trois lettres manuscrites sont posées sur une feuille de papierPhoto 2/7 du lotPhoto 3/7 du lotPhoto 4/7 du lotPhoto 5/7 du lotPhoto 6/7 du lotPhoto 7/7 du lot
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399 - Romain ROLLAND (1866-1944). 66 L.

Estimation 8 000 € - 10 000 €
Description
Romain ROLLAND (1866-1944). 66 L.A.S., Vézelay (et Paris) 1941-1944, à André Sabatier ; environ 150 pages la plupart in-8, enveloppes. Très belle et intéressante correspondance littéraire et amicale des années d’Occupation à son éditeur André Sabatier (1903-1973), directeur littéraire aux éditions Albin Michel. C’est en juin 1941 que Rolland fait la connaissance de Sabatier (la première lettre du dossier, du 10 juin, est adressée à Albin Michel ; Rolland sera heureux de faire la connaissance de Sabatier, demande une avance et annonce la mort de son ami Jacques Mesnil). Pendant l’Occupation, Rolland s’est réfugié dans sa maison de Vézelay (Yonne), où il tâche de poursuivre son immense labeur littéraire, dont il confie le sort éditorial à Sabatier. Nous ne pouvons donner ici qu’un aperçu trop bref de cette très riche correspondance. 2 décembre 1941. Il évoque ses « Souvenirs sur Rilke », publiés par Maurice Betz, et ses Compagnons de route : « C’est un recueil qui a été fait, un peu hâtivement, d’articles tout prêts. Il s’en faut qu’il comprenne tous mes “compagnons de route”, ni même […] les plus intimes et les plus aimés. Je me réservais, plus tard, si j’avais le temps, de les faire entrer dans un second volume d’Essais. (Mais j’ai toujours trop de tâches sur le chantier) »... Il se plaint de la publication fautive par Corréa, sans son consentement, de son texte sur Jean-Jacques Rousseau. Enfin sur un projet de lettres de soldats de la guerre 1914-1918 : « on y lirait plus de douleur et de révolte contre cette désastreuse “guerre civile” de l’Europe, que d’acquiescement héroïque »… – 24 décembre. Sur le retard apporté à la publication du Voyage intérieur, et le travail de révision des « deux gros volumes du nouveau Beethoven : La Cathédrale interrompue, sur les derniers quatuors et la 9e Symphonie. 1942. Il est surtout question de la préparation de son Michel-Ange, dans la collection des « Maîtres du Moyen Âge et de la Renaissance » : choix de l’illustration, présentation des notes et des appendices et tables, épreuves, etc. –À propos des lettres de soldats, les lettres qu’avait reçues l’auteur d’Au-dessus de la mêlée étaient d’« esprits “Européens” […] adversaires de la guerre, résolument », et le livre ne pourra se faire « qu’aux temps où sera revenu le règne de la liberté »… (21 janvier). Lecture et commentaire des Peintres modernes de Lionello Venturi (14 février). Service de presse du Voyage intérieur ; il s’interroge sur les circonstances de la mort de Stefan Zweig : « J’ai perdu le meilleur de mes amis allemands » (2 mars). Le « livre “illuminé” de Merejkowski sur Dante […] d’un prodigieux intérêt d’art et de pensée » (15 mars). Rédaction de ses Mémoires et Souvenirs » ; en relisant les lettres de Péguy, il veut entreprendre une étude sur Péguy (19 mars). Sur Paul Claudel : « Nous avons été de vieux camarades, au lycée Louis-le-Grand. Puis, nous nous sommes perdus de vue, toute une vie. Il y a quatre ans, nous nous sommes retrouvés, en profonde amitié. Mon prochain volume du Beethoven lui est dédié, – en souvenir des concerts de notre jeunesse, où nous combattions ensemble les philistins ! » (26 mars). Avancement du Péguy, qui formera deux volumes ; il faut « avoir lu tout Péguy intégralement Or, il n’est presque rien, chez lui, d’indifférent. Et il est d’une sincérité unique. Chaque œuvre est un morceau de Confession. Il ne faut donc en rien perdre. J’ai tâché » (14 octobre). 1943. Correction de la mise en pages du Michel-Ange (20 juin). Sur sa santé, en réponse à des article : « je ne suis pas en plus mauvais état qu’à mon ordinaire » (25 octobre). Sur son Péguy, dont il achève de « dicter la copie » : il a suivi Péguy, « d’un bout à l’autre, dans ses écrits, en lui laissant la parole, le plus possible : de façon que ce ne soit pas une thèse de plus, opposée à d’autres thèses, mais Péguy lui-même qui mette en miettes toutes les thèses et envoie promener tous les partis ! » (8 octobre). Il confie le manuscrit du Péguy à Charles Vildrac ; il enverra les pages de conclusion qui « traitent du mécanisme créateur chez Péguy, de ses projets littéraires interrompus, du rôle qu’il aurait pu jouer après la guerre, et de l’influence morale (sinon sociale et politique) qu’il peut et doit exercer » (15 novembre). Dernières corrections du Michel-Ange (17 novembre), et présentation de l’index (21 décembre). Sur Stendhal et La Chartreuse de Parme : « J’ai pour ce livre un attrait particulier, – je crois, spécial aux cœurs musiciens, car il est tout imprégné d’une musique intérieure : c’était le secret de Stendhal, que les intellectuels non musiciens ne pénétreront jamais » (30 décembre). 1944. Sur les Pensées de Pascal, qui l’ont fait « pénétrer dans le laboratoire de l’esprit, au centre du “se faisant” » ; inquiétudes concernant les inédits annoncés par Pierre Péguy, qui risquent d’obliger à remanier son livre (3 janvier). Souvenir de Rodin lui parlant de Michel-Ange (11 janvier). Sur Aragon, qui « déborde de talent et de vitalité. Le malheur est qu’il y juxtapose une idéologie de Contre-Morale en action, qui fait tort à son libre jeu. Il faut qu’après avoir roulé, de degré en degré, son “damné” (l’Individualisme égoïste), à la fin, soit “boullu”, – comme ceux dont la sainte cuisson réjouissait, à l’église, les yeux de la mère de Villon » ; et sur l’Iran (18 janvier). Il est « dans un état d’assez grande fatigue nerveuse, insomnies, etc. Je me préoccupe de cet amas d’épreuve de mon Péguy, qui vont tomber sur moi » (31 janvier). Visite d’André George, qu’il charge avec Sabatier, de veiller sur le sort de ses manuscrits après sa mort ; copie jointe d’une lettre à Malwida von Meysenburg sur Péguy (1900) ; sur ses Mémoires, dont il a écrit les trois premières parties (12 février). Projet d’illustration de L’Âme enchantée par Berthold Mahn (23 février). Épreuves du Péguy (12 mars). « Mes Instructions à mes deux exécuteurs testamentaires, chargés de veiller sur mes manuscrits et papiers », notamment sur le sort de ses œuvres inédites, et plus particulièrement son Journal et ses Mémoires (mars). Le livre de Mabille de Poncheville sur Péguy ; l’illustration du Péguy (2 avril). Douleurs à la poitrine. « L’étau se resserre. Tous les postes de radio ont été enlevés hier à Auxerre. Nous attendons notre tour, aujourd’hui ou demain. Et alors ce sera le silence complet » (14 avril). Après la libération de Paris : « Nous avons eu aussi nos combats à Vézelay, canons, mitraille et maisons brûlées. Nous sommes encore sous la menace de passages d’armées. On semble trop nous oublier (toute la France du centre), nous abandonner à nos seules forces » (4 septembre). De la clinique Lyautey (où il a été soigné par le Dr Mondor), sur les épreuves du Péguy (23 octobre). Demande de l’URSS de publier le Péguy « en langue soviétique » (19 novembre). Service de presse du Péguy : « j’écarte absolument les noms de Maurras, de Massis ». Inquiétudes : « La nouvelle ruée allemande vers Liège et Montmédy est inquiétante. Nous connaissons trop cette route des invasions et leur rythme… Le sort de la France se joue, en ces jours » (21 décembre). [Romain Rolland meurt le 30 décembre.]
À propos de la vente Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date 14/10/2026 à 14h00
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