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167 - MURAT (JOACHIM). « L’EMPEREUR EST AUX PRISES AVEC LES ALLIES…

Estimation 4 000 € - 5 000 €
Description
MURAT (JOACHIM). « L’EMPEREUR EST AUX PRISES AVEC LES ALLIES, LA FRANCE EST MALHEUREUSE ET TOUT ME FAIT UN DEVOIR DE NE PAS ALLER MOURIR POUR LES DEFFENDRE ; TOUT M’ATTACHE A MA NOUVELLE PATRIE... » Lettre autographe signée « J Napoleon » [A PAULINE BONAPARTE]. Bologne, 15 février 1814. 6 pp. in-4, sur 2 bifeuillets de papier vélin doré sur tranches ; manque marginal au premier feuillet sans atteinte au texte. Le tout placé dans un portefeuille de maroquin vert sombre, dos lisse, large encadrement doré à motifs militaire sur les plats avec chiffre « M » couronné doré au centre du premier plat ; contreplats ornés d’un large encadrement de dentelle à filets et palmettes dorés, portrait de Joachim Murat gravé sur cuivre appliqué sur le premier contreplat ; traces d’onglets sur le second (G. Vauthrin rel.). FABULEUSE LETTRE DU ROI MURAT DANS LAQUELLE IL DECLARE ASSUMER PLEINEMENT SON DESTIN NAPOLITAIN, privilégiant le sort de ses enfants et de ses sujets à celui de la France. Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, était la sœur de Napoléon Ier et de Caroline Bonparate (épouse de Joachim Murat). « Ma chère petite sœur, je ne saurois vous exprimer le bonheur que m’a fait éprouver votre lettre du 9, de Nice, que la Grande Duchesse de Toscane [Élisa Bonaparte] vient de m’adresser. Quand me sera-t-il permis de vous exprimer de vive voix tous les sentimens qui m’agitent en ce moment ? COMMENT VOUS PEINDRE MES TOURMENTS ET L’HORREUR DE MA SITUATION ? Je laisse à votre âme sensible, à votre constante amitié pour moi à l’apprécier. Elle ne la supposera jamais aussi affreuse qu’elle l’est en effet. L’EMPEREUR EST AUX PRISES AVEC LES ALLIES, LA FRANCE EST MALHEUREUSE ET TOUT ME FAIT UN DEVOIR DE NE PAS ALLER MOURIR POUR LES DEFFENDRE ; TOUT M’ATTACHE A MA NOUVELLE PATRIE, le sort de mes enfans, celui de mes sujets l’a emporté, je suis armé pour eux ; et en apparence contre l’homme que je révère et que j’aime encore plus ; CEPENDANT JE NE SUIS PAS ENCORE EN[N]EMI ; et j’espère que la paix viendra avant que le roi de Naples aye pu se décider à agir. AH ! MA SŒUR ! PLAIGNES-MOI, VOUS M’AIMES ET VOUS SAVES COMBIEN J’AIME L’EMPEREUR ; je lui ai proposé de sauver l’Italie ; en la rendant indépendante ; on ne m’a jamais répondu ; quand d’un autre côté les Alliés me demandaient de m’expliquer et me menaçaient du renversement du trône de Naples. J’avois rempli envers la France, envers l’empereur, les devoirs de la reconnoissance ; j’ai dû remplir ceux de roi, ceux de père ; j’ai dû sauver mes enfans, quand je me serois perdu sans résultat et pour eux et pour la France. Ah ! ma chère sœur, plaignés-moi, je suis le plus malheureux des hommes ; que de larmes je verse ! Vous voulés savoir s’il y a une expédition en Sicile ; elle doit être en mer, et à tout événement vous ferés bien de quitter Nice. SI VOUS VOULES VENIR A NAPLES, JE VOUS ENVERRAI PRENDRE PAR UNE FREGATE, ou de la manière que vous le désirerés. Ordonnés. Combien, Caroline, combien mes enfans seroient heureux de vous embrasser. Adieu, ma bonne sœur, rappelleés-vous que vous avés et aurés toujours en moi un ami à toute épreuve ; un ami qui vous aimera toute sa vie. Ne cessés pas d’être bonne pour moi, n’imités pas Camille [le général prince Camille Borghèse, époux de Pauline Bonaparte], je lui ai écrit à Turin, il n’a pas daigné me répondre. ADIEU, J’EMBRASSE LA PLUS BELLE, LA MEILLEURE DES SŒURS. VOTRE PETIT FRERE J NAPOLEON »
À propos de la vente L'Empire à Fontainebleau - Seconde journée
Lieu de vente
Date 21/06/2026 à 10h30
Crédits photos :
Michel Bury et Henri du Cray
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