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Giovanni di PIETRO (1470-1480 circa ? Spoleto, 1528) dit LO …
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Giovanni di PIETRO (1470-1480 circa ? Spoleto, 1528) dit LO …
Estimation 15 000 € - 25 000 €
Lot volontaire
Description
Giovanni di PIETRO (1470-1480 circa ? Spoleto, 1528) dit LO SPAGNA, attribué à
Christ portant sa croix
Panneau parqueté.
H_51,5 cm L_33,5 cm
(restaurations anciennes)
Provenance :
Peut-être chez Schmit, 22 rue de Charonne, Paris, (Illustration 10 mai 1941)
-Ancienne collection Antonini
-Acquis par descendance par l'actuel propriétaire.
Le tableau est reproduit dans L'Illustration en 1941 (Artloss Register n°
S00266895).
Giovanni di Pietro, dit Lo Spagna ( « l'Espagnol »), est l'une des figures les plus
singulières et attachantes de la Renaissance italienne. Son surnom, qui le
désignera pour la postérité, rappelle ses origines ibériques, demeurées en
partie mystérieuses : on ignore la ville exacte de sa naissance, et c'est en Italie
que se construit entièrement sa carrière et sa renommée. Il s'établit
durablement en Ombrie, cette région du cœur de la péninsule que l'on a pu
appeler, non sans raison, la « terre des peintres », et dont les villes (Pérouse,
Spolète, Todi, Assise, Trevi ) constituent autant d'étapes d'une vie entièrement
consacrée à l'art et au service des commanditaires religieux.
C'est à Pérouse, foyer artistique exceptionnellement vif à la fin du XVe siècle,
que Lo Spagna entre dans l'atelier de Pietro Perugino, dit le Pérugin, l'un des
peintres les plus célébrés de son temps et maître incontesté de l'école
ombrienne. Le Pérugin, dont la renommée rayonnait bien au-delà de l'Ombrie (
il fut notamment appelé à Rome pour participer à la décoration de la Chapelle
Sixtine), dirigeait un atelier très actif qui forma plusieurs des grands noms de la
Renaissance, dont Raphaël.
C'est dans ce creuset intellectuel et technique exceptionnel que Lo Spagna
forge un pictural, assimilant avec une remarquablement les principes de Pérugin :
rigueur de la composition, symétrie apaisante des groupes figuratifs, douceur
mélancolique des visages, modelé subtil des drapés aux plis réguliers, et une
gamme chromatique lumineuse.
Lo Spagna ne se contente pas d'être simplement une main de l’atelier : il
devient rapidement l'un des collaborateurs les plus proches du Pérugin, et participe à plusieurs de ses
chantiers, avant d’établir son propre atelier. Il s'installe définitivement à Spolète,
dont il devient le peintre officiel, et multiplie les commandes pour les
institutions religieuses de la région.
C'est dans une fidélité absolue à l'idéal esthétique du Pérugin que réside l'une
des caractéristiques les plus fascinantes de Lo Spagna et l'une des clés de
lecture essentielles de notre tableau. La proximité stylistique entre le maître et
son élève est telle que nombre d'œuvres de Lo Spagna ont longtemps circulé
sous l'attribution du Pérugin lui-même, y compris dans les collections et les
catalogues les plus savants. Notre Christ portant sa croix se raccroche
d’ailleurs à un corpus de plusieurs Christ présentant de grandes similitudes
avec notre tableau et dont les attributions sont clairement discutées. D’une
grande qualité d’exécution, notre tableau était de l’avis de Adopho Venturi et
Robert Longhi “une oeuvre parmi les plus belles de ce grand artiste italien, dont
le coloris est inimitable”. Il est encore compliqué de différencier certaines
oeuvres de Spagna et du Pérugin tant l’élève a atteint un exceptionnel niveau
de maitrise et une parfaite intégration de la manière du maître. Cette complexité
traduit la difficulté d’attribution à certains maîtres italiens, mais surtout, la
grande qualité des oeuvres qui soulèvent ces questions. La restauration de
notre tableau pourra peut-être permettre de trancher définitivement une
attribution à l’un ou l’autre de ces grands maîtres de la Renaissance.
Le sujet du Christ portant sa croix occupe une place importante dans la
dévotion chrétienne de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, en particulier dans
l'Italie centrale profondément marquée par la spiritualité franciscaine. Cette
iconographie, qui invite le fidèle à la méditation sur la Passion et à la
compassion envers le Christ souffrant, était particulièrement prisée pour les
œuvres de dévotion privée. Le format réduit du panneau est précisément
caractéristique de ces œuvres destinées à un usage intime, placées dans un
oratoire, une chapelle privée ou une demeure patricienne, et devant lesquelles
le fidèle venait s'agenouiller en prière.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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