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MURAT (JOACHIM). « LE MOMENT EST ARRIVÉ OÙ JE PUIS À MON TOU…
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MURAT (JOACHIM). « LE MOMENT EST ARRIVÉ OÙ JE PUIS À MON TOU…
Estimation 600 € - 800 €
Lot volontaire
Description
MURAT (JOACHIM). « LE MOMENT EST ARRIVÉ OÙ JE PUIS À MON TOUR MENACER LA SICILE... »
Lettre signée en deux endroits, « Joachim Napoleon » et « JM », en qualité de roi de Naples, adressée à l’intendant de Calabre citérieure, Pierre-Joseph Briot. Naples, 28 mai 1809. Une p. 3/4 in-4.
Réputée la partie la plus difficile à tenir du royaume de Naples, par sa proximité avec la Sicile et son brigandage endémique, la Calabre se divisait administrativement en Calabre citérieure, autour de Cosenza, et Calabre ultérieure, autour de Monteleone.
« ... Vous devez être tranquille sur les projets de l’ennemi. Vraisemblablement il débarquera ou à Ste-Eufémie ou à Policastro [localités littorales hors de la Calabre citérieure, l’une plus au nord, l’autre plus au sud], s’il veut opérer dans les calabres. Dans le 1er cas, il est évident que la g[énér]al Patouneaux, de sa position du camp de La Melia [au sud de Policastro], aurait bien de la peine à prévenir l’ennemi qui chercherait d’abord à lui couper la retraite sur Catenzaro [Catanzaro, à l’est de Policastro], et chercher à se réunir à moi par les chemins les plus courts ; et, dans l’autre hypothèse, il se porterait avec la rapidité de l’éclair sur l’ennemi, tandis que je partirais de Naples avec toutes mes forces, et de cette manière nous accablerions l’ennemi.
Soyez égalem[en]t sans inquiétude sur la solde des détachemens actifs des détachements actifs de vos légions provinciales : peut-être, je vous ferai connaître demain le parti que j’aurai pris à cet égard, peut-être me déterminerai-je à les faire solder comme la troupe de ligne.
Le général Gentile a reçu l’ordre d’organiser la gendarmerie dans votre province ; complettez-la avec les mêmes individus qui devaient servir à la gendarmerie auxiliaire ; je vous y autorise formellement parce que je suis persuadé que vous n’y admettrez que des personnes sûres.
POUR LE DEBARQUEMENT, J’IGNORE LE POINT OU L’ENNEMI A LE PROJET DE LE TENTER, MAIS TOUT CE QUE JE SAIS, C’EST QUE TOUTES MES MESURES SONT PRISES POUR BIEN LE RECEVOIR. Mes peuples, loin de redouter ce moment, devraient joindre leurs vœux aux moins pour que l’ennemi ne deffère pas plus longtems l’exécution de ses mesures. Ce sera une affaire bientôt terminée, et cet événement assurera, j’espère pour toujours la tranquillité du royaume.
EN ATTENDANT, VOUS POUVEZ LAISSEZ ENTREVOIR QUE LE MOMENT EST ARRIVE OU JE PUIS A MON TOUR MENACER LA SICILE. Continuez à éclairer l’opinion publique ; déclarez à mes bons peuples de la Calabre que je n’exige d’eux, dans cette circonstance, que de continuer à rester tranquiles et de ne pas me forcer à me servir un jour de mes armes contre eux, car elles ne sont destinées que contre mes ennemis qui sont les leurs...
P.S. Prenant en considération l’assurance du repentir que vous me donnez des habitans de la commune de Figlino [?], et voulant leur donner une preuve de clémence, j’ordonne que l’amende frappée sur cette commune, sera entièrement payée par les individus seulement que le tribunal déclarera coupables... »
UN DES PRINCIPAUX ADMINISTRATEURS DU ROYAUME DE NAPLES SOUS JOSEPH BONAPARTE ET JOACHIM MURAT, PIERRE-JOSEPH BRIOT (1771-1827) fut d’abord une haute figure républicaine de la période révolutionnaire et impériale. Avocat originaire de Franche-Comté et professeur de rhétorique au collège de Besançon, il fut un jacobin antiterroriste : député à la Convention par les habitants de Besançon pour dénoncer ce régime meurtrier, il fut emprisonné, mais échappa à un sort tragique par la grâce du 9 thermidor. Fidèle à ses opinions, il s’opposa alors aux vainqueurs de Robespierre, et fut de nouveau emprisonné. Il mena alors une vie chaotique enchaînant postes officiels et disgrâces, avant d’être élu au Conseil des Cinq-Cents (dont il devint secrétaire), où il fut le porte-parole de la minorité néojacobine, et où il se fit déjà le défenseur des patriotes italiens face à la politique qu’il jugeait égoïste du Directoire.
Un des opposants les plus farouches au 18 brumaire, la protection de Lucien Bonaparte lui permit d’obtenir un poste à l’île d’Elbe, puis il partit en mai 1806 pour Naples : le roi Joseph Bonaparte le fit intendant dans les Abruzzes puis en Calabre où il demeura au début du règne de Joachim Murat. Son énergique fermeté lors du débarquement anglais de l’été 1809 mais aussi ses efforts pour maintenir les prérogatives de l’autorité civile face aux militaires, lui valurent d’entrer au Conseil d’État. Républicain de cœur, il refusa tout titre ou distinction, et joua un rôle important dans la rédaction de la Constitution muratiste libérale de mai 1815. Il rentra en France en septembre 1815.
Franc-maçon, fondateur d’une Loge à l’île d’Elbe, il s’avéra un lien essentiel entre les Bons Cousins Charbonniers de Franche-Comté et la Charbonnerie italienne dont le but était l’unification politique de la péninsule sous une Constitution libérale. Joseph Bonaparte fut le Grand-Maître officiel de la Charbonnerie, mais Pierre-Joseph Briot monta une structure secrète parallèle, les Carbonari proprement dits, que Joachim Murat tenta d’interdire. De retour en France en 1815, il y importa cette Charbonnerie politique libérale qui se montra activement hostile au régime réactionnaire de la Restauration.
À propos de la vente
L'Empire à Fontainebleau - Seconde journée
Lieu de vente
Date
21/06/2026 à 10h30
Crédits photos :
Michel Bury et Henri du Cray
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