une vieille lettre manuscrite sur laquelle figure l'image d'un oiseau
Ader

334 - Jean COCTEAU. Manuscrit autographe signé, Présidence fantôme…

Estimation 1 000 € - 1 500 €
Description
Jean COCTEAU. Manuscrit autographe signé, Présidence fantôme, [mai 1956] ; 4 pages et demie in-4. Sur le film Le Mystère Picasso de Clouzot. Manuscrit avec ratures et corrections de l’article publié dans Les Lettres Françaises (10 mai 1956) au sujet du film d’Henri-Georges Clouzot sur Pablo Picasso, Le Mystère Picasso, présenté au 9e Festival de Cannes le 2 mai 1956, où il reçut le Prix Spécial du Jury à l’unanimité. Dans un court texte d’introduction rédigé par Cocteau à la 3e personne, il indique qu’il n’a pu assister à la projection, alors qu’il a été nommé Président d’honneur du Festival., mais qu’il tient à « écrire quelques lignes sur cette œuvre exceptionnelle « On connait la réponse de Picasso à qui l’on demandait “Pourquoi n’allez-vous pas à New York, on vous y ferait un pont d’or ?” – “Et je coucherais dessous”. […] Ainsi vivent les gitans, ainsi vit un peintre dont les trouvailles jaillissent comme l’eau d’une pomme d’arrosoir et qui encombre les maisons des seuls meubles de son génie ». Cocteau a reçu de ses amis « Pablo, Georges et Georges » [Picasso, Clouzot et Auric, qui a composé la musique du film] un télégramme de Cannes dans lequel ils lèvent leur verre à leur amitié : c’est pour Cocteau une preuve de plus que « le temps est un simple phénomène de perspective, n’existe pas en fait, et que le cœur règne toujours en maître dans un groupe où Max Jacob et Guillaume Apollinaire se réjouissent auprès de nous comme dans le Montparnasse de notre jeunesse ». Il se souvient de la projection où Picasso et Clouzot lui ont présenté le film : « Je n’oublierai jamais la grande salle d’ombre plus lumineuse et plus vivante que la Croizette, où se déroulait une corrida entre Picasso et le vide, la toile, le papier, l’encre, les forces inertes qui s’acharnent contre ceux qui savent vaincre la mort. Le mal de notre époque n’est-il pas que jadis les artistes travaillaient pour donner la vie et qu’ils travaillent maintenant pour oublier la vie. Chez Picasso rien de semblable, ou alors c’est qu’il cherche à oublier dans une orgie créatrice »… Il ne cherche pas à remplacer les critiques : « il s’agissait, puisque me voilà président fantôme, de répondre à la dépêche de mes trois amis et de m’excuser des circonstances qui m’ont empêché de m’asseoir dans leur loge pour saluer fraternellement leur œuvre ».
À propos de la vente Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date 14/10/2026 à 14h00
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