Description
TSOGO
Statue tsogho ghéonga.
Originaire de Seka-Seka, village proche de Mimongo (Gabon). XXe siècle.
Hauteur : 52 cm.
Bois dur. Une patine sombre recouvre la patine de kaolin blanc et d’enduit rouge initialement appliquées (vraisemblablement appliquée pour désacraliser la statuette : la couleur sombre ramène au monde matériel). La coiffe présente des nattes teintées en noir.
Provenance:
Collection Pierre Redouin.
Bibliographie:
Publié dans Le Souffle des Esprits, Les Éditions de l’Amateur, Pierre & Hadrien Redouin, 2012, p. 182.
Notice:
Les statues géongha sont les objets les plus « chargés » de l’univers rituel tsogho. Si les masques sont des apparitions fugaces d’un esprit de l’au-delà, la statue géongha est une présence permanente, une ancre qui fixe l’esprit de l’ancêtre au cœur du temple. Car le rôle premier du géongha est de veiller sur les restes matériels d’un ancêtre. C’est le portrait idéalisé d’un ancêtre remarquable spécifique, garant de l’identité du groupe. Il porte un nom, sur lequel s’imprime la mémoire généalogique du groupe. Il est rarement isolé car plus le village compte d’ancêtres remarquables, plus il est puissant. La statue est traditionnellement placée sur le panier en fibres tressées contenant les ossements d’un membre illustre du lignage. Elle sert de relai visuel. L’esprit de l’ancêtre habite le panier (à travers ses ossements), mais il s’exprime et regarde à travers la statue de bois.
Sa plastique évoque la vigilance. Le visage comporte un front large et bombé couvert de kaolin blanc. Les yeux en losange, incrustés d’une perle, ont un fond blanc témoignant de la vision qu’a le géongha dans l’au-delà. Les jambes sont fléchies, dans une attitude de tension, prêtes à bondir. Les mains sont portées à l’abdomen. La patine porte les traces d’une importante vie rituelle, car la statue est nourrie lors de chaque grande cérémonie pour réactiver sa force.
Le géongha est un agent actif du village. Il est consulté par le maître du bwiti pour obtenir des conseils sur une maladie, un conflit foncier ou une chasse à venir. Placé dans le nzimba (le sanctuaire au fond du temple), il empêche les forces de la sorcellerie d’approcher les reliques sacrées du clan. Par le ghéonga, les ancêtres transmettent en rêve à un interprète (koke) différents présages. De ce fait, les mains portent chacune une bougie.
Durant le bwiti, lors du culte des ancêtres, le géongha est souvent disposé au sommet du crâne d’un des propriétaires d’un clan du village (kumu-a-mboka) et maintenue au crâne par un pagne noir en raphia (ebundi) qui enveloppe le crâne et la base du ghéonga.
À propos de la vente
Le Souffle des esprits : la collection de Pierre Redouin et à divers
Lieu de vente
Date
24/09/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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