Premium AGUTTES
70
-
Philippe Jacques VAN BRÉE (1786 Anvers- 1871, Saint-Josse-te…
70
-
Philippe Jacques VAN BRÉE (1786 Anvers- 1871, Saint-Josse-te…
Estimation 3 000 € - 4 000 €
Lot volontaire
Description
Philippe Jacques VAN BRÉE (1786 Anvers- 1871, Saint-Josse-ten-Node, Bruxelles)
Odalisque
Toile
Signée et localisée à Rome en haut à droite P. Van Brée / Rome
66 x 94 cm - 26 x 37 in.
Odalisque, canvas, signed and located upper righ
Provenance :
Collection particulière, Allemagne.
Notice :
Né à Bruxelles en 1786, Philippe-Jacques Van Brée eut pour premier maître son frère, Mathieu-Ignace (1773-1839), de treize ans son aîné. Dès 1811, il expose au Salon de Bruxelles. La même année, il part pour Paris et intègre l’atelier de Girodet (1767-1824) dont il héritera de la facture lisse des néoclassiques. Entre 1816 et 1818, il prend la route de Rome, financé par les Pankaufe, riche couple de mécènes. Trop peu productif au goût de ses protecteurs, son séjour italien s’interrompt deux ans pendant lesquels il est de retour en France.
Dès son premier séjour dans la péninsule, Van Brée confirme son goût pour le dessin et une manière héritée de l’école de David (1748-1825).
Dès 1821, Van Brée est de retour à Rome depuis laquelle il rayonne dans toute l’Europe. Proche de ses compatriotes belges, il fréquente également la haute société locale. Au tournant des années 1830, il rentre à Bruxelles et renoue avec les Salons triennaux où il est présent quelques années avant qu’il ne voie sa manière tomber en désuétude au profit d’une nouvelle génération de romantiques, ce que connaît au même moment son contemporain François-Joseph Navez (1787-1869).
Van Brée est à Rome lorsqu’il réalise ce nu alangui dont il puise une évidente inspiration chez Giorgione (1477) et Titien 1510). Du premier, il retient le placement des jambes, celui du bras qui s’enroule jusqu’au-dessus de la tête (Fig. 1). Du second, le visage éveillé, le regard tourné vers celui qui la regarde, la discrétion des parures, les fleurs, ainsi que le petit chien enroulé à ses pieds (Fig. 2). Placée comme en miroir de ces odalisques, la jeune femme s’en distingue par un air plus mutin, un canon physique plus gracile. Si le rouge triomphe chez les Vénitiens, c’est un jaune lumineux et chaud qui domine chez notre peintre. Ici, point de paysage, point de palais, mais l’antre feutrée d’une seule chambre sur laquelle veille une Vierge à l’Enfant. Dissimulée derrière un rideau, celui-ci est opportunément tiré, suscitant visiblement chez l’enfant Jésus, une irrépressible envie de se rapprocher du corps nu. Un brin provocateur, Van Brée dans la forme, confirme qu’il est l’héritier de l’enseignement qu’il a reçu. Il présente ainsi une peinture lisse, glacée, presque porcelainée et résolument tournée vers l’observation des antiques, dont il atténue subtilement la froideur dans la délicatesse et l’expressivité charmante de ses figures.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi