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Maître Jean Emmanuel PRUNIER

28 - [MANUSCRIT SUR PARCHEMIN] Liber amicorum du 16ème siècle Mag…

Estimation 8 000 € - 10 000 €
Description
[MANUSCRIT SUR PARCHEMIN] Liber amicorum du 16ème siècle Magnifique album de 1586-1588 illustré de 15 miniatures et de 18 planches armoriées enluminées, dans une reliure postérieure du 19ème siècle en demi-vélin à coins, et vignette titrée au premier plat, agréablement établi et en bonne condition. Typique des « albums d'amitié » du 16ème siècle au sein du Saint Empire Germanique, les miniatures mettent en scènes des scènes symboliques souvent accompagnées de maximes ou devises en allemand et plus rarement en italien ou en français. La presque totalité des armoiries légendées nous orientent vers des personnalités de Nuremberg ainsi que la culture visuelle et une partie significative des références iconographiques qui semblent avoir nourri l'imaginaire de ce liber amicorum particulièrement réussi. Quelques légères décharges sans gravité, bel état de conservation, chaque composition ayant été réalisée au verso ou recto seul pour préserver la fraîcheur du parchemin et la lisibilité. Les compositions, d'une grande variété, probablement de la même main bien que le doute subsiste pour certaines d'entre elles, sont clairement influencées par le répertoire issu de la tradition humaniste de la Renaissance italienne et germanique : on y perçoit l'inspiration de Cranach avec un goût prononcé pour les sujets de Vénus et Cupidon ou Hans Holbein dans la précision du dessin. Côté italien, le mélange de figures mythologiques et de paysages esquissés peut rappeler des peintres tels que Dosso Dossi, mais également Raphaël et ses suiveurs. Les métamorphoses d'Ovide sont aussi très présentes par le mythe d'Actéon surprenant Artémis dans son bain ou encore le mythe de Daphné poursuivie par Apollon, dont les deux compositions sont très clairement réalisées d'après deux gravures de Virgil Solis, important illustrateur et diffuseur d'estampes originaire de Nuremberg. On peut s'attarder sur la figure allégorique de la femme dénudée enfermée dans une cage, avec une église en arrière-plan, évoquant certainement la maîtrise des passions et la voie vers le salut, légendée en allemand pouvant être traduit approximativement « La cage me convient bien ; mais pêcher, plus jamais. » L'allégorie de la Vénus en Fortune sur la sphère, particulièrement évocatrice accompagnée de la citation suivante « Assai ben balla, à chi la fortuna sona », est probablement librement inspirée d'une gravure de l'Hecatongraphie « l'ymage de fortune », de Némésis (la grande fortune) d'Albrecht Dürer ou d'une autre gravure similaire issue d'un livre d’emblèmes équivalent. Plusieurs scènes sociales et galantes à symbolique forte sont également représentées, tout à fait typique des libri amicorum, montrant les types sociaux du « jeune homme honorable » ou de « la jeune femme vertueuse » souvent vêtus de costumes évoquant le sud de l'Allemagne ou la Suisse alémanique. La figure du chevalier en armure accompagné de la devise en vieux français “La bonne conscience il n’a point de bien du monde, garde de mal faire, et les maléfices laisse parler” est particulièrement réussie et évocatrice d'un portrait idéalisé d'un des contributeurs, celui dont les armes figurent en regard (Hans Lüdwiger?). La composition du ff.6 est d'un intérêt tout à fait particulier, en effet le texte qui l'accompagne a été entièrement raturé anciennement mais peut encore être traduit approximativement de la manière suivante « Si l’empereur avait agi avec discernement, il aurait envoyé le pape à la potence, avec tous les moines, et les aurait donnés au diable comme présent pour le Nouvel An. », on comprend aisément la raison des ratures, cela s'inscrivant dans l'après réforme luthérienne et les tensions entre protestants et catholiques. D'autres compositions sont bien plus comiques ou carnavalesques telle que la dernière dépeignant un homme déguisé en fou portant une élégante sur ses épaules, menacée par un homme avec une cuillère géante ; ou encore la scène satirique évoquant un homme chevauchant un bouc ; cela s'inscrit assez naturellement dans un contexte étudiant humaniste du temps. Le nom de Dielherr von Nürnberg figurant au premier blason pourrait nous faire penser à un rapprochement entre le propriétaire de ce Liber Amicorum et Johann Michael Dilherr, théologien protestant né en 1604 ayant évolué dans les milieux universitaires d'Altdorf et Jena. Provenance : Ex-libris armorié Iohann Carl Edler Gutermann von Gutermann von Gutershoffen des H.R.R. Ritter, under der Freyen Reichs = Statt Augspurg, Rittmeister
À propos de la vente Les Miroirs du temps-Dimanche 28 Juin 2026
Lieu de vente
Date 28/06/2026 à 14h00
Photos modifiées le 27/05/2026 à 14h52
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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