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87 - Plat (tabak) d’Iznik aux tulipes et jacinthes Empire ottoman…

Estimation 40 000 € - 60 000 €
Description
Plat (tabak) d’Iznik aux tulipes et jacinthes Empire ottoman, Turquie, Iznik, vers 1575–1600 Céramique siliceuse, décoré en polychromie sous glaçure en bleu cobalt, vert émeraude, turquoise et rouge tomate épais en léger relief. La composition centrale, structurée selon un axe vertical strict, déploie un bouquet jaillissant d’une touffe d’herbes : deux longues tulipes effilées, leurs corolles renversées en panaches rouges et bleus, encadrent une grappe verticale de jacinthes aux clochettes serrées en réserves cobalt, l’ensemble surmonté d’un médaillon fleuronné. Le marli est animé d’un décor caractéristique de volutes spiralées bleues et noires dit de "vagues écumantes". Le revers, à pied annulaire, est ponctué d’une frise de petites rosettes alternant bleu et vert et porte, au centre, une grande étiquette triangulaire imprimée et manuscrite frappée du monogramme C.D.A. (Charles Davillier), de la mention « Vente Davillier 1887 » et de l’indication « Rhodes ». État : deux trous de suspension (sur l’aile et le talon), légers éclats en bordure, légères rétractations de l’émail rouge dues à la cuisson. D. 27,5 cm (10,8 in.) Provenance : Ancienne collection du baron Jean-Charles Davillier (1823–1883), n° inv. P. 2130 ; Sa vente, Paris, Hôtel Drouot, Me Charles Pillet, 2 mai 1887, lot n° 401 ; Vente Aguttes, Lyon, 25 octobre 2012, n° 215. Bibliographie : Catalogue de la vente Davillier, Paris, 1887, n° 401. Archives des commissaires-priseurs. D48E3 74, Procès-verbal de la vente après-décès du baron Davillier, Drouot, 29-30 avril 1887, Me Paul Chevallier. Gaston Migeon, Manuel d’art musulman, II. Les arts plastiques et industriels, Paris, Picard, 1907 (révision de l’attribution « Rhodes »). Œuvres en rapport : - National Museum of Fine Arts, Stockholm, inv. n°NM 0047/1899. - British Museum, Londres, inv. n°G.128 - Musée de la Renaissance, Ecouen, inv. E.Cl.8211. Ce plat illustre la production d’Iznik dans le dernier tiers du XVIe siècle, sous les règnes de Selim II (1566–1574), Murad III (1574–1595) et Mehmed III (1595–1603), successeurs de Soliman le Magnifique. Son décor floral, issu du vocabulaire des ateliers impériaux du Topkapi — où le « style aux quatre fleurs » avait été codifié vers 1550 —, allie naturalisme et stylisation géométrique dans une palette vive caractéristique de cette période d’apogée, où le rouge tomate épais (kızıl) atteint sa plus grande maîtrise. Ces motifs inspiraient simultanément la céramique, le textile, l’enluminure et les arts du livre des ateliers impériaux. L’intérêt singulier de la pièce tient également à sa provenance documentée. Le baron Jean-Charles Davillier (1823–1883) issu d’une famille d’industriels rouennais, consacra sa vie à l’étude et à la collection, et publia un ensemble de monographies pionnières qui font encore autorité : Histoire des faïences hispano-moresques à reflets métalliques (1861), Recherches sur l’orfèvrerie en Espagne (1879), Les Origines de la porcelaine en Europe (1882). Membre du Conseil des Musées nationaux, il fut un acteur majeur de l’institutionnalisation des arts décoratifs en France. Sa collection, l’une des plus considérables de son temps, embrassait les faïences hispano-moresques, les céramiques d’Iznik, l’orfèvrerie et les cuirs espagnols, le mobilier et les arts du livre du Moyen Âge à la Renaissance. Davillier avait dans un premier temps légué sa collection par testament aux musées français — disposition qui fut contestée par son épouse. La vente publique qui s’ensuivit, tenue à l’Hôtel Drouot en mai 1887, attira les principaux collectionneurs et marchands de son temps — parmi lesquels Jules Maciet, Albert Kahn, Jacques Doucet — et alimenta directement plusieurs collections publiques françaises, notamment celles du Musée du Louvre. L’étiquette d’origine conservée au revers matérialise tout à la fois cette dispersion fondatrice et le moment historiographique où ces céramiques étaient encore désignées « faïences de Rhodes » — appellation consacrée après l’acquisition par le musée de Cluny, en 1883, d’un ensemble de pièces achetées à Lindos. Cette attribution erronée dura plus de trois décennies avant d’être corrigée au début du XXe siècle par les travaux pionniers de Gaston Migeon.. An important Iznik polychrome pottery dish with tulips and hyacinths, Ottoman Empire, Iznik, c. 1565–1580. Fritware decorated in underglaze cobalt blue, emerald green, turquoise and raised tomato red; bearing a triangular label monogrammed C.D.A., inscribed « Vente Davillier 1887 » and « Rhodes ». From the collection of Baron Jean-Charles Davillier (1823–1883), Paris, one of the founding figures of French decorative-arts scholarship,
À propos de la vente MASTERS - Arts d'Orient & de l'Inde
Lieu de vente
Date 11/06/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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