Description
TÉKÉ
Statuette d’ancêtre
XXe siècle.
Hauteur : 62 cm.
Un certificat de datation Spectroscopie IR (Brevet G. Matthaes) du Museo d’Arte e Scienza, Milano n° 6AF-3686 indique la date 1935 +/- 8 ans.
Bois semi lourd à patine brun foncé. Clous en laiton pour les yeux et le front.
Les seins sont cernés d’un triple cercle quadrillé. La barbe, symbole de sagesse et d’autorité, est légèrement trapézoïdale. Le front est bombé, la bouche prognathe. La zone médio frontale est recouverte d’un tatouage quadrillé distinctif de l’appartenance à un groupe humain déterminé. Le front, les tempes et les joues sont couverts de scarifications identitaires verticales (mabina ) fines et serrées. La coiffe du personnage, en forme de casque, large coiffe nattée plongeante sur la nuque, rappelle la coiffure traditionnelle des chefs téké. Le cou est puissant. La zone ventrale est proéminente (siège du pouvoir) et sculptée de telle sorte qu’elle puisse recevoir un amalgame de substances sacrées (terres rituelles, plantes, ossements d’ancêtres ou reliques de personnage puissant).
Provenance:
Collection Pierre Redouin.
Bibliographie:
Publié dans Le Souffle des Esprits, Les Éditions de l’Amateur, Pierre & Hadrien Redouin, 2012, p. 166.
Notice:
Cette statuette, appelée butti, représentative d’ancêtre, d’où se dégage une forte impression d’hiératisme, de sagesse et de sérénité., était un objet de pouvoir personnel et familial complexe.
Elle fait penser au dicton téké que relate François Neyt : « La sagesse s’avale : la sagesse est dans le ventre ». Sans cette charge magique, la statuette n’est qu’un morceau de bois, avec elle, elle devient l’esprit vivant d’un ancêtre. Les bras sont posés à angle droit le long du corps, comme cela est classique dans la sculpture téké. On retrouve également cette caractéristique dans d’autres groupes ethniques, notamment chez les Tsogo, les Mbédè, les Bembé et les Yansi. Les muscles des avant-bras sont bien marqués et soulignent la force de l’ancêtre représenté.
Une telle statuette était un outil de médiation sociale et spirituelle. Elle protégeait la famille contre les maladies, les sorts et les ennemis. On la sollicitait pour favoriser la chasse, le commerce ou la naissance d’enfants. Elle pouvait également servir de témoin lors de serments ou d’accords commerciaux. Briser un tel accord devant le butti entraînait une punition immédiate de l’ancêtre.
Elle était conservée par le chef de famille (nguibi) dans une case spéciale et veillait sur l’ensemble de la communauté.
À propos de la vente
Le Souffle des esprits : la collection de Pierre Redouin et à divers
Lieu de vente
Date
24/09/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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