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Mohammed RACIM (Alger 1896 – El Biar 1975)
Sourate Al-Fatiha…
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Mohammed RACIM (Alger 1896 – El Biar 1975)
Sourate Al-Fatiha…
Estimation 8 000 € - 10 000 €
Lot volontaire
Description
Mohammed RACIM (Alger 1896 – El Biar 1975)
Sourate Al-Fatiha (l'Ouverture)
Pigments opaque sur parchemin
Signé en bas à gauche en caractères latin et en bas à droite en caractères arabe Mohamed Racim à Alger.
28,1 x 21,4 cm
***
Opaque pigments on vellum, signed lower left in Latin and lower right in Arabic Mohamed Racim (11 × 8⅜ in.)
Provenance
Ancienne collection algéroise, acquis à Alger vers 2010.
La composition reprend la structure canonique de la page de frontispice coranique (sarlawh). Le champ central, en forme de médaillon polylobé sur fond or, accueille le texte de la sourate Al-Fatiha en calligraphie thuluth dorée, entouré d'un entrelacs de rinceaux dorés sur fonds rouge, vert et bleu. L'œuvre illustre la synthèse caractéristique de Mohamed Racim entre les conventions de l'enluminure coranique nord-africaine et les apports persans, dont il maîtrise la palette et le sens de la densité décorative. La double signature — latine et arabe — témoigne de la position singulière de l'artiste, revendiquant simultanément son appartenance à la tradition islamique et sa reconnaissance dans les milieux artistiques européens.
Ce feuillet pourrait s'inscrire dans le cadre de la collaboration de l’artiste pour L'Islam sous la cendre de Maurice Heine (1884-1940), édité par Jules Meynial, dont la somptueuse édition de luxe (six exemplaires seulement) était accompagnée d'un frontispice rehaussé d'or sur parchemin, tel que la présente oeuvre. Quel que soit le projet auquel cette dernière se rattache, elle témoigne de l'intense activité enluminée de Racim durant ces années fondatrices.
Frère d'Omar — son père Ali et son oncle Mohamed tenaient un atelier d'enluminure et de sculpture sur bois —, Mohamed Racim reçoit sa première initiation dans ce cadre familial avant d'entrer en 1910 au Cabinet de dessin de la Direction de l'artisanat. La rencontre en 1914 avec le peintre orientaliste Étienne Dinet est décisive : celui-ci lui confie l'ornementation de La Vie de Mohammed, prophète d'Allah, marquant le début d'une longue collaboration avec l'éditeur Piazza. Il illustre et décore notamment Khadra de Dinet et les Mille et une nuits traduites par le docteur Mardrus. Bénéficiant d'une bourse en Espagne (1919), il voyage à Cordoue, Grenade, Londres, Le Caire, Rome, Vienne et Stockholm, s'imprégnant de la miniature persane, ottomane et moghole. Grand Prix artistique de l'Algérie en 1933, il se consacre dès 1934 à l'enseignement à l'École des Beaux-Arts d'Alger et est élu en 1950 membre honoraire de la Royal Society of Miniature Painters de Londres.
Fondateur de l'École algérienne de miniature, Mohamed Racim est le premier à avoir intégré les lois de la perspective dans cet art, lui conférant une modernité sans précédent. Par ses compositions minutieuses — scènes de la vie quotidienne, fêtes traditionnelles, évocations de l'Algérie précoloniale —, il oppose à l'entreprise de dépersonnalisation coloniale une affirmation souveraine de l'identité et du patrimoine culturel algériens. Après l'indépendance, il devient conseiller du ministre de la Culture. Il meurt assassiné en 1975 à El Biar, frère cadet d'Omar Racim, laissant une œuvre et un enseignement qui fondent durablement la renaissance des arts de la miniature en Algérie.
À propos de la vente
Modernités Arabes, Africaines & Indiennes
Lieu de vente
Date
18/06/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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