Description
VILI
Planche à autopsie
XXe siècle.
Hauteur : 144 cm.
Bois lourd, fragments de peinture blanc, rouge et noir.
Le visage de cette figure toute en hauteur présente un air réflexif très inquisiteur. Les yeux en verre (allusion à la capacité à voir l’invisible). Les dents sont en pointes d’acier et rappellent curieusement des formes souvent trouvées dans les sculptures Mbédé. Le cordon ombilical est nettement marqué.
Provenance:
Collection Pierre Redouin.
Bibliographie:
Publié dans Le Souffle des Esprits, Les Éditions de l’Amateur, Pierre & Hadrien Redouin, 2012, p. 116.
Notice:
Ce type de planche était utilisé pour réaliser l’autopsie d’un défunt dont la mort était suspecte. Posée par terre sur les quatre pieds du dos, et supportant la tête du défunt, ce type de planche était utilisée pour réaliser l’autopsie des défunts dans le cadre d’un protocole funéraire. Il s’agissait de déceler la cause mystique du décès. La mort d’un individu (surtout s’il était jeune ou si le décès était intervenu rapidement) était rarement considérée comme naturelle. On soupçonnait un acte de sorcellerie (dikundu) ou le non-respect d’un interdit clanique. L’autopsie du corps était alors pratiquée par le nganga, assisté de témoins des deux familles (paternelle et maternelle). La planche était le support rituel pour l’examen du corps, pratiqué à l’écart du village, dans un lieu sacré ou en forêt. Le nganga procédait à une incision en vue d’examiner les organes internes, en particulier le cœur, les poumons et la rate. Il s’agissait de rechercher la présence de « kundu » (qui se manifestaient par la présence de kystes, de nodules ou de colorations inhabituelles). Lorsque de tels signes étaient trouvés, cela « prouvait » que le défunt était lui-même un sorcier ou qu’il avait été victime d’un « mangeur d’âmes ».
Ce dispositif rituel avait plusieurs buts. Si aucun signe n’était trouvé, l’honneur du défunt était lavé, sa mémoire honorée et sa famille épargnée par l’opprobre général. Dans certains cas, l’état des organes permettait au nganga de désigner symboliquement l’auteur du sortilège à l’origine du décès. Une fois la cause connue, les esprits étaient apaisés et l’on pouvait procéder aux rites de passage appropriés pour que l’âme ne devienne pas un esprit errant ou vengeur.
À propos de la vente
Le Souffle des esprits : la collection de Pierre Redouin et à divers
Lieu de vente
Date
24/09/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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