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127 - Louis SAY (1774-1840) industriel sucrier nantais, et économi…

Estimation 800 € - 1 000 €
Description
Louis SAY (1774-1840) industriel sucrier nantais, et économiste, frère de Jean-Baptiste. 2 L.A.S., Nantes, 1er et 9 octobre 1827, à Charles Dunoyer à Paris ; 3 pages in-4 chaque, adresses. Sur son nouvel ouvrage Traité élémentaire de la richesse individuelle et de la richesse publique, et ses divergences avec son frère Jean-Baptiste et Adam Smith. [La lettre est adressée au publiciste et économiste libéral Charles Dunoyer (1786-1862).] 1er octobre. Il lui fait parvenir son nouvel ouvrage Traité élémentaire de la richesse et de la richesse publique, et désirerait une analyse critique dans la Revue encyclopédique. Il veut « déraciner la fausse idée, si généralement répandue, que les choses utiles font partie de la richesse générale en raison de leur valeur vénale ou échangeable, principe qui a été adopté par Adam Smith », qui peut certes s’appliquer à la richesse individuelle, mais pas à la richesse des nations… Son frère, dans son Traité d’économie de 1803 prônait qu’il n’y a véritablement production de richesse que là où il y a création ou augmentation d’utilité ». Lui-même s’est convaincu de ce principe, et s’il n’a pas cité son frère dans son ouvrage, c’est parce qu’il attaque Adam Smith, auteur en lequel celui-ci « a foi presque de manière religieuse, et il aurait pu croire que je dénaturais ses idées en les citant dans un sens défavorable. […] On ne peut contester à Adam Smith d’avoir le premier défriché le champ de la science de la richesse générale mais je crois que mon frère a le premier semé le bon grain, qui doit fructifier, en proclamant qu’il n’y a augmentation ou diminution de richesse publique que lorsqu’il y a augmentation ou diminution d’utilité dans les choses qui en font partie »… 9 octobre. Il reconnait que, dans ses précédents ouvrages, il était en désaccord avec son frère, sur le seul point de « savoir de quelle manière on devait mesurer la valeur d’une chose ; je pensais alors que l’on devait l’évaluer par un degré d’utilité tandis que mon frère pense que la valeur d’une chose est mesurée par la quantité de toute autre chose que l’on consent à donner en échange pour l’obtenir ». Il s’est depuis rangé à l’avis de son frère, et, dans son nouveau livre, il énonce ce principe de l’économie politique : « Il n’y a véritablement production de richesse que là où il y a création ou augmentation ; sachons donc comment cette utilité est produite ». Son frère, tout en approuvant son travail, « craint qu’en combattant certains principes d’Adam Smith, je ne sois dans mon tort. Partager l’opinion de mon frère sur ce point ne serait pas prendre parti contre moi. [...] La véritable façon de me désobliger, de prendre parti contre moi, c’est de me refuser de dire son sentiment sur les idées que je publie ». Il n’a pas envoyé son livre à Dunoyer comme « un don conditionnel », mais « à un ancien ami et à un juge compétent » ; il compte donc bénéficier d’une annonce.
À propos de la vente Lettres et manuscrits autographes - Partie I
Lieu de vente
Date 13/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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