deux pages de vieux papiers comportant des inscriptions sur un fond blanc
Ader

383 - Henry de MONTHERLANT (1895-1972).

Estimation 2 000 € - 2 500 €
Description
Henry de MONTHERLANT (1895-1972). 3 manuscrits autographes et tapuscrit corrigé, pour Un voyageur solitaire est un diable, [1929-1961] ; 25, 6 et 29 pages in-4 en feuilles, et un volume in-4 de [3]-132 pages relié demi-maroquin à coins havane, dos lisse (fente réparée au dernier f. qui a été doublé). Bel ensemble autour d’Un voyageur solitaire est un diable, où Montherlant a rassemblé des récits et impressions de voyage, qui sont aussi « le journal d’une crise ». Dans sa préface de l’édition définitive, datée « Paris, mai 1961 », Montherlant écrit : « Les essais du Voyageur solitaire ont tous été écrits (à l’exception d’un seul) entre 1925 et 1929. Ils forment le troisième et dernier tome de la série des Voyageurs traqués, qui comprend déjà Aux Fontaines du Désir (1927) et La Petite Infante de Castille (1929). C’est à la fin de l’année 1939 que je les réunis et que j’en composai la préface et les notes. Le livre était imprimé et prêt à paraître quand survinrent les événements de l’été 1940. Je jugeai alors qu’ils en rendaient la publication inopportune. L’édition originale de cette œuvre ne parut qu’en 1945, tirée à cinq cents exemplaires, avec des lithographies de Mariano Andreu, chez l’éditeur d’art Henri Lefebvre. ». Manuscrits autographes pour Trois Jours au Montserrat, [1929]-1er janvier 1930 ; 25 pages au dos d’épreuves d’imprimerie, de tapuscrits et de lettres à lui adressées. Brouillons très raturés et corrigés pour son récit d’une promenade au Montserrat, en Espagne, recueilli en 1945 dans Un voyageur solitaire est un diable. Montherlant parle du monastère bénédictin de Montserrat, de son histoire, ses attraits pour les pèlerins, sa Vierge noire du XIIe siècle, etc. Il cite Saint-Simon, et livre des réflexions sur la foi : « Un chrétien qui ne vit pas dans l’unique pensée de son salut, et dans une unique et constante élévation, est plus monstrueux que celui qui ne cherche pas à avoir une opinion sur l’au-delà, et plus méprisable. […] Quant aux pénitences in extremis, arrachées par l’épuisement, la terreur, et un prêtre qui vous torture, elles me font horreur »… D’autres pages portent des notes sur le style de Montalembert, l’utilité des voyages selon Pierre Benoit, la vie de l’âme, etc. Manuscrit autographe signé, [Sur le Greco] ; 6 pages au dos de lettres adressées à Louis Fabulet (1930-1932), relatives à ses traductions de Kipling. Très beau texte sur le Greco, dans sa version primitive, abondamment raturée et corrigée, différente du texte recueilli en 1945 dans Un voyageur solitaire est un diable. Manuscrit autographe, Carnaval sacré ; 29 pages au dos de tapuscrits (pour La déception de Grenade et La Rose de sable) ou de lettres d’éditeurs (1945). Manuscrit de travail, abondamment raturé et corrigé de ce texte sur le Carnaval de Nice, recueilli en 1945 dans Un voyageur solitaire est un diable, dont il est la conclusion. « Le jour sacré du Carnaval, à Nice, le jour de Pâques de cette Semaine Sainte : le dernier jour, celui où la foule met le feu à son roi Carnaval, qu’elle vient de fêter une semaine durant. Cet acte suprême du Drame, pour rien je ne le manquerais »... Enthousiaste, Montherlant participe à la fête : « Pour la première fois de ma vie, je fais partie d’un cortège [...] avec une ferveur passionnée, moi qui aurais horreur et honte de faire partie d’aucun cortège politique, d’aucune procession religieuse, moi qui ne suivrais pas l’enterrement de l’être le plus aimé »... Pour lui, le carnaval est une fête de l’amusement, de la dérision. Il décrit le défilé, et la folle journée qu’il y passe... Mais surtout, brûler la figure de Carnaval illustre une « des idées qui gouverne ma vie » : le « mystère » de cette exécution montre que l’amour que le peuple a pour Carnaval est aussi fort que sa haine envers lui : c’est le principe de l’Équivalence et de l’Alternance... Mais il s’arrête ici, sans développer cette idée : le manuscrit original du texte, écrit le lendemain du Carnaval, fut entièrement effacé par un accident, et Montherlant n’a pas eu le courage, dans ce manuscrit rédigé (dit-il) quelques semaines plus tard, de terminer ce travail de réflexion. Il ajoute cependant que ce Carnaval s’apparente à « ce que les Grecs demandaient à leurs Mystères : une ivresse, un délire, une libération des parties désordonnées de l’âme [...] De même que la course de taureaux, le Carnaval de Nice est devenu pour moi un de ces drames sacrés qui nous prennent à la fois aux entrailles et au cerveau »... Ce texte est daté en fin 1929 (1939 dans l’édition, et rédigé en fait en 1945). Les 15 pages suivantes donnent en Appendice les notes qui devaient lui servir à élaborer la fin de sa réflexion sur ce mystère. Tapuscrit complet pour l’édition Gallimard de 1961, reprise en 1963 dans le volume des Essais de Montherlant dans la Bibliothèque de la Pléiade. Le tapuscrit a servi pour la composition du volume, comme en témoignent les nombreuses indications typographiques. Une addition manuscrite a été portée à la fin de la préface de 1961. Une page autographe, au stylo rouge, figure en tête, concernant la présentation de la liste des œuvres de Montherlant.
À propos de la vente Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date 14/10/2026 à 14h00
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