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190 - SUSPENSION PORTE-ÉCU DU TYPE LUSTERWEIBCHEN en bois sculpté,…

Estimation 8 000 € - 12 000 €
Description
SUSPENSION PORTE-ÉCU DU TYPE LUSTERWEIBCHEN en bois sculpté, polychromé et doré représentant un lion tenant un écu armorié (illisible), issant d'un tortil d'où partent deux grandes cornes de bouc. Allemagne, XVIe siècle. Hauteur : 50 cm - Largeur : 77 cm (Petits accidents et manques visibles, restaurations) Notice : Apparu dans l’espace germanique à la fin du Moyen Âge, le type du Leuchterweibchen, ou, plus largement, du Geweihleuchter - littéralement lustre à cornes ou à bois - associe une figure sculptée, le plus souvent polychromée, à une paire de cornes ou de bois d'animaux disposés horizontalement. Ces objets suspendus, à la frontière du luminaire, de l’emblème héraldique et de la sculpture décorative, connurent une fortune particulière dans les pays germaniques et alpins au tournant du XVIe siècle. Notre suspension en reprend le principe dans une variante zoomorphe et héraldique : un lion porte-écu, issu d’un tortil, s’avance entre deux grandes cornes de bouc. L’objet ne relève donc pas du Lusterweibchen au sens littéral (le « petit lustre-femme ») mais d’une famille plus large de suspensions armoriées, où la figure sculptée, humaine, fantastique ou animale, sert de support à une affirmation de lignage, de charge ou d’appartenance. Plusieurs exemples conservés permettent de restituer le contexte de ce type d’objet. Le Rijksmuseum conserve ainsi un Leuchterweibchen met wapenschild, attribué à un sculpteur anonyme de Malines et daté vers 1525, composé d’une figure féminine en noyer polychromé et doré, tenant un écu, associée à des bois de cerf et à des chaînes de fer, [N° inv. BK-1969-1]. La notice du musée souligne que le sens exact de cette association d'une figure, d'un écu et d'une ramure suspendue, demeure en partie énigmatique, tout en rappelant que de tels objets pouvaient prendre place dans des hôtels de ville et revêtir ainsi une signification officielle. La même dimension civique ou représentative se retrouve dans le Wild Man Chandelier (Lustermännchen) du Toledo Museum of Art, Allemagne, région alpine, vers 1525-1550, [N° inv. 2021,39], où un homme sauvage sculpté et polychromé tient un écu tandis que des bois de cerf se développent à l’arrière de la figure. Le musée rappelle que ces suspensions à bois étaient placées dans des espaces civiques, des salles de corporations, des demeures seigneuriales, voire des contextes ecclésiastiques. L’un des plus célèbres avatars zoomorphe du genre demeure le Drachenleuchter exécuté en 1522 par Veit Stoß d’après un dessin d’Albrecht Dürer, conservé au Germanisches Nationalmuseum de Nuremberg, [N° inv. HG68]. Commandé pour la salle du conseil de l’hôtel de ville de Nuremberg, il illustre avec éclat cette rencontre proprement renaissante entre l’artifice sculpté et l’élément naturel : les bois, loin d’être de simples accessoires, deviennent le prolongement organique d’un être composite. Par sa combinaison d’un animal héraldique, d’un écu et de cornes naturelles, notre suspension s’inscrit dans ce goût germanique de la Renaissance pour les objets hybrides, où la nature, la sculpture et l’emblème se répondent. Le lion, figure de puissance et de vigilance, y devient le gardien d’armes aujourd’hui illisibles, conservant moins l’identité précise d’un lignage que le souvenir matériel d’un décor de représentation.
À propos de la vente HAUTE ÉPOQUE
Lieu de vente
Date 08/07/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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