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Jan ASSELIJN ou Asselyn dit “Crabbetje” (1610-1652)
Passage …
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Jan ASSELIJN ou Asselyn dit “Crabbetje” (1610-1652)
Passage …
Estimation 8 000 € - 12 000 €
Lot volontaire
Description
Jan ASSELIJN ou Asselyn dit “Crabbetje” (1610-1652)
Passage à gué près de ruines italiennes, c.1640
Huile sur panneau.
H_45,7 cm L_37 cm
Signé en bas à gauche “JA”.
Provenance :
Cabinet de Monsieur Poullain, 15-21 mars 1780, décrit, lot n°24 vendu à
Langlié, gravé par Basan (Antoine Poullain était receveur général des
domaines du Roi, il avait réunis une formidable collection de tableau dont la
vente est l’une des plus prestigieuses du XVIIIe siècle.)
Jacques Langlier ou Lenglier (1732-1814), marchant d’art parisien
probablement l’un des plus importants avant la Révolution.
Catalogue d’une belle collection de tableaux des écoles flamande,
hollandoise, allemande et françoise, ... , composant le Cabinet de M.
Dubois, marchand orfèvre jouaillier, rue des Poulies, par J. B. P. Le Brun,
dont la vente se fera le mercredi 31 mars 1784, & jours suivans, lot n°49,
décrit, acquit par Le Rouge
Nicolas Lerouge (vers 1720- après 1799), marchand d’art renommé, il était
le beau père de Jean-Baptiste Pierre Le Brun avec qui il collabore
régulièrement.
Le chevalier Soenens, Gand, fin du XIXe siècle
Oeuvres en rapport :
Jan Asselyn, Paysages italianisant avec du bétail près de ruines daté de
1647, Huile sur panneau, Fogg Museum, Harvard Art Museum, inv. 1994.154
Connu aujourd'hui principalement pour son célèbre Cygne menacé conservé
au Rijksmuseum d'Amsterdam, première œuvre acquise en 1800 par la
Nationale Konst-Gallery, ancêtre du Rijksmuseum, Jan Asselijn demeure un
artiste relativement rare sur le marché.
Inédit et demeuré jusqu'à présent inconnu des spécialistes de l'artiste, ce
tableau n'était documenté que par une gravure exécutée au XVIIIe siècle pour
illustrer l'une des plus prestigieuses collections parisiennes de son temps : le
cabinet d'Antoine Poullain. Receveur général des Domaines du Roi, Poullain
avait réuni un ensemble exceptionnel de peintures anciennes dont la
dispersion, organisée en mars 1780, constitue l'un des grands événements du
marché de l'art sous le règne de Louis XVI. Le caractère prestigieux de cette
vente est illustré par son célèbre frontispice gravé où une allégorie de la
Peinture immortalise les chefs-d'œuvre réunis dans son cabinet. Le fait que
notre tableau ait été choisi pour être reproduit dans ce recueil ainsi que le prix
élevé atteint lors de sa vente témoignent de l'estime dont il jouissait déjà auprès
des amateurs au XVIIIe siècle.
La provenance de l'œuvre est particulièrement remarquable. Après la vente
Poullain, elle passe entre les mains de Jacques Langlier, l'un des marchands
d'art les plus influents du Paris pré-révolutionnaire, avant d'intégrer la
collection de M. Dubois, dont la vente fut organisée en 1784 par Jean-Baptiste
Pierre Le Brun, figure majeure du marché de l'art français et époux de la peintre
Élisabeth Vigée-Le Brun. Acquise à cette occasion par le marchand Nicolas
Lerouge, beau-père et collaborateur de Le Brun, l'œuvre demeure ensuite dans
des collections privées avant de réapparaître à Gand dans la collection du
chevalier Soenens à la fin du XIXe siècle.
Notre tableau est caractéristique des œuvres exécutées par Asselijn à la suite
de son séjour italien. Installé à Rome dans les années 1630, il fréquente le
cercle des peintres nordiques connus sous le nom de Bentvueghels et
développe un langage artistique profondément marqué par la lumière et les
paysages italiens. La composition associe avec bonheur ruines antiques et
scène animée de personnages inspirés de la tradition des bamboccianti. Cette
alliance entre classique et vie populaire constitue les œuvres les plus
recherchées de son corpus.
La présence des ruines évoque la fascination des artistes du nord pour
l'héritage antique tandis que les figures, prises dans des occupations
quotidiennes, apportent à la scène une dimension narrative et pittoresque.
Asselijn démontre toute sa maîtrise dans l'organisation de l'espace, l'animation
des groupes et le rendu du paysage. Ses qualités lui valurent une place de
premier plan parmi les peintres néerlandais italianisants du XVIIe siècle, il est
portraituré en 1647 par Rembrandt.
Plus qu’une oeuvre, notre tableau est un véritable itinéraires des réseaux de
marchands-mercier parisien avant la Révolution. Langlier, Le Brun et Lerouge
comptent parmi les principaux animateurs du marché de l'art européen de leur
époque. Son passage entre leurs mains successives témoigne non seulement
de sa qualité reconnue, mais également de son importance au sein d'un cercle
de collectionneurs et de marchands qui ont largement contribué à façonner le
goût pour la peinture flamande et hollandaise en France.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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