une lettre écrite à l'encre noire sur une feuille de papier
Ader

453 - Georges CLEMENCEAU (1841-1929).

Estimation 800 € - 1 000 €
Description
Georges CLEMENCEAU (1841-1929). Manuscrit autographe, Descendance directe, [avril 1914] ; 4 pages in-4 au verso de feuillets à en-tête du Sénat. Vigoureux article politique publié le 18 avril 1914 dans L’Homme Libre. Le manuscrit présente des ratures et corrections. Clemenceau pointe du doigt la coalition d’Aristide Briand, Millerand et Barthou, qui, malgré quelques différences superficielles, est un triumvirat antirépublicain comparable au Boulangisme. Sous couvert d’une reprise des relations diplomatiques avec le Vatican, Clemenceau met en garde face à ce retour du boulangisme. « M Briand s’est plaint de ce qu’on se fut permis de comparer avec le boulangisme le mouvement de recul dont il a pris l’initiative et la direction avec M.M. Millerand et Barthou. Si l’on ne s’en tenait qu’aux manifestations extérieures, on trouverait, en effet, de très-vives dissemblances. Je ne vois, par exemple, ni comte de Paris, ni cheval noir. Pour un civil la revue de Longchamp n’est pas nécessairement un bon terrain d’apothéose. Si l’on s’en tenait à cet aspect de l’affaire, il faudrait reconnaître que M Briand a raison. Mais tout un programme ne peut pas tenir dans un chapeau à plumes. Il est encore besoin d’une tête dessous, et si l’on vient à rencontrer dans le même bonnet les deux têtes – si différentes au crayon de M Briand et du général Boulanger, si leurs desseins s’expriment par une identité de critiques et de “programme”, comment ne pas convenir qu’il existe, entre les deux opérations, une très forte parenté ? » Si le duc d’Orléans « ne donne pas de sa personne », le royaliste Arthur Meyer apporte le concours de la presse au triumvirat… « Pour le pape et ses curés, pourraient-ils ne pas travailler au succès de l’entreprise quand on leur a déjà donné des gages avec la Pichonnerie du Vendredi saint, comme par la tartufferie, à la Barthou, des manuels scolaires, et lorsqu’on les allèche d’une reprise des relations diplomatiques avec le Vatican, recommandée avec entrain par le même M. Hanotaux que devant. Le triumvirat traîne donc à sa suite la même troupe, disparate mais cohérente, que le général Boulanger. Tous les vaincus de la République, tous les représentants des régimes, des lois, des principes dont le peuple français, en revenant au régime républicain, a entendu se débarrasser »... Etc. Et Clemenceau conclut : « Depuis sa candidature “révisionniste”, comme on disait alors, M Briand peut changer d’opinions un certain nombre de fois. Son état d’esprit, ses penchants, ses conceptions de la vie publique, sont demeurés les mêmes. Des modifications de termes, non de sentiments, ni de pensées. Bien loin de le calomnier, nous essayons simplement de le révéler à lui-même. Il n’est probablement pas le seul à ne se connaître pas. Les événements, nous ont donné une très courte période électorale. Elle suffira, sans doute, pour que la République reconnaisse les siens. Cette même République que M.M Boulanger et Briand, d’une commune voix ont déclarée “inhabitable” et que les fils de la Révolution française continueront d’aménager pour le bien de tous les Français. »
À propos de la vente Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date 14/10/2026 à 14h00
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