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SECRÉTAIRE À ABATTANT ITALIEN DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIII…
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SECRÉTAIRE À ABATTANT ITALIEN DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIII…
Estimation 20 000 € - 30 000 €
Lot volontaire
Description
SECRÉTAIRE À ABATTANT ITALIEN DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XVIIIe SIÈCLE, TRAVAIL PIÉMONTAIS
Attribué à Ignazio Ravelli
À décor de marqueterie sur fond de bois de violette, placage d’ébène, filets de nacre et ivoire, ornementation de bronze ciselé et doré en partie rapportée, dessus de marbre blanc ceint d’une galerie ajourée à décor de postes, la façade à décor d’architectures imaginaires ouvrant par un tiroir, un abattant découvrant une écritoire gainée de cuir et six tiroirs, deux vantaux en partie basse, les pieds en gaine ; petits accidents et manques au placage
H. : 142 cm (56 in.)
l. : 79 cm (31 in.)
P. : 44,5 cm (17 ½ in.)
Bibliographie comparative :
G. De Gregory, Istoria della vercellese letteratura ed arti, Turin, Chirio e Mina, Vol. IV, 1824, pp. 385-386.
V. Viale (dir.), Mostra del Barocco Piemontese, Catalogo, Vol. III, Mobili e intagli, Turin, 1963, pp. 26-27, figs. 217-219 R.
R. Antonetto, Minusieri ed ebanisti del Piemonte. Storia e immagini del mobile piemontese 1636-1844, Turin, 1985, pp. 350-353
A. González-Palacios, I Ravelli, certo e incerto, in Il gusto dei principi. Arte di corte del XVII e del XVIII secolo, Milan, Longanesi & C., 1993, pp. 264, 342-343, 363-366
P. San Martino, Scena e capriccio nelle tarsie del laboratorio di Ignazio e Luigi Ravelli ebanisti, 1800 circa, in «Studi Piemontesi», XXVI, 2, 1997, pp. 383-390
E. Colle, Il Regno di Sardegna: decorazioni d’interni e manifatture, in Il Neoclassicismo in Italia da Tiepolo a Canova. Catalogue de l’exposition, Milan, Skira-Artificio, 2002
E. Colle, Il mobile neoclassico in Italia: arredi e decorazioni d’interni dal 1775 al 1800, Milan, Electa, 2005, p. 426.
R. Antonetto, Il mobile piemontese nel Settecento, 2 vol., Turin, Umberto Allemandi & C., 2010, pp. 316-335.
Genio e maestria. Mobili ed ebanisti alla corte sabauda tra Settecento e Ottocento, Turin, Catalogue de l’exposition, Reggia di Venaria, 17 mars – 15 juillet 2018, Allemandi Editore, 2018. En particulier :
R. Antonetto, Ignazio e Luigi Ravelli, pp. 145 ss. ; 288-290 ; E. Colle, Prima di Piffetti, dopo Piffetti : le virtù dell’intarsio italiano, pp. 39 ss.
An Italian Piedmontese gilt-bronze mounted, kingwood, ebony, mother-of-pearl and ivory secretaire a abattant, second half of the 18th century, attributed to Ignazio Ravelli
Ce secrétaire, l’un des meubles piémontais les plus intéressants apparus sur le devant de la scène ces dernières années, est l’œuvre certaine d’Ignazio (1756-1836) et Luigi (1776-1858) Ravelli, natifs de Vercelli, marqueteurs de premier plan dans le panorama des arts décoratifs du néoclassicisme italien.
Les deux, père et fils, appartenant à une dynastie d’ébénistes actifs depuis le XVIIe siècle, partageaient atelier et demeure et jouissaient d’une notoriété considérable, non seulement en Italie. En témoigne l’historien local Gaspare de Gregory, qui écrivait en 1824 que leurs tableaux en marqueterie «sont recherchés par les amateurs, et l’on en trouve à Vienne, à Paris et en Espagne».
Ils étaient donc admirés à l’étranger comme au Piémont, où le roi de Sardaigne Victor-Amédée III avait accordé à Ignazio une rente viagère de 241 lires.
C’est la raison pour laquelle notre secrétaire, au-delà de ses qualités d’ébénisterie, représente une contribution historique significative. Que le meuble, attribuable aux premières années 1790, soit l’œuvre des Ravelli – et principalement du père Ignazio, Luigi n’étant alors guère plus qu’un enfant – le démontre l’iconographie commune à d’autres œuvres sorties de ce prestigieux atelier. De nombreuses comparaisons sont possibles.
Dans la section frontale supérieure, on voit une représentation solennelle de palais classiques soutenus par des arcades et donnant sur un miroir d’eau :
la même, avec des variations non substantielles, revient dans plusieurs autres œuvres d’Ignazio et de Luigi. On la retrouve sur le vantail central d’une commode demi-lune (l’une d’une paire) ayant appartenu à une collection turinoise et vendue chez Christie’s Milan le 28 novembre 2007, lot 1009 (cfr. fig. 1).
Elle se retrouve également dans un panneau marqueté signé au dos Luigi Ravelli, appartenant au Musée Camillo Leone de Vercelli, ou dans un tableau en marqueterie conservé dans une collection privée, signé Luigi Ravelli et publié par l’auteur de ces lignes à la p. 323, pl. 5. du Vol. I de Il mobile piemontese nel Settecento, Turin, Allemandi Editore, 2010 (cfr. figs. 2-3).
Le même sujet inspire partiellement un tableau en marqueterie, appartenant aux collections du Palazzo Madama – Museo Civico d’Arte Antica Torino, Inv. 330/L.
Dans la section inférieure de la façade du secrétaire se déploie une composition d’architectures en ruine, qui s’oppose à la scénographie de l’abattant, comme une confrontation théâtrale entre splendeur et décadence. Le décor marqueté du vantail gauche de notre secrétaire correspond au décor que l’on retrouve sur la façade d’une des deux commodes demi-lune (cfr. fig. 4) vendue chez Christie’s Milan, le 28 novembre 2007, lot 1009.
Les ruines sont transposées en marqueterie à partir des cartons constituant le répertoire de l’atelier, inventés par les ébénistes eux-mêmes ou tirés de gravures en circulation à cette époque. Dans les œuvres des deux Ravelli, les dessins se retrouvent décomposés et recomposés dans un jeu infini de variations, adaptés aux possibilités expressives des teintes du bois et à l’habileté des exécutants.
Les panneaux latéraux de notre secrétaire ornés de medaillons représentent de paysages comportant d’étroites similitudes avec des sujets présents dans d’autres meubles des Ravelli.
Le côté droit haut du secrétaire (cfr. fig. 5) comporte des analogies avec un panneau d’une commode demi-lune conservée à Palazzo Madama (cfr. fig. 6)
Inv. 1164/L (vantail droit) et avec une commode vendue chez Pandolfini Florence (cfr. fig. 7) le 12 novembre 2019, lot 7 (vantail droit).
De cette dernière, le côté gauche correspond à son tour au sujet sur le côté gauche en haut du secrétaire. Il faut noter également que la qualité et la disposition des bois de fond sont identiques, que les nœuds surmontant les médaillons semblent visiblement réalisés de la même main, et que le motif tressé des ovales du meuble du Palazzo Madama est le même que celui du secrétaire, dans ce dernier réduit de moitié en largeur pour faire place à un contre-cadre intérieur en ébène et ivoire. Plus importantes encore que les comparaisons particulières sont l’architecture générale et la conception figurative du meuble, visiblement ravelliens, ainsi que les techniques d’exécution, tout aussi visiblement superposables à celles pratiquées par l’atelier vercellois, à commencer par la structure en noyer et les tiroirs également en noyer foncé, jusqu’aux serrures.
La richesse de l’ornementation en bronze doré est inhabituelle pour un meuble piémontais et rappelle des modelés français de la même époque ; une possible explication pourrait être l’ajustement à la demande d’un acquéreur français.
À ce propos il convient de mentionner le nom d’André-Louis Gilbert (1746-1809), pour citer un ébéniste français qui, au même titre que les Ravelli, subit fortement le charme de la marqueterie architecturale.
Rappelons enfin que dans une commode estampillée Gilbert (vente Sotheby’s Paris, le 18 janvier 2002, lot 123) revient la même vue de ruines du vantail gauche de notre secrétaire (cfr. fig. 8).
*Information aux acheteurs :
Conformément à la réglementation en vigueur, les lots en ivoire disposent d’un CIC et sont en libre circulation au sein de l’Union européenne. La sortie de l’Union européenne (hors Monaco) est interdite.
*Information to the buyers :
In accordance to current regulations, these lots an intra-community certificate and are in free circulation within the European Union. The export outside European Union (excluding Monaco) is prohibited.
À propos de la vente
Mobilier et Objets d’Art - Vente du soir (Lot 1-170)
Lieu de vente
Date
16/06/2026 à 17h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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