Ader
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Julie de LESPINASSE (1732-1776) femme de lettres.
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Julie de LESPINASSE (1732-1776) femme de lettres.
Estimation 2 000 € - 2 500 €
Lot volontaire
Description
Julie de LESPINASSE (1732-1776) femme de lettres. L.A., lundi 17 janvier [1763, à Turgot] ; 4 pages in4.
Longue et intéressante lettre politique et littéraire.
Lasse d’attendre la nomination de Toulouse pour lui écrire la nouvelle la première, elle se décide à ne plus retarder le plaisir d’une causerie avec lui. Elle est impatiente de le revoir : « je suis bien fâchée de ce que vous me dites sur votre retour vous m’en parliés d’une maniere bien incertaine, peut-être savés vous à quoi vous en tenir actuellement »... L’abbé de Cucé va écrire à Turgot : « sans doute quil vous dira que le public lui a donné Condom et que même encore l’opinion generale est quil l’aura cependant il n’en sera rien, ce qui me fache en verité plus que lui », qui se réjouit de n’être pas condamné à cet exil à 170 lieues de Paris : « Condom est un vrai cul de sac ». L’abbé de Cucé devrait pourtant être placé incessamment, et si l’évêque d’Orléans n’avait pas été malade, la nomination aurait été effective hier au soir…
« Jimagine que vous auriés été bien aise de conoitre M. Hume, hé bien, Monsieur, arrivés vite car Mme de Boufflers l’atend cette semaine et compte l’engager à repartir pour Londres avec elle […] elle va passer deux mois en Angleterre et il y en a au moins autant qu’elle ne pense qu’à cela, elle voit, elle conoit, elle aime tous les anglois qui sont ici. […] On pretend que le traité definitif de paix entre la France et l’Angleterre ne se fera pas aussi promptement qu’on le croyoit pour trois raisons : 1° parce que les anglois s’opposent à ce que nous envoyions un grand nombre de troupes dans les colonies […] 2° parcequil y a des difficultés sur l’évacuation de Wezel qui est actuellement bloqué par les troupes du roi de Prusse et que nous avions promis de remetre aux autrichiens 3° parce que la France et l’Angleterre ont résolu de concert de faire finir la guerre d’Allemagne et de travailler à cela tres serieusement afin que le traité definitif ne laisse point de menaces de guerre en Europe ». Les Autrichiens ont fait un armistice avec le roi de Prusse [Frédéric II] qui, lors de son voyage à Gotha, a été reçu par le peuple comme un dieu, alors qu’il arrivait presque sans escorte et sans bagage. Il a tenu à dormir dans son petit lit de camp : « il a dit à la princesse de Gotha quil étoit un pauvre oprimé qui venoit lui demander quelques secours en recrues », et avait l’air gai et en bonne santé, bien que vieilli.…
Elle annonce la parution du journal intitulé La Renommée littéraire d’un nommé Lebrun où « Voltaire M. de Chabanon et autres sont fort maltraités sans oublier Fréron, on dit que cela est fort méchant sans valoir grand chose ». Elle recopie des vers qu’elle a entendus récemment et qu’elle a particulièrement appréciés, et poursuit ses commentaires piquants en s’attaquant à la nouvelle pièce de Collé : « Il y a aujourdhui une nouvelle piece à la comédie françoise, […] le sujet est tiré des Illustres Françoises c’est Desronais et Dupuis je doute que vos conoissances litteraires s’étendent jusque là, cest un mauvais roman dun gout et d’un style exécrables mais il a du moins le merite d’avoir de la chaleur et de la passion et ceux dont on nous acable depuis long tems ne sont guères mieux écrit et sont à la glace »… Elle le quitte en soulignant le plaisir qu’elle a à l’entretenir, même sur papier, et lui envoie le souvenir de M. d’Alembert qu’elle verra ce soir...
Certificat de bien culturel joint.
À propos de la vente
Lettres et manuscrits autographes - Partie I
Lieu de vente
Date
13/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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