Photo 1/1 du lot
Premium MILLON

55 - Qalamdan aux portraits des grands maîtres soufis persans, si…

Estimation 2 000 € - 3 000 €
Description
Qalamdan aux portraits des grands maîtres soufis persans, signé Javad Iran qajar, XIXe siècle Plumier en papier mâché laqué à décor peint en réserve noire sur fond brun mordoré ; de forme allongée à extrémités arrondies. Le couvercle est orné d’une scène centrale figurant un derviche assis dans un paysage, encadrée de compositions florales et de cartouches figurés. Les côtés déploient quatre médaillons polylobés contenant chacun une ou deux figures identifiées en persan, alternant avec des rinceaux fleuris dans le goût du gol-o-bolbol. Signé sous le couvercle. État : éclats et usures. Dim. : 23 x 3,5 cm (9,1 x 1,4 in.) Identifications en persan (par médaillon) « Shaykh ’Attar » — Farid al-Din ’Attar (m. 1221), poète mystique persan ; « Mir Ma’sum ’Ali Shah » et « Nur ’Ali Shah » — maîtres Ni’matullahi de la fin du XVIIIe siècle ; « Shaykh Sa’di » — Sa’di de Chiraz (m. 1291) — et « Sultan Salim » ; « Mawlavi » — Jalal al-Din Rumi (m. 1273) — et « Shams [al-Din] Tabrizi », son guide spirituel. Provenance : Collection privée, Paris, acquis lors de la vente Rosebery’s, Londres, 29 avril 2022, lot 91. Ce plumier constitue un pantheon visuel de la tradition soufie persane, déployant côte à côte les grandes figures de la mystique iranienne réparties sur près de six siècles : les poètes-saints médiévaux mais aussi les grands maître soufis, suggérant une commande émanant de cercles affiliés à la confrérie Ni’matullahi en plein essor sous les Qajars. La signature « Œuvre du très humble Javad » renvoie vraisemblablement à Mohammad Javad Esfahani, peintre-laqueur originaire d’Ispahan actif à l’époque qajare (cf. Mohammad Ali Karimzadeh Tabrizi, Old Painters of Iran, vol. I, 1991, p. 138, n° 239). A Qajar lacquered papier-mâché qalamdan (pen box) with dervish figures, signed and titled — the signature probably referring to Mohammad Javad Esfahani, a noted Qajar lacquer painter from Isfahan, Iran, Qajar, 19th century. Symbole du pouvoir lettré, le qalamdān incarne l’écriture comme instrument d’autorité lettrée, tandis que le miroir ouvre un registre plus introspectif, où l’image dialogue avec le reflet. Dans l’Iran des périodes zand et qajar, ces pièces dépassent leur fonction pour s’inscrire dans un imaginaire visuel à la croisée des arts du livre et de la peinture. Le décor floral, hérité des reliures safavides, y tient une place centrale : roses, iris ou jacinthes dialoguent avec oiseaux et papillons dans l’esthétique du gol-o-bolbol, métaphore de l’amour et de la quête. Ce vocabulaire, diffusé par les ateliers, trouve ses jalons chez plusieurs grands maîtres tels que Muhammad Zaman, introduit un vocabulaire renouvelé, nourri d’influences européennes, marque durablement la peinture safavide de la fin du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, Muhammad Baqir s’impose par la finesse de ses compositions florales et animalières, tandis que Muhammad Sadiq développe des scènes figurées d’une grande richesse narrative, entre chasse, paysage et imaginaire littéraire. Ensemble, ces objets révèlent un art raffiné, entre tradition et réinvention, où chaque surface devient support d’une narration complexe et intellectuelle.
À propos de la vente MASTERS - Arts d'Orient & de l'Inde
Lieu de vente
Date 11/06/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi