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205 - FOUCHÉ (JOSEPH). « L’ORAGE DONT JE SUIS VICTIME AUJOURD’HUI.…

Estimation 2 000 € - 3 000 €
Description
FOUCHÉ (JOSEPH). « L’ORAGE DONT JE SUIS VICTIME AUJOURD’HUI... » Lettre autographe signée « le duc d’Otrante » [à Pierre-François Réal]. [Château de Ferrières, dans l’actuel département de Seine-et-Marne, 30 juin 1810]. Une p. 3/4 in-8 carré ; petite déchirure restaurée sans manque. JOSEPH FOUCHE EN DISGRACE. Auteur de nombreuses intrigues, il dépassa cependant les bornes acceptables par Napoléon Ier quand, chargé de négociations avec l’Angleterre, il prit des initiatives personnelles inspirées par Ouvrard et engageant la France. Mis à l’écart le 3 juin 1810, il fut remplacé au ministère de la Police générale par le général Anne-Jean-Marie-René Savary, duc de Rovigo, mais l’empereur atténua cette mise à l’écart en nommant Joseph Fouché gouverneur de Rome. Celui-ci demanda au général Savary un délai pour mettre en ordre ses papiers au ministère, mais procéda en fait à la destruction de ses documents compromettants, et finit par se retirer le 7 juin. Soupçonneux, Napoléon Ier réclama tous les papiers le 18 juin et, s’entendant répondre que ce qui manquait avait été brûlé, il prononça une disgrâce complète et ordonna à Joseph Fouché de se rendre dans sa sénatorerie d’Aix-en-Provence. Le ministre déchu, craignant pour sa sécurité, s’exila en Italie jusqu’en septembre avant de rejoindre Aix. « JE TE REMERCIE DES NOUVELLES QUE TU ME DONNES AU NOM DU DUC DE ROVIGO. Tu me fais plaisir de me dire qu’il s’est bien conduit dans cette circonstance. Il m’eût été pénible de penser le contraire ; car MES ENNEMIS SONT LES SIENS & CEUX DE L’EMPEREUR. AUJOURD’HUI, C’EST MOI QU’ILS VEULENT IMMOLER & DEMAIN CE SERA SON TOUR. DEPUIS UN AN JE PRESSENS L’ORAGE DONT JE SUIS VICTIME AUJOURD’HUI. MES ENNEMIS ONT VOULU ME COMPROMETTRE, A LA FOIS ET PAR LEURS ELOGES ET PAR LEURS CALOMNIES. JE CROYAIS L’EMPEREUR PLUS EN GARDE CONTRE CETTE DOUBLE INTRIGUE, JE ME SUIS TROMPE. Je suis prêt à partir pour Rome puisque l’empereur le désire, mais je voudrois sortir enfin une bonne fois de cette situation équivoque où me jette[nt] les préventions que mes ennemis ont enfoncé dans l’esprit de l’empereur. Il est impossible que je fasse le bien dans la mission difficile que j’ai reçue si je ne pars pas avec la certitude que j’emporte le confiance de Sa Majesté, qu’Elle ne croye plus que je lui refuse des notes & des lettres qu’Elle m’a demandées ; ON PEUT DIRE QUE J’AI ETE IMPRUDENT, INSENSE DE BRULER LES LETTRES qu’Elle m’a écrites, mais ce tort ne peut nuire qu’à moi seul, voilà pourquoi je l’ai commis, je n’ai jamais cherché d’autre garantie & d’autre appuy contre mes ennemis que dans le cœur de l’empereur et dans ma conscience. Plus on creusera ma conduite, plus on aura de motifs pour m’estimer parce qu’on n’y trouvera rien de petit & de personnel. Je suis sensible au témoignage d’attachement du duc de Rovigo. Je lui en adresse de bien sincères remerciemens ; dis-lui que je pars de ma campagne dans les premiers jours de la semaine prochaine. J’ai chargé Mr Dumont de toucher les fonds de la coupe de mes bois, de payer les 50 mille francs que j’ai empruntés à Mr [Jean-Conrad] Hottinguer banquier en sortant du ministère & de m’envoyer le reste pour mon voyage, car l’empereur ne me fait rien toucher qu’à Rome. MA FEMME est reconnoissante des consolations que tu lui as données ; elle M’ACCOMPAGNERA, MALGRE LES CHALEURS & L’INSALUBRITE du climat de Rome dans cette saison. JE DESIRE QUE L’EMPEREUR AIT BEAUCOUP DE FAMILLES COMME LA MIENNE POUR LE SERVIR. Adieu, mille amitiés... » Un des acteurs clefs du système policier depuis le Directoire, le Conseiller d’État Pierre-François Réal se montra d’une redoutable efficacité mais, proche de Joseph Fouché, il n’obtint jamais le ministère de la Police générale lors des disgrâces successives de celui-ci.
À propos de la vente L'Empire à Fontainebleau - Seconde journée
Lieu de vente
Date 21/06/2026 à 10h30
Crédits photos :
Michel Bury et Henri du Cray
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