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François-Dominique de Reynaud, comte de MONTLOSIER (1755-183…
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François-Dominique de Reynaud, comte de MONTLOSIER (1755-183…
Estimation 300 € - 400 €
Lot volontaire
Description
François-Dominique de Reynaud, comte de MONTLOSIER (1755-1838) homme politique et écrivain. L.A.S., Randanne 18 avril 1827 ; 4 pages in-8 remplies d’une écriture serrée.
Intéressante lettre politique. Dans cette lettre truffée de citations latines, Montlosier fait le point sur la situation politique, et s’inquiète de la prépondérance ecclésiastique et des tendances ultramontaines.
Il voit venir une grave crise : la maison d’Orléans est sans ressource devant le danger, « attendu que tout tourne à la république » ; le clergé est tourné vers la domination religieuse « pour sa propre domination » avec l’appui du roi et du pape ; les restes de la noblesse, sans armes et sans force sont poussés à se réfugier vers le roi et les prêtres : « ceux-ci dans des espérances coupables d’une certaine contrerévolution, ceux-là dans les espérances honorables ou excusables d’une certaine conservation, tout un peuple voyant vieillir et se flétrir pièce à pièce tous les élemens de son existence » ne sachant « ni ce qu’il veut, ni ce qu’il peut ». Quant au gouvernement, il donne « une apparence d’inertie universelle au milieu de laquelle fermente de part et d’autre une exaspération croissante ». Il ne se trouvera pas, comme un 1789, un prélat religieux et respecté pour sortir de cette crise. « Il faudrait se brouiller avec le roi, avec Rome, avec tout le clergé, avec toute une masse publique de consciences égarées de jésuites et de congrégations » ; chaque jour le mal progresse insensiblement. Il faudrait mobiliser « les membres des deux chambres réputés les plus exagérés dans les doctrines rétrogrades et apartenant à l’ancienne noblesse », comme Chateaubriand, M. de La Bourdonnais, M. de Lézardière, de Beaumont, etc. « Par la nature des chefs, je vois la nécessité d’un concert de principes, de volonté et de mouvement dans les têtes principales vouées à la monarchie et à la légitimité ». Il se raccroche à des événements passés, évoquant une époque où « le gouvernement se dirigeant en sens liberal, approcha tellement de la revolution que j’ai vu même mes amis libéraux s’effrayer et se portant en sens opposé déterminer une nouvelle loi électorale » et rappelant qu’il se forma « auprès de Monsieur une combinaison politique particulière, formée par ce bon et vertueux Mathieu de Montmorency lequel pourtant nous a fait tant de mal dans la revolution et qui, nous en a fait ensuite encore plus dans la restauration. Ce qui a été fait alors dans un sens, pourquoi ne le referions nous pas dans un autre. Ce qui a été fait dans un autre tems, lorsque le gouvernement tendait à la révolution, pourquoi ne pas le faire aujourd’huy, lorsqu’il tend d’une autre manière à la destruction ! »… Il ajoute en postscriptum qu’il déposera une pétition sur le budget ecclésiastique à la prochaine session de la chambre des pairs, après avoir consulté ses amis.
À propos de la vente
Lettres et manuscrits autographes - Partie II
Lieu de vente
Date
14/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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