Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium MILLON
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Nja MAHDAOUI (Tunis, 1937) Sans-titre, circa 1975
Encre de c…
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Nja MAHDAOUI (Tunis, 1937) Sans-titre, circa 1975
Encre de c…
Estimation 6 000 € - 10 000 €
Lot volontaire
Description
Nja MAHDAOUI (Tunis, 1937)
Sans-titre, circa 1975
Encre de chine et feuille d’or sur papier parchemin
68,5 x 49,5 cm
Signé ‘Nja’ en arabe, en bas à droite
***
India ink and gold leaf on vellum, signed lower right in Arabic (27 × 19½ in.) Painted circa 1975
Nous remercions la fondation Mahdaoui d'avoir aimablement confirmé l'authenticité de l'oeuvre. Un certificat d'authenticité pourra être délivré à la charge de l'acquéreur.
Provenance :
Collection particulière, France
Cette pièce appartient aux premiers ensembles d’une série majeure sur papier parchemin, engagée en 1972 et poursuivie jusqu’au début des années 1990, autour de deux formats principaux : 50 × 70 cm et 70 × 100 cm.
« Je n'ai pas abordé le signe graphique pour l'utiliser comme « mode » de l'instant ou m'en servir comme élément de civilisation — en apport, ou en ajout, à mon œuvre plastique... J'ai longuement étudié la problématique du signe calligraphique et des conséquences possibles, tant du point de vue linguistique et de la signifiance du mot, que du point de vue du visuel et de l'immédiateté de la sensation — extérieure, intérieure. C'est donc, après plusieurs expériences personnelles en peinture — collages, expression libre, peinture gestaltique, intégration des éléments naturels et utilisation des peintures en fusion —, que j'ai dû prendre conscience, qu'un homme appartenant à une civilisation donnée, doit obligatoirement ( ê t r e ) — et être, exister globalement, implique un double effort intellectuel et conceptuel, au niveau de la façon d'assumer son moi, je m'explique.
C'est quelque part en Europe, à Milan, je crois, lors d'une exposition internationale à la Galerie Cortina, vers 1967, que j'ai eu la prise de conscience qu'à force de vouloir être universel, je risquais de me dissoudre dans un TOUT, où le moi ( individu, civilisation ) glissait en faveur des cultures autres... J'ai opté alors par étape pour la remise en question de ma démarche pratique en art, d'où la réflexion d'approfondir
mes recherches du domaine de la calligraphie, laquelle, prise comme science, impose naturellement son dictat, en force, avec codes, canons et règles ; cela m'a exigé un effort extraordinaire, tant du point de vue théorique que pratique, car avant d'aborder la technique de l'élément signe, il me fallait reprendre depuis le début l'apprentissage des différentes techniques calligraphiques :
1° Comment utiliser le signe sans qu'il ne porte son propos ou discours savant ? Tout mot, toute phraséologie impose une suggestion imaginaire et éloigne le regardant (Je) du rapport œuvre-individu. J'ai donc éliminé d'emblée, toute signification verbale. La lettre perd alors son rôle de porteuse de message signifiant et devient élément signifié, abstrait.
2° J'oriente ma recherche vers des surfaces libres, ainsi, le signe lui-même, libéré et vidé du contenu dialectique, impose à son tour tout simplement une architecture spatiale presque physique, et sensuelle. »
Nja Mahdaoui, « À propos de ma démarche picturale », Revue Échanges, Tunis, 1980, p. 139-141.
Né en Tunisie en 1937, Nja Mahdaoui se forme à l'Académie des Beaux-Arts de Rome (diplômé en 1967) puis à l'École du Louvre (1968) et à la Cité Internationale des Arts de Paris. Il commence à exposer dès 1959 et rentre définitivement en Tunisie en 1977. Reconnu internationalement comme le « chorégraphe des lettres », il joue un rôle pionnier dans le développement de l'abstraction calligraphique : libérant la lettre arabe de sa fonction scripturale pour en faire une forme purement visuelle, musicale et rythmique, il développe un langage de « calligrammes » et de « graphèmes » vidés de tout contenu littéral — ce qu'il nomme lui-même une écriture émancipée du sens.
Son œuvre, qui s'étend sur plus de six décennies, embrasse des médiums aussi divers que le parchemin, la céramique, le textile, la sculpture et le vitrail. Il réalise de nombreuses commandes monumentales — Jeddah et Riyad (1981-1984), le campus de l'Université KAUST en Arabie Saoudite (2010), le siège de Facebook à Menlo Park (2018) — et reçoit le Grand Prix du ministère de la Culture tunisien (2006) et le Prix UNESCO pour l'artisanat arabe (2005). Ses œuvres figurent dans les collections du British Museum, du Smithsonian Institution, de l'Institut du monde arabe, du Mathaf et de la Barjeel Foundation.
À propos de la vente
Modernités Arabes, Africaines & Indiennes
Lieu de vente
Date
18/06/2026 à 14h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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