Description
Jean-Baptiste SAY (1767-1832). L.A.S., Paris 13 juin 1828, à Alexandre Duval de l’Académie française ; 3 pages petit in-4, adresse.
Belle lettre littéraire, et sur son refus de se présenter à l’Académie française.
Il a lu la préface de Duval : « Tu as dix fois raison et je suis faché que tu n’aies pas cité Voltaire qui, à cette objection : à quoi peut-on reconnaître la nation qui a pour elle le bon sens et le bon goût ? répond : c’est celle dont les ouvrages peuvent être traduits et joués partout, sans qu’on y change rien »… La représentation en France de pièces étrangères renforce leur thèse : « Tout homme de bonne foi, en les voyant pensera qu’il y a beaucoup plus d’intérêt dans nos pièces, et de bonnes plaisanteries que dans celles pour lesquelles on professe un si fol enthousiasme ; et que par conséquent on s’y amuse davantage. On a traité les romantiques comme on fait les petits chiens pour les corriger, on leur a mis le nez sur leurs ordures, et plusieurs d’entre eux sont déjà corrigés, ou du moins ont sensiblement baissé de ton. Pour se dédommager, ils vont faire entrer à l’Académie Mr de Barante après quoi ils feront une ligue doctrinaire qui trainera à sa suite bien des gens que je pourrai nommer, Cousin inclusivement. En conséquence, je me retire pour cette fois & pour plusieurs suivantes […]. La partie est trop forte contre moi. Je suis proclamé dans toute l’Europe le second fondateur de l’Économie politique ; j’ai mes ouvrages dans toutes les langues ; mais il faut que je baisse pavillon devant M. Guiraud et autres immortels qui ne sont pas connus plus loin que la barrière de Pantin. L’académie ne m’empêchera pas d’exercer une puissante influence après ma mort ; mais elle en sera bien innocente, et ne sait pas même de quoi il est question »…
À propos de la vente
Lettres et manuscrits autographes - Partie I
Lieu de vente
Date
13/10/2026 à 14h00
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