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DAVOUT (LOUIS-NICOLAS). « LA GRANDE BRAVOURE DE NEY SUR LES …
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DAVOUT (LOUIS-NICOLAS). « LA GRANDE BRAVOURE DE NEY SUR LES …
Estimation 1 500 € - 2 000 €
Lot volontaire
Description
DAVOUT (LOUIS-NICOLAS). « LA GRANDE BRAVOURE DE NEY SUR LES CHAMPS DE BATAILLE EST SUFFISANTE POUR LUI CONQUERIR MON AMITIE ET MON ESTIME... »
Lettre autographe signée à son épouse Aimée Leclerc. Dietrichswald [actuellement Gietrzwałd en Pologne, près d’Olsztyn], 16 mars [1807]. 4 pp. in-4.
« ... C’EST AVEC BEAUCOUP DE PLAISIR QUE J’AI VU LES MOYENS DE BIENVEILLANCE DONT T’A COMBLE LA PRINCESSE CAROLINE [BONAPARTE, sœur de Napoléon Ier, épouse du maréchal Joachim Murat alors grand-duc de Berg] et la bonne opinion quoique trop avantageuse qu’elle veut bien avoir de moi. Ce language dans sa bouche m’a d’autant plus touché que je ne peux pas supposer qu’ELLE IGNORE LE PEU DE BIENVEILLANCE QUE ME PORTE LE GRAND-DUC DE BERG [Joachim Murat, époux de Caroline Bonaparte]. La princesse, quoique trop délicate pour manifester une autre opinion que celle de son mari considère peut-être sous son véritable point de jour le froid et le peu de bienveillance que me porte le grand-duc, c’[est] à d[ire] comme n’étant pas aussi conséquent que je le suppose ; quoiqu’il en soit, je ne crois point avoir de reproches à me faire et qu’il puisse dépendre de moi de faire changer ces sentiments qui me sont portés depuis longtems. Si ces remarques ont quelques fondements, c’est la 1re fois et la dernière que je t’entretiens de ces objets qui n’ont d’ailleurs aucune influence sur ma manière de servir et sur LE DEVOUEMENT QUE JE PORTE A MON SOUVERAIN. Je t’ai donné ces détails pour te donner une idée de la satisfaction que j’ai dû éprouver en lisant ce que la princesse t’a dit de moi. JE CHERCHERAI TOUJOURS A JUSTIFIER LA BONNE OPINION QU’ELLE VEUT BIEN AVOIR DE MOI ET A MERITER LES MARQUES DE FAVEUR DONT L’EMPEREUR M’A COMBLE.
Je te vois avec bien de la peine, ma bien bonne Aimée, sans azile à Paris à l’époque de tes couches. Puisque par discrétion tu n’as pas cru devoir accepter les offres obligeantes de la princesse [Caroline Bonaparte] et celles des m[arécha]les Ney et Soult [Aglaé Auguié et Louise Berg], il faut te résoudre à louer coûte que coûte un hôtel... Je pense qu’en prenant toutes les précautions pour être le moins à charge possible, tu aurois pu accepter celles antérieures de LA M[ARECHA]LE NEY AVEC QUI TU AS ETE ELEVEE [dans l’institution de madame Campan], offres faites de bon cœur et qui augmenteroient, si cela étoit possible, l’amitié que je porte à son mari, mais LA GRANDE BRAVOURE DE NEY SUR LES CHAMPS DE BATAILLE EST SUFFISANTE POUR LUI CONQUERIR MON AMITIE ET MON ESTIME. Tu aurois pu aussi accepter celle de la m[arécha]le Soult qui t’a donné toujours des preuves d’amitié et qui est la femme d’un des colonels g[énér]aux de la Garde...
J’aurai toujours l’attention de te donner de mes nouvelles le plus promptement possible, surtout le lendemain d’une bataille, mais rien ne me fait croire que je serai bientôt dans cette circonstance : BEAUCOUP DE PERSONNES CROIENT QUE LA BATAILLE D’EYLAU SERA LA DERNIERE DE CETTE GUERRE.
DIS A LA PRINCESSE BORGHESE QU’ELLE A COMMUNIQUE SON COURAGE A SON MARI QUI A FAIT IL Y A QUELQUES JOURS, A LA TETE D’UN ESCADRON DE SON R[E]G[IMEN]T UNE BELLE CHARGE CONTRE DES FORCES SUPERIEURES ENNEMIES. Le prince de Borghèse a bien payé de sa personne... »
SEUL MARECHAL D’EMPIRE DEMEURE INVAINCU, LOUIS-NICOLAS DAVOUT (1770-1823) participa aux campagnes d’Égypte (1798-1800), d’Italie (1800), d’Autriche (1805 et 1809), de Prusse (1806), de Pologne (1807), de Russie (1812, où il fut le seul à ramener les survivants de son corps d’armée en bon ordre). Il s’affirma constamment comme un stratège et tacticien hors pair, un meneur d’hommes, et remporta des batailles décisives, ce qui lui valut la dignité de maréchal en 1804, puis les titres de duc d’Auerstaedt en 1806 et de prince d’Eckmühl en 1809. Napoléon Ier eut également recours à lui pour diverses missions délicates comme l’occupation de la Pologne en 1807-1808 et celle d’une partie de l’Allemagne de 1809 à 1812, ou encore comme ministre de la Guerre chargé de reconstituer une armée sous les Cent-Jours. Il se montra toujours d’une rectitude morale exemplaire : ainsi, après la chute de l’Empire, il fut un des rares à témoigner en faveur du maréchal Ney, puis, après deux ans de disgrâce, usa de son crédit retrouvé pour faire réhabiliter des généraux des Cent-Jours en assumant personnellement leurs actions menées alors sous ses ordres.
LA MARECHALE DAVOUT, BELLE-SŒUR DE PAULINE BONAPARTE. Élevée dans l’institution de madame Campan, Aimée Leclerc (1782-1868) s’y lia avec d’autres pensionnaires célèbres, Hortense de Beauharnais ou Aglaé Auguié (future maréchale Ney) ou Pauline Bonaparte qui épousa en premières noces son frère le général Victor-Emmanuel Leclerc (mort en 1802). Aimée Leclerc épousa le futur maréchal Davout en 1801.
À propos de la vente
L'Empire à Fontainebleau - Seconde journée
Lieu de vente
Date
21/06/2026 à 10h30
Crédits photos :
Michel Bury et Henri du Cray
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