Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium MILLON
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Djamila BENT MOHAMED (Alger 1933-2023)
La veuve, 1973
Techni…
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Djamila BENT MOHAMED (Alger 1933-2023)
La veuve, 1973
Techni…
Estimation 15 000 € - 20 000 €
Lot volontaire
Description
Djamila BENT MOHAMED (Alger 1933-2023)
La veuve, 1973
Technique mixte sur toile
73 x 60 cm
Signé et daté en bas à droite en arabe Jamila 73
Contresigné et titré au dos.
***
Mixed media on canvas, signed and dated lower right in Arabic ; signed and titled on the reverse (28¾ × 23⅝ in.). Painted in 1973.
Provenance
Collection particulière française, acquis auprès de l'artiste en Algérie.
Réalisé en 1973, ce portrait témoigne de la recherche plastique que Djamila Bent Mohamed mène autour de la figure féminine, sujet central de son œuvre. Le titre — La veuve — n'est pas sans évoquer l'univers iconographique d'Issiakhem, dont les figures solitaires de femmes endeuillées, creusées par la perte, constituent l'un des motifs les plus puissants de la peinture algérienne moderne. Appartenant à la même génération et évoluant dans les mêmes cercles artistiques algérois, Djamila Bent Mohamed partage avec lui cette attention à une féminité marquée par l'histoire, sans pour autant en adopter le registre expressionniste : là où Issiakhem travaille la matière dans l'urgence du geste, elle construit par la géométrie et l'aplat, nourrie par son engagement simultané dans le design industriel — elle rejoint cette même année les grandes entreprises publiques algériennes. La figure s'impose ainsi comme une synthèse singulière entre héritage décoratif, rigueur formelle et célébration d'une féminité algérienne contemporaine.
Née en 1933 dans la Casbah d'Alger, Djamila Bent Mohamed grandit auprès de sa mère, enseignante en art du tapis, qui lui transmet le goût des savoir-faire traditionnels. Formée à l'École des beaux-arts d'Alger sous la direction du miniaturiste Mustapha Ben Debbagh, elle s'engage dès le début des années 1950 dans la lutte pour l'indépendance — arrêtée et torturée en 1957, elle est libérée grâce à l'intervention d'un collectif d'avocates dont Gisèle Halimi. Cette expérience radicale imprègne durablement sa sensibilité artistique. À l'indépendance, elle reprend ses études aux côtés d'Issiakhem, Khadda et Mesli, puis se perfectionne à l'Académie Rietveld d'Amsterdam (1969–1971) et à l'École supérieure des arts et métiers de Paris. Entre 1971 et 1988, elle occupe des postes de designeuse et cheffe de projet dans les grandes entreprises publiques algériennes — position rare pour une femme à l'époque. Trois fois lauréate du Grand Prix de la Ville d'Alger (1975, 1979, 1983), elle expose à l'international et ses œuvres intègrent notamment les collections du Musée national des Beaux-Arts d'Alger et de la Barjeel Art Foundation.
Son œuvre explore dans une semi-abstraction les tensions entre visible et invisible, mêlant figures énigmatiques, calligraphies, sable et feuille d'or dans un langage à la croisée des héritages berbères et des courants modernes. Dans les années 1990, marquée par la « décennie noire » et le suicide de son amie la poétesse Safia Ketou, elle cesse de peindre.
À propos de la vente
Modernités Arabes, Africaines & Indiennes
Lieu de vente
Date
18/06/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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