Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Hôtel des Ventes de Clermont-Ferrand
Nicolas LOIR (Paris, 1624 - 1679)
La Sainte Famille au plat …
Nicolas LOIR (Paris, 1624 - 1679)
La Sainte Famille au plat …
Estimation 15 000 € - 20 000 €
Vente mixte
Description
Nicolas LOIR (Paris, 1624 - 1679)
La Sainte Famille au plat de figues
Toile
Hauteur : 75 cm
Largeur : 107 cm
Cadre en bois sculpté à la feuille de chêne, redoré, travail de la vallée du Rhône du XVIIe siècle
Petits accidents
Expert : Cabinet Turquin
Notre tableau est l'un des chefs-d'oeuvre de Nicolas Loir, peint pour un amateur, comme l’indique
son format destiné à une galerie d'un collectionneur. Pour la délectation de celui-ci, le
composition rassemble à la fois, des personnages, de l'architecture, un paysage fluvial et une
nature morte. Les références picturales à Bourdon et Poussin assurent un certain raffinement à
son propriétaire. Le peintre livre ici un hommage à la Sainte Famille à l'escalier de Nicolas Poussin
dont il retient la rigueur géométrique, la composition en triangle, la surélévation du groupe sur un
socle de pierre, tout un jeu subtile de courbes des figures qui s'opposent aux lignes horizontales
du paysage et aux verticales des bâtiments, ainsi que la présence de la coupe de fruits au sol. De
même, la recherche archéologique du sphinx et du bas-relief posés à droite, le paysage construit
par plans successifs est bien dans l'esprit de Poussin. L'atmosphère limpide, lumineuse, sans
contraste d'ombre, la touche fine et lisse appartiennent au courant atticiste parisien. Loir affirme
son goût pour le coloris et la tendresse des physionomies héritée de Sébastien Bourdon et
Jacques Stella, par exemple dans le garçon agenouillé en blanc. La finesse de son trait et la
délicatesse des gestes, comme ici l'échange gracieux entre les enfants, révèlent la mesure de son
talent. Le plat de figues, associé aux fruits de la terre apportés à la Sainte Famille lors de la
fuite d'Egypte, est traditionnellement considéré comme un symbole de fécondité.
Fils d'orfèvre, Nicolas Loir se forme auprès de maîtres illustres tels que Sébastien Bourdon et
Simon Vouet avant d'entreprendre le voyage d'Italie entre 1647 et 1649. Ce séjour romain est
marqué par sa rencontre avec Nicolas Poussin, dont l'oeuvre exerce une influence déterminante
sur sa peinture. À son retour, il est reçu à l'Académie Royale en 1663 grâce à la recommandation
de Charles Lebrun. Talent polyvalent, il participe aux chantiers prestigieux de la Cour, notamment
au Palais des Tuileries, de Vincennes et aux appartements de la Reine Marie-Thérèse à Versailles.
Dezallier d'Argenville, qui possédait plusieurs de ces oeuvres, souligne chez lui un « grand talent »
pour peindre les figures féminines et les enfants, ainsi qu'une « préférence pour le coloris ». Nous
remercions Moana Weil-Curiel de nous avoir confirmé l'attribution à Nicolas Loir, par examen
direct de l'oeuvre le 9 mars 2026.
15 000 / 20 000
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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