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18 - MARGUERITE D'AUTRICHE. Lettre signée « Margarita d'Austria »…

Estimation 200 € - 300 €
Description
MARGUERITE D'AUTRICHE. Lettre signée « Margarita d'Austria », en italien, au commandant Hernando de La Fuente. Parme, 15 juillet 1557. Une p. 1/2 in-folio, adresse au dos, cachet armorié de cire sous papier ; mouillures. Elle explique être arrivée saine et sauve à Parme mais, en raison des intempéries et de la guerre, ne pas avoir pu écrire plus tôt. « ... Noi haviamo inteso per il viaggio come Campli è stato maltratto et quasi sacchagiato et che l'altre terre hanno grossamente patito et patiscono, et massime Civitaducale, et non solo per le gravezze de soldati et pagamenti estraordinarii ma per mancamento di governo et di chi amministri loro buona giustitia, di che ce ne duole infinitamente... » Traduction : « ... Nous avons entendu au cours du voyage comment Campli [au Nord-Ouest de Pescara] a été maltraitée et presque saccagée et que d'autres terres ont gravement souffert, et souffrent, et surtout Civitaducale [aujourd'hui Cittaducale, entre L'Aquila et Terni], et non seulement par la charge des soldats et les taxes extraordinaires mais par défaut de gouvernement et d'hommes à administrer une bonne justice, ce que nous regrettons infiniment... » Elle affirme ensuite vouloir remédier à cette situation et dit qu'elle le fait savoir aux populations concernées qu'elle s'y emploiera. LES RAVAGES DE LA « GUERRE DU SEL » ENTRE LE PAPE ET L'ESPAGNE. D'une famille noble napolitaine hostile aux Habsbourg au pouvoir à Naples, le pape Paul IV décida, pour renflouer ses finances en difficultés en 1556 de doubler les taxes sur le sel importé de ce royaume dans les États-Pontificaux. Le duc d'Albe, vice-roi de Naples, décida d'attaquer Rome, ravageant les campagnes qu'il traversait, tandis que les troupes du pape dévastaient les États de Marguerite d'Autriche... Une troupe française commandée par le duc de Guise échoua à repousser les hispano-napolitains, et le pape dut signer la paix en septembre 1557. GOUVERNANTE DES PAYS-BAS ESPAGNOLS ET PRINCESSE ITALIENNE, MARGUERITE D'AUTRICHE (1522-1586) était la fille naturelle de Charles Quint. Née et élevée à la Cour espagnole des Pays-Bas, elle fut mariée deux fois, en 1536 à Alexandre de Médicis, duc de Toscane qui mourut assassiné (1537), puis en 1538 à Ottavio Farnese, duc de Parme et de Plaisance, mais cette union ne fut pas heureuse. Son demi-frère Philippe II d'Espagne la nomma alors gouvernante des Pays-Bas, mais elle dut y partager le pouvoir avec un conseil dominé par le cardinal Antoine Perrenot de Granvelle : celui-ci multiplia les mesures impopulaires comme l'accroissement de la présence militaire, et il mena une politique religieuse répressive contre les protestants. Marguerite d'Autriche s'évertuait avec difficulté à favoriser une politique de conciliation, et le cardinal fut finalement renvoyé sur pression de la noblesse favorable à Guillaume d'Orange et au comte d'Egmont. Cependant la situation ne s'améliora pas, et, après l'arrivée du brutal duc d'Albe à Bruxelles en 1567, la princesse se retira en Italie dans les Abruzzes : son père Charles Quint lui avait donné là des fiefs, et Philippe II la nomma en 1572 gouvernante de L'Aquila. Le même Philippe II imagina ensuite réformer la gouvernance des Pays-Bas en confiant l'administration civile à Marguerite d'Autriche tandis que l'armée demeurerait sous le commandement du fils de celle-ci, Alexandre Farnèse, mais le brillant capitaine rechigna à partager le pouvoir, et ce projet demeura lettre morte. La princesse demeura donc en Italie, acheta Ortona en 1582 et y fit construire un palais où elle finit sa vie.
À propos de la vente LA ROYAUTE A VERSAILLES
Lieu de vente
Date 14/06/2026 à 10h00
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