Ader
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Chrétien-Guillaume de Lamoignon de MALESHERBES.
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Chrétien-Guillaume de Lamoignon de MALESHERBES.
Estimation 1 200 € - 1 500 €
Lot volontaire
Description
Chrétien-Guillaume de Lamoignon de MALESHERBES. Manuscrit autographe, [vers 1780 ?] ; 21 pages in-4 (plus qqs pages blanches), reliure cartonnage de papier marbré.
Sur l’Académie Française et le refus d’y entrer de son grand-père, Chrétien-François I de Lamoignon de Basville (1644-1709).
Brouillons avec de nombreuses ratures et corrections, et certains passages biffés de deux traits croisés, d’une longue lettre ou d’un mémoire probablement destinés à d’Alembert, en vue de son Histoire des membres de l’Académie française depuis 1700 jusqu’en 1771 pour servir de suite aux Éloges imprimés et lus dans les séances publiques de cette compagnie (1785).
Malesherbes commence ainsi : « Vous exigés, Monsieur, que je vous communique les faits que j’ay pu recueillir sur le refus fait par mon grand père d’une place à l’academie françoise. Il vous semble que cette anecdote merite d’estre eclaircie » : et il rappelle que Duclos avait lu dans une séance publique de l’Académie « les relations d’une intrigue secrette qui donna lieu à ce refus, et vous pensés qu’ayant aujourd’huy l’honneur d’appartenir à l’académie je suis obligé de faire en cela des recherches »... Il a parcouru les papiers de son grand-père et y a trouvé plusieurs lettres « qui luy furent ecrites par differentes personnes dans le tems de l’élection et du refus. J’y ay trouvé aussi le brouillon ecrit et corrigé de sa main d’une lettre qu’il ecrivit dans ce tems a ce sujet »… Malesherbes avait toujours entendu son père dire que « M. de B. ne desiroit point destre de l’academie et que sur cela il n’avoit jamais varié. […] Je vous avoue, Monsieur, que je ne suis pas extremement surpris du peu de desir qu’avoit M. de B. d’estre reçu de l’academie et meme de la crainte quil auroit eu de recevoir cet honneur. Pour le concevoir il faut se transporter à un tems ou l’opinion sur ces places n’estoit pas tout à fait la même qu’aujourd’huy. Vous scavés combien les opinions changent en peu d’années. Aujourd’huy l’académie reçoit souvent des gens de la cour, des militaires, des magistrats, des prelats qui ne se sont fait connoitre par aucune production litteraire »…
Il expose le rôle joué par François de Tourreil, qui fit « tant d’efforts pour faire entrer à l’academie un homme qui ne vouloit pas en etre ». Basville « pouvoit croire dans le premier moment que son refus ne seroit regardé que comme un acte de modestie, mais quand il vit que l’effet en estoit different et que plus d’un academicien s’en montroit offensés, cestoit le cas de sacrifier sa repugnance »… D’après Duclos, « l’academie estoit divisée sur le choix qu’elle avoit a faire, les uns estoient pour l’abbé de Chaulieu, les autres vouloient absolument Verdurre [ ?]. Le parti de l’abbé de Chaulieu se trouva le plus fort, le parti contraire imagina de faire intervenir M. de B. qui avoit pour amis les plus zelés partisans de l’abbé de Chaulieu afin de luy enlever leurs suffrages. Je desire Monsieur, par attachement pour l’academie que ce soit la seule occasion ou on ait employé de tels moyens. Quoyqu’il en soit nous voyons apresent d’où venoit la passion que M. de Tourreil fit voir dans cette affaire »… Etc.
À propos de la vente
Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date
14/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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