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432 - François-Antoine BOISSY D’ANGLAS (1756-1826) conventionnel (…

Estimation 1 000 € - 1 500 €
Description
François-Antoine BOISSY D’ANGLAS (1756-1826) conventionnel (Ardèche) et homme politique. Manuscrit autographe, Pensées diverses sur les mœurs, la politique et la revolution française, [janvier 1800] ; carnet de 52 pages petit in-8 plus couverture, broché (mouillures). Très intéressant carnet de l’ancien président de la Convention, réunissant des réflexions sur la Révolution, des anecdotes sur ses contemporains, des notes sur l’histoire ; il est numéroté « 20 ». Il s’ouvre par une anecdote amusante sur Sieyès, qui, lorsqu’il devait recevoir une récompense nationale, obtint de remplacer Roger Ducos dans la rédaction du message, et « jamais homme ne fut loué comme Sieyès dans cette pièce (je tiens encore ce fait de Carnot qui le tenait de Bonaparte) »... Il parle avec humour des affaires financières de Sieyès : les 100.000 francs qu’il a « économisés » en Prusse, ses rentes comme sénateur, sa réclamation d’une augmentation – « mais Bonaparte s’y est refusé : il me disait souvent étant au comité du salut public, qu’il avait pour toute fortune 3,600 F de rentes viageres, et qu’il ne voulait jamais avoir un sou de plus »... Une note datée du 1er pluviose VIII (21 janvier 1800) évoque les accusations de malversations contre Ouvrard, fournisseur des armées, et les déclarations d’Ouvrard concernant les pots de vin versés à Barras. Boissy d’Anglas se livre à des réflexions générales : « Les révolutions successives qui bouleversent le monde [...] ne sont autre chose que l’effet de la lutte qui existera toujours entre la majorité qui ne veut pas qu’on l’oprime et la minorité qui veut l’oprimer. [...] Les chaînes qui retiennent les hommes dans l’esclavage sont auxiliaires de celles qui le retiennent dans l’ordre legal »... Il commente ce paradoxe : Louis XIV, le plus puissant et le plus absolu des rois, « a plus fait pour amener la revolution française que Louis XVI »... Il parle des constitutions, qui résultent de transactions entre les puissances existantes : celle de l’an VIII fut « une transaction entre l’ambition de Sieyès et celle de Bonaparte, entre le génie de l’intrigue et la force »... Il cite des remarques de Mallet du Pan, et rappelle une intervention de Sieyès devant la Constituante sur la liberté, l’égalité et la propriété... Il raconte comment il fut rayé des listes de préfectures, Talleyrand l’ayant desservi auprès de Bonaparte : « il ne me pardonne pas le bien que je lui ai fait et le mal que j’en ai déjà reçu »... Il livre son jugement sur Vergniaud et les Girondins, qui ne voulaient pas la République, et qui « voyaient bien qu’en detronant le roi, ils allaient tomber dans le parti d’Orleans »... Il rapporte des remarques de Carnot sur le 18 Fructidor, et cite Montesquieu sur l’autorité du prince et la puissance des peuples... « Bonaparte doit s’attacher a donner un caractere à la nation française, des institutions et des habitudes, à créer pour elle des maximes de gouvernement analogues à ses mœurs, diriger l’industrie et les habitants et la force de ses armées vers un but de prospérité qui lui soit propre. Sans cela il ne fera que passer sur les theatres ou il est monté »... Il expose comment la Constitution de l’An VIII, en déclarant l’inviolabilité des consuls, a donné un démenti formel à la Convention, qui a refusé de reconnaître l’inviolabilité du roi... Il cite longuement Saint-Lambert sur l’histoire de l’Europe, les diverses formes de gouvernement, etc. Il est aussi question de la renaissance des lettres, la puissance des papes, l’empoisonnement de Mirabeau par les Jacobins et les Orléanistes, Santerre et le mouvement du 20 juin, les Romains, la République de Gênes, etc.
À propos de la vente Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date 14/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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