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4 - Charles-Antoine COYPEL (Paris, 1694 - 1752) Portrait de jeun…

Estimation 15 000 € - 20 000 €
Description
Charles-Antoine COYPEL (Paris, 1694 - 1752) Portrait de jeune fille au nœud jaune en buste, une main au doigt levé Pastel sur papier contrecollé sur carton 46 x 35 cm - 18 1/8 × 13 3/4 in. (Mouillure en longueur au centre au niveau du cou (15 cm sur 3 cm environ), petite tache au centre du front) Forme ovale dessinée, écoinçons à la gouache dorée. Nous remercions Monsieur Neil Jeffares d’avoir confirmé l’authenticité de ce pastel d’après photographie. On peut noter qu’il existe plusieurs pastels ovales dont les écoinçons sont passés à la gouache dorée, ce qui permettrait de penser qu’il s’agissait d’une pratique courante de l’artiste. Bust portrait of a young girl wearing a yellow bow, with one hand raised, pastel on paper laid on cardboard Provenance : Collection particulière, France. BIBLIOGRAPHIE Neil Jeffares, Online Dictionnary of pastellists before 1800, Coypel Charles-Antoine, n°J.24724024, repr. Notice : Charles-Antoine Coypel (1694-1752) appartient à l’une des plus importantes dynasties de peintres français des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Petit-fils de Noël Coypel (1628-1707) et fils d’Antoine Coypel (1661-1722), il reçoit très tôt une formation artistique dans un milieu étroitement lié à la cour royale et à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Héritier de cette tradition familiale, il mène une carrière brillante sous les règnes de Louis XV et de la Régence. Peintre d’histoire, décorateur, dessinateur, graveur mais aussi homme de lettres, Coypel occupe une place importante dans la vie artistique parisienne. Il devient Premier peintre du duc d’Orléans après la mort de son père en 1722, avant d’être nommé Premier peintre du Roi et directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1747. Il exerce également la fonction prestigieuse de Garde des tableaux et dessins de la Couronne.  Si Coypel est surtout connu pour ses peintures d’histoire et ses compositions inspirées du théâtre ou de la littérature, il développe également une activité importante de portraitiste. Il exécute des portraits à l’huile mais aussi de nombreux pastels, technique particulièrement appréciée au XVIIIᵉ siècle pour sa rapidité d’exécution et sa capacité à restituer la douceur des chairs et le velouté des étoffes[1]. Ses modèles appartiennent principalement à l’aristocratie et à l’entourage royal, mais il réalise également plusieurs autoportraits ainsi que des portraits d’acteurs et d’enfants. Ses portraits se caractérisent par une grande vivacité d’expression : les figures regardent souvent directement le spectateur et les mains jouent un rôle essentiel dans l’animation de la composition. Cette recherche d’expressivité traduit l’intérêt de Coypel pour le théâtre et la mise en scène. Son art du portrait, attentif à la psychologie et à la délicatesse des matières, influencera plusieurs artistes de la génération suivante, notamment Louis Tocqué et certains grands pastellistes français du siècle des Lumières[2]. Ce portrait de jeune fille au nœud jaune, réalisé au pastel par Charles-Antoine Coypel, illustre parfaitement les qualités du portrait chez l’artiste. Représentée en buste dans un format ovale dessiné, la jeune modèle apparaît vêtue à la manière d’une femme, selon l’usage du XVIIIᵉ siècle. Le délicat nœud jaune qui entoure son cou, ses cheveux bouclés légèrement poudrés ainsi que le rendu des tissus témoignent du soin porté par Coypel aux matières et aux effets de texture. Le pastel lui permet ici de restituer à la fois la douceur des chairs et le moiré du tissu, dans une technique où ligne et couleur se confondent subtilement. Comme dans de nombreux portraits de Coypel, le regard du modèle s’adresse directement au spectateur tandis qu’une main animée, au doigt levé, introduit un mouvement vivant dans la composition. Cette attention portée aux gestes correspond à une véritable réflexion de l’artiste sur l’expression. Charles Coypel écrivait qu’à défaut de « Le geste est un langage commun à tous les hommes, par lequel on peut se faire entendre des nations les plus éloignés et les plus barbares. (…) Le peintre, par les attitudes et les gestes, doit non seulement suppléer à la parole à ses figures, mais il doit tâcher d’en imiter la force, et d’exprimer les sentiments et les mouvements de l’âme (…) »[3].  Cette idée, formulée à propos de sa peinture de genre, trouve un écho évident dans ses portraits où les mains, la vivacité du regard et de l’expression participent pleinement à l’animation psychologique du modèle. L’œuvre présente également plusieurs caractéristiques typiques de son art du portrait : un fond sobre légèrement modulé par la lumière, de grands yeux ouverts placés dans des orbites peu profondes, des sourcils fins et une attention minutieuse portée aux dentelles et aux étoffes[4]. Les portraits de Coypel sont le plus souvent exécutés à mi-corps ou en buste, fréquemment dans un format ovale semblable à celui-ci. Les écoinçons rehaussés à la gouache dorée se retrouvent sur plusieurs de ses pastels, notamment dans l’un de ses autoportraits (Fig. 1) et semblent avoir constitué une pratique récurrente de l’artiste. Le choix de représenter une enfant seule est également révélateur de l’évolution des sensibilités au siècle des Lumières[5]. Jusqu’au milieu du XVIIIᵉ siècle, les portraits d’enfants restent relativement rares hors des représentations princières ou religieuses. Peu à peu cependant, sous l’influence des idées nouvelles sur l’enfance et l’éducation, l’enfant devient un sujet à part entière. Assez tôt, ce portrait témoigne ainsi de cette attention nouvelle portée à l’individu et à l’enfance, tout en conservant les codes élégants et mondains propres à l’aristocratie de l’époque. [1] Thierry Lefrançois, Charles Coypel : peintre du roi : 1694-1752, Paris, Arthéna, 1994, p. 69. [2] Ibid., p. 70. [3] Charles-Antoine Coypel, Discours prononcez dans les Conférences de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, Paris, J. Collombat, 1721, p. 157 [Disponible en ligne]. [4] Thierry Lefrançois, op. cit., p. 80. [5] A ce propos, voir : Sous la direction de Christine Kayser, avec la collaboration de Xavier Salmon et Laurent Hugues, L’Enfant chéri au siècle des Lumières, cat. exp., Cholet, musée des Beaux-Arts, 15 mars – 15 juin 2003, p. 14.
À propos de la vente MAÎTRES ANCIENS
Lieu de vente
Date 02/07/2026 à 14h30
Description du lot modifiée le 18/06/2026 à 16h48
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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