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Pierre-Samuel DU PONT DE NEMOURS (1739-1817) physiocrate, pu…
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Pierre-Samuel DU PONT DE NEMOURS (1739-1817) physiocrate, pu…
Estimation 25 000 € - 30 000 €
Lot volontaire
Description
Pierre-Samuel DU PONT DE NEMOURS (1739-1817) physiocrate, publiciste, et diplomate. 48 L.A.S. et 4 P.A. ou P.S., 1800-1814, à Jacques Necker (15), à Louis Necker de Germany (3) et à Germaine de Staël (34) ; environ 130 pages la plupart in-8 ou in-4, adresses ; plus qqs documents joints.
Ce lot figurera au procès-verbal de la Maison de ventes AUDAP & Associés
Tél. : +33 (0)1.83.750.500 - [email protected]
Importante et très intéressante correspondance aux actionnaires des débuts de son entreprise américaine, Necker et sa fille Mme de Staël. À côté des comptes et des aspects financiers, les lettres abondent en très intéressantes considérations politiques et économiques sur la situation en France et en Amérique, et sur le développement des affaires américaines du physiocrate, mais font place aussi à une tendre amitié avec Mme de Staël, avec des réflexions littéraires et philosophiques. Nous ne pouvons donner ici qu’un trop rapide aperçu, avec quelques citations caractéristiques, de ces lettres souvent longues.
* À Jacques Necker (les lettres sont classées sous 6 chemises titrées de la main de Necker). – New York 9 février 1800 : « je me trouve éloigné de mon pays et peu après mon départ, des hommes éclairés ont saisi les rênes du Gouvernement. Je leur souhaite un bon succès, que leurs lumières et leur courage me font présumer. Tout ce qui sera utile à ma patrie fera toujours battre mon cœur, mais je ne puis plus en être le témoin. Je ne puis plus y coopérer qu’en concourant à l’extension de son commerce, et peut-être, de loin en loin, par quelques écrits, si les affaires m’en laissent le loisir. C’est sur ma parole et par confiance personnelle en moi que s’est formée la Société qui m’a fourni des capitaux et chargé de diriger ici ces affaires. Il y a donc apparence que je finirai ma vie, comme vous avez commencé la vôtre, en m’occupant avec tout ce que j’ai d’intelligence et de prudence, d’intérêts commerciaux, et en justifiant, autant que je le pourrai, la bonne opinion que mes amis ont eue de moi. Qui s’est imposé des devoirs, est obligé de les remplir »… Il explique la méthode qu’il compte appliquer à ses affaires en Amérique. –21 août 1801. « Quoique vous ne soyez pas dans ma société, je vous regarde comme un de ses chefs et j’attache à vos conseils la plus haute importance, parce que j’y trouve l’expérience, les lumières, et à ce qu’il me semble une véritable bienveillance » ; il parle de son fils Irénée et de « notre fabrique de poudre à feu qui est une de nos opérations […] dont nous nous occupons fortement » ; il prendra des fonds à « six pour cent l’an ». – 9 octobre. « Nous avons, sur le conseil de Mr Delessert, pris une forme pour que nos Actionnaires d’Europe ne puissent jamais être inquiétés par la différence des loix américaines aux loix européennes sur les Commandites » ; explications financières sur les opérations de leurs maisons de Paris et de New York. – 14 octobre, au sujet d’un reçu de Gouverneur Morris. – Good Stay près New York 9 novembre : « mon fils me mande que vous voulez bien confier environ dix mille dollars à notre maison ». – New York 30 novembre, sur la valorisation des fonds reçus à 6% : « Je joins à la reconnaissance sociale et commerciale de ma Maison, la reconnaissance individuelle de mon cœur. […] Il m’importe plus que je ne puis vous dire que vous me trouviez aussi laborieux et aussi intelligent dans ma nouvelle carrière que vous avez eu la bonté de me le croire dans celles que j’ai eu à courir plus près de vous et qui ne vous étaient pas plus étrangères. L’époque, que vous aviez prévue aussi bien que moi, de la secousse fâcheuse que la Paix devait donner au commerce des États unis arrive. Depuis que la signature des Préliminaires est connue, trente neuf navires sont à vendre à New York. La baisse de leur prix pourra servir à monter plus économiquement nos Pacquebots, que je regarde comme un outil indispensable pour toutes les autres affaires ; et comme un outil profitable à son entrepreneur, parce que les Pacquebots sont sûrs de gagner leur fret régulièrement a un peu plus haut prix que les autres vaisseaux […] la Paix met à portée de faire et de suivre beaucoup d’autres affaires utiles, quoique moins brillantes. Et indépendamment de l’épargne du centre humain, de l’accroissement général du travail, des richesses et de la population, de la formation des capitaux que la guerre arrêtait et dégradait, toutes choses si précieuses en Philosophie et en Politique, il est très bon pour le négociant d’agir sur un fonds qui s’améliore et dans un ordre qui promet de la stabilité », etc. « Le Premier Consul n’est pas homme à ignorer que les Prohibitions ne prohibent rien ; et que les droits qui excèdent de plus d’un ou deux pour cent la prime de la contrebande sont illusoires, ne servent qu’à livrer au contrebandier un revenu dont l’État pourrait jouir, et ne donne aucun encouragement réel aux manufactures nationales »… – New York 21 mars 1802. « C’est à la maison Du Pont (de Nemours) Père et Fils et compe que vous avez confié vos fonds, non à une succursale de cette maison. Donc, ses Actionnaires sont vos débiteurs, et ne peuvent cesser de l’être que par le remboursement » ; explications sur le mort-gage de sa maison de Good Stay ; précisions sur le rôle de Bureaux de Pusy après sa nomination de préfet ; Le Ray de Chaumont a beaucoup de terres à vendre… « La Paix de l’Europe ralentira beaucoup l’immigration. Et il y aura de celle-ci en France plus qu’aux États-Unis. Il est vrai que les États unis sont le pays du monde ou la Population drageonne le plus, parce que c’est celui où les enfans ont le plus à manger. La mortalité y est grande dans les villes considérables. Les maladies de poitrine y sont, même à la campagne, nombreuses et funestes à la jeunesse, surtout aux filles. – Mais l’amour conjugal, les pommes de terre et les Beefs-steaks répareront tout avec usure »… Lecture des Cours de morale religieuse de Necker : « Il est doux d’avoir à parler aux hommes au nom de Dieu, des vertus dont il leur a donné le germe, du bonheur auquel ils peuvent s’élever. C’est au sermon que tous nous autres, jadis jeunes huguenots, avons appris à parler, à écrire, à connaître les tours de notre langue, à nous exprimer avec harmonie, dignité, sentiment. L’éloquence de Jean-Jacques [Rousseau], dont tous ses concitoyens ont quelque accent, est une éloquence huguenote »…
À propos de la vente
Lettres et manuscrits autographes - Partie I
Lieu de vente
Date
13/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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