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30 - Louis-Ferdinand CÉLINE. L.A.S. et une P.S. au verso d’une im…

Estimation 800 € - 1 000 €
Description
Louis-Ferdinand CÉLINE. L.A.S. et une P.S. au verso d’une image (à Roger Vailland), (ca 1943-1944). 2 grands ff. in-4 long de papier vergé, écrits sur (3) pp., à l’encre bleue (traces de pliures, papier très légèrement froissé, encre palie tirant sur le gris) et une feuille in-4 photogravée en noir (reproduit la une de l’Illustré national de novembre 1914) montrant la charge au feu du maréchal des Logis Chef Destouches du 12e Cuirassiers (Céline durant la guerre) qui lui valu la médaille militaire, grande note manuscrite au verso (encre bleue palie) : “A la Tribune des Nations / (si on a bien cure/envie) / d’assassiner et (...)les / résistants français pas ou par / (incultes) et cons ! / LFCéline”. Grande écriture difficilement lisible, belles signatures autographes. Très intéressant courrier de Louis-F. Céline envoyé à Roger Vailland dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Une petite note manuscrite au crayon indique le récipiendaire comme étant Roger Vailland - avec une faute d’orthographe - (1907-1965), résistant, écrivain puis grand reporter et scénariste français. C’est la teneur du courrier envoyé par Céline qui confirme le destinataire permettant ainsi de situer sa rédaction assez probablement entre l’été et la fin 1943. L’écrivain évoque les combats de 14-18 et 39, invectivant dans son style si personnel Vailland le résistant, du réseau Champfleury-Mabille, cherchant à lui démontrer qu’il a lui aussi servit la France et que son courage vaut bien le leur. Sans doute la raison pour laquelle il joint ce tirage le représentant en 1914, enrichi d’un “aphorisme” très personnel. La raison de ce courrier nous la trouvons très bien expliquée dans l’ouvrage d’Yves Buin, Céline (Folio, 2022) : « Juillet 1943, un soir, dix résistants du réseau Champfleury-Mabille sont réunis, imprudemment, dans l'appartement de Robert Champfleury au quatrième étage du 4, rue Girardon, au-dessous de l'appartement de Céline. Céline vient de recevoir le caricaturiste Ralph Soupault, secrétaire de la Fédération de Paris du P.P.F., et Alain Laubreaux, critique théâtral à Je suis partout.Céline les raccompagne. La descente de l'escalier est bruyante et ne peut échapper au groupe du quatrième qui, des fenêtres, observe le trio poursuivant sa discussion sur le trottoir. Une idée naît que formule l'un des résistants, Roger Vailland : « Et si l'on tuait Céline ? » Une grenade lancée du quatrième ferait l'affaire mais aurait pour conséquence de condamner l'appartement de Champfleury, plaque tournante de diverses filières de la Résistance – n'a-t-il pas abrité une réunion du prestigieux C.N.R. ? – et les mettrait en danger, lui et sa compagne. Puisque Céline est ainsi bien repéré, à l'occasion d'une autre visite des collaborateurs, il sera aisé à partir du petit square de l'avenue Junot de les mitrailler et de s'enfuir dans la nuit. Deux hommes suffiront. Une action classique de commando. Ni vu ni connu. Exit, Céline, l'infâme, et ses acolytes honnis. Ce scénario a existé. On l'a dit, Céline, sur liste noire, recevait des menaces fréquentes, anonymes. Dès la parution de Bagatelles, il prévoyait un règlement de comptes dont il serait la victime…”.
À propos de la vente Livres & Manuscrits
Lieu de vente
Date 04/06/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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