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263 - EPÉE DE JUSTICE dite aussi épée de bourreau, à puissante lam…

Estimation 4 000 € - 6 000 €
Description
EPÉE DE JUSTICE dite aussi épée de bourreau, à puissante lame de taille à double tranchant, large gouttière de part et d'autre au tiers de sa longueur, gravée sur les deux faces d'un coté «Die herren judiciren» et de l'autre  «Ich thue exeguiren»  (traduction : Les seigneurs jugent / moi j'exécute), au dessus de la gouttière sur une face est une roue de supplice en laiton incrusté.  A la base de la lame un poinçon circulaire de forgeron à l'orbe crucigère (Reichsäpfel) accostée de deux points. Attribuée à Mathias Wundes (1525-1600), de Solingen. Allemagne, milieu du XVIe siècle. Monture en fer, croisière légèrement losangique de 20 cm. Quillons à pans finissant sur de solides pointes. Fusée en cuir filigranée de fer. Fort pommeau conique à pans, surmonté d'une boule aplatie. Longueur totale : 112 cm (Usures, restaurations, éléments rapportés) Provenance : – Collection Gilles Grimm (1955-), France. – Vente du précédent, Aguttes, 29 mai 2019, lot n°337. – Collection particulière, France. Notice : La typologie, la citation gravée et la présence de la roue de supplice rattachent clairement cette arme à l’univers judiciaire germanique du XVIe siècle, où l’épée de justice constitue à la fois un instrument d’exécution et un symbole d’autorité déléguée. La datation de la lame dans la première moitié du XVIe siècle se trouve confortée par comparaison avec l’épée dite de la souveraineté de Prusse (Schwert der preußischen Souveränität), conservée à Berlin (Kulturgutschutz Deutschland, n°03603), dont la lame porte un poinçon strictement identique et dont la monture est datée vers 1540-1541 (cf. Julius Lessing, Die Schwerter des Preussischen Krontresors, 1895, pages 103 à 109). L’attribution de ce poinçon a fait l’objet de discussions anciennes. Julius Lessing l’avait rapproché de la dynastie des Weyersberg, grande lignée de Solingen, bien que leurs marques connues (loup, trompe, pince) diffèrent sensiblement de l’orbe crucigère ici observé. Une analyse typologique plus fine conduit à privilégier l’atelier des Wundes. Un poinçon à l’orbe comparable est en effet documenté pour Johannes Wundes vers 1575 (Albert Weyersberg, Solinger Schwertschmiede des 16. und 17. Jahrhunderts), tandis que les sources prosopographiques (Richard H. Bezdek, German Swords and Sword Makers) identifient son père, Mathias Wundes (1525–1600), actif précisément dans les années 1540. L’absence de poinçon formellement répertorié pour Mathias Wundes n’exclut pas l’attribution : au contraire, la continuité iconographique du motif de l’orbe au sein de la lignée, conjuguée à la concordance chronologique et à la comparaison directe avec l’exemplaire de Berlin, permet de proposer avec une certaine vraisemblance l’attribution de cette lame à cet atelier. Rare par la qualité de sa lame, la clarté de ses inscriptions et la présence de son poinçon, cette épée constitue un témoignage particulièrement évocateur de la justice pénale dans l’espace germanique à la Renaissance, où l’objet, au-delà de sa fonction, participait pleinement à la mise en scène du pouvoir judiciaire.
À propos de la vente HAUTE ÉPOQUE
Lieu de vente
Date 08/07/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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