Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium Coutau-Bégarie & Associés
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Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin (Arpino, 1568 – Rome…
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Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin (Arpino, 1568 – Rome…
Estimation 25 000 € - 30 000 €
Lot volontaire
Description
Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin
(Arpino, 1568 – Rome, 1640)
Persée délivrant Andromède
Huile sur panneau
52 × 37 cm
Provenance : Rome, collection privée ; Florence, collection Marco Chiarini.
Bibliographie : H. Röttgen, 1973, p. 110 ; Schleier–H. Röttgen, Mostra antologica delle opere..., 1993 ; H. Röttgen, Il Cavalier Giuseppe Cesari d’Arpino. Un grande pittore nello splendore della fama e nell’incostanza della fortuna, Rome, 2002, p. 336, n° 103, cat. 98.
Ce sujet représente l’un des thèmes les plus réussis réalisés par le peintre originaire d’Arpino, ancienne ville perchée de la vallée du Liri au sud de Rome. Cesari acquit une renommée et un prestige considérables dans la Rome de la fin du XVIe siècle, notamment grâce aux grandes commandes pontificales des deux dernières décennies du siècle. Il réalisa des fresques et des décors d’une importance remarquable : d’abord à Sant’Anastasio dei Greci, à l’église de la Trinità dei Monti et à San Lorenzo in Damaso ; au début des années 1590, avec la décoration du plafond de la chapelle Contarelli à San Luigi dei Francesi, et la chapelle Olgiati à Santa Prassede (1593–1595) ; puis le plafond de la loggia Orsini au Pio Sodalizio dei Piceni (1594–1595). Il peignit ensuite à fresque la sacristie de la Certosa di San Martino à Naples (1596–1597) et décora la Sala degli Orazi e Curiazi du Palais des Conservateurs sur le Capitole avec La Découverte de la Louve.
En novembre 1599, Cesari fut nommé principe de l’Accademia di San Luca, et l’année suivante, grâce aux qualités picturales de sa fresque de l’Ascension dans le transept de San Giovanni in Laterano, il reçut l’ordre du Christ. Au cours de cette dernière décennie du siècle, le Cavalier d’Arpino produisit également un nombre important de petits tableaux de chevalet raffinés et très recherchés par des commanditaires privés, parmi lesquels Persée et Andromède (vers 1592–1593), La Résurrection de Lazare (vers 1591–1593), La Fuite en Égypte (vers 1592–1593), Saint Michel terrassant les anges rebelles (vers 1593), L’Arrestation du Christ (vers 1596–1597), L’Expulsion du Paradis (1597), Diane et Actéon et Le Repos pendant la fuite en Égypte.
L’exécution raffinée de ces œuvres — caractérisée par des laques brillantes, des formes élégantes rendues dans des couleurs vives et intenses — contribua largement à leur succès auprès d’une clientèle élitiste. Cela explique l’existence de plusieurs répliques autographes des mêmes sujets, exécutées avec de légères variations. D’autres versions de Persée délivrant Andromède sont conservées au Sterling and Francine Clark Art Institute à Williamstown et à l’Accademia di San Luca à Rome.
La touche dense et vigoureuse du présent panneau n’empêche pas de discerner des repentirs dans certains passages essentiels, comme autour de la figure de Pégase ou le long des contours du corps nu diaphane d’Andromède, peint avec une sensibilité rapide. Cette exécution vive — déjà indice de la main du maître — se retrouve dans chaque détail de la composition, centrée sur l’arrivée dramatique de Persée pour sauver Andromède, fille de Céphée, roi d’Éthiopie, et de l’orgueilleuse Cassiopée. Cette dernière, s’étant vantée d’être plus belle que les Néréides, provoqua leur colère ; en représailles, les nymphes marines implorèrent Neptune, qui condamna sa fille à être sacrifiée à un monstre marin.
Les Métamorphoses d’Ovide racontent que Persée prit d’abord Andromède pour une statue de marbre ; seul le vent agitant ses cheveux et les larmes chaudes sur ses joues révélèrent sa nature humaine. Venant de triompher de Méduse, Persée demanda à la jeune fille son nom et la raison de ses chaînes. Tombant amoureux, il sollicita sa main auprès de ses parents, puis se jeta contre le monstre marin, le tua de son épée et libéra l’extatique Andromède, qu’il épousa.
Les riches valeurs symboliques de ce mythe expliquent sans doute son attrait pour les commanditaires privés. L’exécution vive du tableau — marquée par des coups de pinceau raffinés, une fraîcheur et une invention pleine d’élan — fait de ce panneau un témoignage incontestable du sommet atteint par le Cavalier d’Arpino, maître absolu à Rome à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe. C’est à cette période qu’il convient d’attribuer cette œuvre remarquablement conservée.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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