Description
Frank Lloyd WRIGHT (1867-1959). 2 L.A.S. « Frank », Tokyo et Kyoto 9 et 11 juin [1917], à sa femme Miriam à Ikao ; 1 page in-4 à en-tête The Imperial Hotel, et 2 pages in-4 à en-tête The Miyako Hotel, enveloppes ; en anglais.
Lettres à sa seconde femme pendant son séjour au Japon pour la construction de l’Imperial Hotel de Tokyo.
Tokyo 9 juin. Il lui joint des lettres pour des connaissances, auxquelles il veut dire la vérité, en voulant arranger la situation autant que possible. Il ne lui parle pas de sa solitude ni de ses sentiments : elle sait ce qu’ils sont (« I will not write you of my loneliness here nor of my feelings. You must know well what they are »). Il lui envoie des films, et s’il va à Yokohama demain il lui enverra une boîte de truffes, sachant qu’elle les aime…
Kyoto 11 juin. « To the woman by my side ». Il lui envoie des cadeaux, qui sont moins traitres et moins ambigus que des mots (« A few little presents instead of words – they are less treacherous and ambiquous ») : des boîtes en laque dorée, quelques morceaux de vieux et rare brocart de la période Keijo, pour servir de turban, qui offrira sa beauté afin de rehausser celle de la femme, qu’il imagine couronnant ses cheveux de bronze et glorifiant son beau visage. Jamais il n’y eut, ou il n’y en aura une autre comme elle (« to be used for a turban for “the woman” in such manner as to yeld its beauty to enhance hers without injury. I imagine it crowning her bronze hair and gloryfying her lovely face. There was never, nor will be another like it »). Il lui envoie aussi une boîte d’épingles à cheveux anciennes de la période Tokagawa… Il sait qu’elle préfèrerait de l’argent, mais il est ici pour payer ses factures, et il a fait bien attention de ne pas lui donner de cash (allusion à la dépendance de Miriam à la morphine). Il fait très très chaud, mais le Miyako est tellement plus agréable en été !… Rien ne peut exprimer son regret de ce qu’il est et sa honte de ce qu’il fait. Il pense que son talent l’a dérobé à lui-même, et il est bon qu’enfin il se retrouve face à face avec lui-même. Et c’est quand son désir est le plus fort, qu’il est seul. C’est lorsque son argent est parti qu’il en a le plus besoin (« I feel that no words of mine can show my regret for what I am and shame for what I do. I guess my talent has screened me from myself all along. It is well that I have come face to face with myself unequivocally at last. And when my need is greatest I am alone. When my money is gone I need it most »)… Il retourne ce soir dans sa chambre désertée…
À propos de la vente
Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date
14/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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