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Francesco GUARDI (Venise, 1712 - 1793)
Caprice architectural…
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Francesco GUARDI (Venise, 1712 - 1793)
Caprice architectural…
Estimation 40 000 € - 60 000 €
Lot volontaire
Description
Francesco GUARDI (Venise, 1712 - 1793)
Caprice architectural animé de personnages dans la lagune, Venise
Huile sur panneau, parqueté
Architectural capriccio with animated figures in the lagoon, Venice, oil on panel, by F. Guardi
10.03 x 7.08 in.
25.5 x 18 cm
Provenance : Collection Jeanne Charlotte Louise Marthe de Rothschild, baronne Leonino (1874-1929) et de son époux Abraham David Leonino (1867-1911) ;
Par succession à son frère ;
Collection Henri de Rothschild (1872-1947) ;
Puis par descendance ;
Collection particulière européenne
Bibliographie : Antonio Morassi, Guardi I dipinti, Venise, 1973, réédité en 1984, t. I, p. 446, n° 728, non repr.
Fascinée par l’Italie et ses peintres, la baronne Charlotte de Rothschild, esthète et aquarelliste de talent, ramène de ses nombreux séjours dans la péninsule une myriade de tableaux dont des œuvres majeures du Quattrocento, aujourd’hui conservées dans les collections publiques par le biais de legs. Ayant visité Venise à plusieurs reprises, elle en conserve une prédilection marquée pour l’art de Francesco Guardi, un goût qu’elle partage avec d’autres membres de la famille, tel Ferdinand à Waddesdon Manor et qui se poursuit au fil des générations. Après 1870, Charlotte acquiert ainsi douze œuvres de Guardi1. Peu avant sa mort, elle décide de laisser à son petit-fils Henri ses œuvres de Guardi ainsi que de Chardin, Boilly et Drouais. Dans son hôtel parisien qu’il hérite de sa grand-mère, au 33 rue du faubourg Saint-Honoré, Henri de Rothschild réunit la remarquable collection de maîtres anciens de sa grand-mère bien-aimée. Plus de deux cents tableaux du XVIIIe siècle sont placés au rez-de-chaussée2. Fasciné par son goût et son érudition, Henri évoque sa grand-mère en ces termes élogieux lors d’une réception en 1929 au château de La Muette : « les collections d’art que vous avez contemplées ce soir ont été réunies par elle. Je n’ai eu qu’à recueillir son héritage, et à conserver pieusement les objets d’art qu’elle avait réunis avec son goût sûr et délicat »3. La sœur d’Henri, Jeanne, épouse de l’Italien Abraham David Leonino, possédait également des Guardi, dont nous présentons ici trois beaux exemples, qu’elle laisse à Henri à sa mort en 1929. D’autres acquisitions vinrent compléter ces héritages comme le révèle la paire de caprices vénitiens qui fut acquise sur le marché parisien en 1962 par la descendance d’Henri de Rothschild.
Discernable entre tous les grands « védutistes » vénitiens par l’aspect chargé de sa touche et la lumière argentée de ses vues vibrantes, Francesco Guardi réalise avec vigueur de nombreux caprices architecturaux. Issu d’une famille de peintres, il est formé dès son plus jeune âge par son frère aîné Gianantonio, devenu maître de la bottega à la mort de leur père. Jusqu’à ses cinquante ans, Francesco travaille et collabore au sein de différents ateliers, avant de reprendre la tête de l’entreprise familiale, tardivement, vers 1761.
Ces nouvelles responsabilités offrent au peintre l’occasion de développer son propre style et d’élaborer ses vedute, pour lesquelles il est considéré comme un des artistes vénitiens incontournables du XVIIIe siècle. Ses vues rencontrèrent un franc succès auprès de la clientèle étrangère en voyage dans la Cité des Doges, composée essentiellement d’aristocrates anglais, désireuse de ramener dans leurs propriétés des souvenirs pittoresques de leur Grand Tour. Collectionnées à travers l’Europe au XVIIIe siècle, les œuvres de Guardi connaissent un succès durable chez les amateurs du XIXe siècle qui se poursuit jusqu’au milieu du XXe siècle.
S’ouvrant telle une scène de théâtre traversée par une ligne de force diagonale, ce caprice révèle le subtil jeu de perspective établi entre les arches enchevêtrées du vestige des premiers plans, à gauche, et la percée vers la lagune à l’arrière-plan, à droite. Le coloris complémentaire choisi par Guardi renforce également le contraste de ce dialogue, entre le brun orangé du sol et des ruines et le bleu azur du ciel et des eaux lointaines.
1. Pauline Prévost-Marcilhacy, Les Rothschild. Une dynastie de mécènes en France, volume I, Paris, 2016, p. 194.
2. Cité dans l’ouvrage par Pauline Prévost-Marcilhacy, Les Rothschild. Une dynastie de mécènes en France, volume II, Paris, 2016, p. 215.
3. Ibid.
Nous remercions Monsieur Charles Beddington de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette œuvre d'après photographies digitales dans un courriel en date du 1er juin 2026.
Francesco GUARDI (Venise, 1712 - 1793)
25.5 x 18 cm
À propos de la vente
Le goût Rothschild en héritage : Un pied-à-terre sur le Champ-de-Mars
Lieu de vente
Date
22/09/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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