale couronné aux ailes déployées – référence diplomatique à l’empereur et l’impératrice. Il tient dans sa serre droite un sceptre en or et dans la gauche un orbe azur cerclé – symboles de la souveraineté du tsar autocrate – et porte autour du cou la croix de l’ordre impérial de Saint-André. L’aigle figure également sur ses ailes les blasons des territoires de l’empire – à savoir, au centre, Moscou, avec son écusson à décor de Saint-Georges terrassant le dragon ; à droite, Khasan, la Pologne, les trois villes de Kiev, Vladimir et Novgorod, et la Crimée ; à gauche, Astrakhan, la Sibérie, la Géorgie et la Finlande. Ce même symbole du pouvoir russe est également présent sur le second vase, à fond jaune mordoré, souligné de détails rehaussés d’or, en référence au drapeau impérial. Celui-ci porte les inscriptions « Compiègne R[h]eims 1901 », ainsi que la devise de la ville rémoise « Dieu en soit garde » – lieu où le tsar assista à un défilé militaire. L’aigle bicéphale côtoie cette fois le coq, symbole de la France. S’ajoute à ce décor un ruban reprenant les dates et lieux des précédentes rencontres franco-russes – lequel renforce manifestement le lien entre les deux nations, et situe l’évènement de 1901 dans une certaine chronologie diplomatique. Il est en effet fait mention de la date de 1893, année de la visite de l’escadrille russe à Toulon et de la signature de l’alliance franco-russe ; puis 1896, date de la première visite du tsar Nicolas II en France, entre Cherbourg, Paris et Châlons ; et enfin 1897, année de la visite du Président Félix Faure à Cronstadt et Saint-Pétersbourg. Comme pour le vase précédent, un décor de fleurs complète le décor. Sont représentées des fleurs de lys stylisées inscrites dans des cercles, symboles de la France et de Reims, ainsi que des bruyères, en référence à Compiègne. En pourtour du col se trouvent également des grappes de raisins, probablement liées au champagne, dont le tsar était un grand amateur. _____ 1 Christophe Bardin – Daum, 1878-1939, une industrie d’art lorraine – Éditions Serpenoise, Metz, 2004, p. 204. 2 Compiègne est surnommée « Cité impériale » en raison de son héritage lié aux deux Empires. 3 Un tsar à Compiègne, Nicolas II, 1901 – Communiqué de l’exposition organisée au Musée national du château de Compiègne (30 septembre 2001 – 14 janvier 2002), p. 8. Expert : Emmanuel EYRAUD
À propos de la vente GRENOBLE - Arts Collections - Octobre 2026
Lieu de vente
Date 06/10/2026 à 18h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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