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230 - ROHAN (LOUIS-RENE-ÉDOUARD DE). « JE PEUX DIRE PENDANT 8 ANS …

Estimation 1 500 € - 2 000 €
Description
ROHAN (LOUIS-RENE-ÉDOUARD DE). « JE PEUX DIRE PENDANT 8 ANS J’AI CULTIVE MES CHAMPS SOUS LE FEU DU CANON ENNEMI... » Lettre signée « le cardinal de prince de Rohan » au baron de Castille . Ettenheim [en Allemagne, entre Strasbourg et Fribourg], 17 novembre 1802. Une p. 1/3 in-4, adresse au dos, cachet de cire rouge ; apostille autographe du destinataire ; déchirure marginale au feuillet d’adresse due à l’ouverture sans atteinte au texte. L’EXIL ALLEMAND DU CARDINAL DE ROHAN. « ... Je vous remerice... de votre lettre... et je vous remercie aussi des détails intéressans que vous me faites sur tout ce qui vous regarde ; c’est bien rendre justice à mon très sincère et bien véritable intérêt. En bon père, vous avés été placer vos enfans dans deux bonnes maisons d’éducation, c’est le plus beau présent que vous puissiés leur faire, et l’occupation la plus chère, pour celui qui a le bonheur de jouir de la félicité paternelle. Je vous félicite de connaître le charme des occupations champêtres. Cette jouissance m’a été d’une grande ressource, et je peux dire pendant 8 ans j’ai cultivé mes champs sous le feu du canon ennemi, dont LES BOULETS LABOURAIENT LA TERRE OU LA CHARRUE TRAÇAIT LE SILLON ; ET LE SOIR ON RAPPORTAIT DES BOULETS RAMASSES DANS LE CHAMP OU ILS S’ETAIENT ENFOUIS ; et à cette occasion, j’ai bien vu combien tout est habitude dans l’homme, et qu’on s’accoutume à tout, car les bourgeois de la campagne allaient journellement cultiver leurs terres et se faisaient un jeu du passage des boulets. Il faut bien aussi que je m’en fasse un d’être A LA VEILLE DE ME VOIR DEPOUILLE PAR LA PAIX DE CE QUE J’AVAIS PU CONSERVER PENDANT LA GUERRE ; mais malheureusement ce jeu est tout en perte pour moi ; et l’incertitude sur les résultats des dédommagemens arrêtés par les conclusions de la députation est un vrai tourment. DU RESTE, JE DOIS M’ABSTENIR DE TOUTE PLAINTE, PUISQUE J’AI LA CERTITUDE D’AVOIR QUELQUE CHOSE D’ASSURE ; ET TANT DE COMPAGNONS DE NAUFFRAGE, (A COMMENCER PAR LE ROI) QUI N’ONT PAS CET AVANTAGE. Je vois avec grand plaisir par votre lettre qu’après avoir eu le malheur d’être en prison si longtems, vous avés du moins sauvé quelques débris de votre fortune, et que vous avés de quoi vivre en père de famille... » Gabriel-Joseph de Froment d’Argilliers (1747-1826) s’était remarié avec Herminie de Rohan-Guéméné, princesse de Rohan-Rochefort. UN DES PROTAGONISTES MALHEUREUX DE L’AFFAIRE DU COLLIER, LOUIS-RENE-ÉDOUARD DE ROHAN (1734-1803) était le fils du duc de Montbazon et connut des débuts prometteurs : nommé en 1759 coadjuteur de son oncle prince-évêque de Strasbourg, il entra à l’Académie française en 1760, et fut fait ambassadeur à Vienne en 1771, car il était de haute naissance, parlait allemand et son évêché comportait des paroisses en France et en terre d’Empire (de chaque côté du Rhin). Cependant, fort peu diplomatique, il mécontenta les deux Cours et fut rappelé en 1774. Malgré cela, grâce aux soutiens que lui attiraient son nom, il fut fait Grand Aumônier de France (1777), cardinal (1778) et, à la mort de son oncle en 1779, devint le prince-évêque de Strasbourg titulaire : la richesse des revenus de son évêché lui permit de vivre fastueusement, et d’entretenir une Cour brillante où fréquenta par exemple le comte de Cagliostro. Mêlé comme lui à l’affaire du Collier qui éclaboussa la reine, il fut arrêté en 1785, acquitté en 1786, et fut autorisé à rentrer dans son évêché de Strasbourg en 1789. À la Révolution, il se réfugia dès juin 1790 dans la partie allemande de son diocèse, à Ettenheim, et y prit à cœur ses fonctions ecclésiastiques. Quoiqu’ayant dû fuir deux fois les armées françaises, (1796 et 1799), il demeura hors de France sur ses terres alors que deux évêques constitutionnels se succédaient à Strasbourg.
À propos de la vente L'Empire à Fontainebleau - Seconde journée
Lieu de vente
Date 21/06/2026 à 10h30
Crédits photos :
Michel Bury et Henri du Cray
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