KÂ- MONDO / KAPANDJI MORHANGE
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JAMMES, Francis et BONFILS, Robert. Epitaphes.
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JAMMES, Francis et BONFILS, Robert. Epitaphes.
Estimation 100 € - 150 €
Lot volontaire
Description
JAMMES, Francis et BONFILS, Robert. Epitaphes.
Edition originale de ce recueil de Francis Jammes illustré par Robert Bonfils de 24 bois. Notre exemplaire est enrichi d'un envoi de l'auteur et truffé d'une élégie épistolaire en vers tapuscrite adressée à Charles de Bordeu, son ami.
Paris, à l'Art Catholique, 1921.
Grand in-8 broché, plats illustrés sur bois.
47 pp., 24 gravures sur bois monochromes dont un frontispice sur deux tons et celles des couvertures.
Deux petites déchirures au dos, couvertures légèrement brunies comme souvent, une décharge rousse entre le premier contreplat et la première garde blanche.
Edition originale de ce recueil d'épitaphes en vers de Francis Jammes (1868-1938), illustrée par Robert Bonfils (1886-1971) de 24 gravures sur bois dont un frontispice. Tirage limité à 1175 exemplaires, celui-ci un des 1100 numérotés sur vergé pur fil Lafuma (n°799).
Notre exemplaire est enrichi d'un envoi de l'auteur (plume, encre grise baveuse, cursive détachée) reprenant une des épitaphes du recueil (p. 45) : "Contre la croix la mère en pleurs était debout".
Une élégie épistolaire tapuscrite adressée à son ami Charles de Bordeu et signée "Francis Jammes - 22 mai 1924 Hasparren" truffe également ce volume, ainsi qu'une copie de celle-ci (à l'encre noire). Charles de Bordeu (1857-1926) vécut non loin de Francis Jammes établi à Hasparren dans le Pays Basque de 1921 à sa mort. Ce poème, qui célèbre l'amitié des deux hommes de lettres, paraîtra en revue deux ans plus tard, année de la mort de Charles de Bordeu.
"Mon cher ami ce jour qui brûlait la terrasse
Quand la moisson dormait au plus fort de Juillet,
Quand la caille immobile au milieu du millet,
Ne craignait plus le Chien que l'air de plomb harrasse [sic],
Le voici qui se lève encore, ce beau jour,
Le voici qui se lève enfin dans nos mémoires
Après plus de trente ans mais dans toute sa gloire
Dans toute sa durée et tout son amour.
La porte s'ouvre au vent qui souffle de la tombe
Ta mère entre pareille a quelque flambeau noir
Et ses cheveux d'argent éclairent ton manoir
Où du haut du clocher les tourterelles tombent.
O Bénédiction ; quand la salle-à-manger
Me montra sur ses murs ta grandeur et ta ruine,
Mêlant le nom des rois aux rumeurs des clarines,
Et seulement ornée avec des orangers.
O mon frère parmi les plus chers de mes frères ;
Tu m'a donné ton pain, tu m'a donné ton sel,
Ton sel brillait ainsi que brille l'arc-en-ciel,
Ton pain avait le goût des vertus de la terre.
La porte s'ouvre encore une seconde fois.
La première ombre a fui, mais je vois apparaître,
Sous le cognassier blanc qui baisait ta fenêtre,
Celle qui t'a donné ses larmes et sa Foi.
Ah, dis moi si j'ai pu lorsque le crépuscule
S'étendait sur Abos puiser à ton vieux puits
Une eau plus transparente et pure qu'aujourd'hui
Notre double amitié dans ce temps qui recule.
Aux êtres comme toi on ne peut pas donner :
Ce qu'on leur donnerait c'est eux qui nous l'apportent ;
Mais laisse moi jeter à l'âme d'une morte
Les lis qui saluaient jadis son nouveau-né."
Touchant exemplaire.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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