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Claude Lagoutte (1935-1990) Période indienne, 1984. Techniqu…
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Claude Lagoutte (1935-1990) Période indienne, 1984. Techniqu…
Estimation 3 000 € - 5 000 €
Lot volontaire
Description
Claude Lagoutte (1935-1990) Période indienne, 1984. Technique mixte sur tissus cousus 78 x 78,5 cm Rapport de condition : Encadré
« Indifférent à l'habituelle opposition entre figuration et abstraction, Claude Lagoutte rêve d'une forme de paysage total. Au-delà de la représentation d'un site, son paysage est l'évocation d'un parcours qui doit prendre en compte l'effort physique du promeneur, la durée de la promenade et qui mêle indissociablement la nature et les sensations de celui qui la découvre... Il imagine donc un paysage-souvenir, un paysage-journal de voyage. Il se déclare "peintre-chemineau" et affirme qu'il "crée le paysage en l'arpentant de ses jambes" ou encore qu'il "ouvre le tableau qu'il laboure de ses mains". »
— Robert Coustet[
Né à Rochefort et ayant effectué sa scolarité à La Rochelle, Claude Lagoutte sort diplômé de l'École de santé de la marine de Bordeaux. Fasciné par Paul Klee et Vassily Kandinsky, il s'adonne parallèlement à la peinture. Chargé de la santé des troupes coloniales, Claude Lagoutte voyage à travers le monde : installé au Laos en 1959, il visite la Thaïlande, Hong-Kong, L'Inde. Dans les années 1960 il est appelé à Alger et se rend en Tunisie, en Lybie, découvre le Sahara... Dans les années 1970, il s'installe dans sa région natale, à Bordeaux puis Yvrac. Il ne cesse de voyager (Turquie, Île d'Oléron chaque été, Yemen, Népal, etc. EN 1977, il devient peintre à plein temps.
Son processus est le suivant : "lors de ses voyages, Claude Lagoutte note sur un carnet — qui de la sorte se fait lui aussi œuvre d'art — les couleurs et les indices topographiques des paysages traversés, des bribes de discussions avec des autochtones, des réminiscences de lectures et des extraits d'échanges épistolaires avec ses proches. Revenu dans son atelier, il reconstitue sur la toile l'itinéraire parcouru, découpant des lanières de tissu ou de papier, les pliant, les colorant, les tressant, les cousant : deux temps se rejoignent alors, le temps physique de la marche et son alter ego intellectuel, le temps de la traduction picturale.
Ainsi, lorsqu'en 1977 le musée d'Art et d'Histoire de Cognac lui consacre une exposition, Claude Lagoutte se rend à Cognac à pieds depuis Yvrac : cinq jours où il arpente les paysages, fait des croquis, ramasse la terre. La longue toile qui en résulte, présentée à l'exposition de Cognac, accrochée en cimaise, déroulée au sol, se présentant comme un chemin en cinq parties, les cinq étapes différenciées par les nuances des pigments qu'offrent à l'artiste les lieux traversés.
L'expérience Yvrac-Cognac inaugue le temps où Claude Lagoutte sépare systématiquement ses toiles des châssis qui les tendaient afin de les laisser flotter, peut-être aussi afin que les limites du cadre lui permettent les rajouts, les extensions, signifiant de la sorte à l'artiste une même liberté de parcours sur la toile que sur les routes ou les chemins, dans les terres de labour ou dans les sommets montagneux.
Présent dans de grandes collections publiques (MNAM de la ville de Paris, CAPC de Bordeaux, Palais de l'Élysée, Manufacture des Gobelins, etc.), l'œuvre de Claude Lagoutte est encore trop méconnue du grand public ou peu à peu oubliée, sans doute du fait de son décès prématuré...
Lagoutte est souvent présenté comme un peintre paysagiste abstrait, sa philosophie est également proche du Land art tel que le pratique Richard Long : il ambitionne de témoigner d'une mémoire du paysage et pas d'une simple vue. Sa vision abstraite est finalement assez objective et universelle. Elle résonne avec les préoccupations environnementales actuelles. À nous d'entretenir la mémoire de ses balades et paysages qui ont été, sont et seront les nôtres.
Description du lot modifiée le 08/07/2026 à 17h10
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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