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10 - 10. 10P W FRANK STELLA (1936-2024) Costa Mesa 1967 signé, ti…

Estimation 1 500 000 € - 2 000 000 €
Description
10. 10P W FRANK STELLA (1936-2024) Costa Mesa 1967 signé, titré et daté 1967 au revers alkyde sur toile 160.5 x 320.5 x 8 cm. 63 3/16 x 126 3/16 x 3 1/8 in. Provenance Collection Lawrence Rubin, New York Collection Gilbert G. Halbers, Paris Collection Monsieur & Madame Claude Cluzel, Europe (acquis auprès de celle-ci en 1978/79 via Pierre Weiller) Puis par descendance au propriétaire actuel Exposition Paris, Galerie Daniel Templon, Frank Stella, Peintures 1970-1980, 19 septembre - 28 octobre 1981 Bibliographie Magazine: Art Press, n°113, avril 1987, p. 18, illustré en noir et blanc, in situ D'une suprématie impénétrable et somptueuse, les œuvres de Frank Stella ont en elles quelque chose d'infini. Leur aséité artistique, que ne dompte aucune concurrence, prévient tout égarement poétique, dans un hiératisme qui leur confère une autorité naturelle souveraine dans un credo devenu apologétique : « What you see is what you see » prononcé lors d'un entretien avec Bruce Glaser en 1964. L'artiste scelle, ce jour-là, l'avènement d'un art nouveau. En déchirant de façon cinglante le geste de toute signification, il congédie les tourments de l'âme de la peinture qui avait précédé la sienne, qu'elle soit lyrique (Europe) ou expressionniste (USA), ne retenant de cet art éminemment charnel que la radicalité d'un geste qui ne souffre aucun repentir. C'est dans un New York en effervescence – épicentre de la création et de la diffusion artistique mondiale– que le jeune peintre découvre l'art de son temps, alors dominé par Jackson Pollock, Willem De Kooning, Franz Kline, etc., grâce à l'enseignement de William Seitz. En 1958, il pousse la porte de son futur galeriste Leo Castelli (qui lui offre sa toute première exposition personnelle un an plus tard) et comprend, en découvrant les drapeaux de Jasper Johns, que la surface picturale et l'image représentée en un même tableau se fondent. Ce nouvel idiome sera le linéament de son art, qui deviendra la pierre angulaire du minimalisme. Prophète de l'art conceptuel, cet artiste dans une émancipation créatrice mâtinée d'une grâce rimbaldienne, fit, à moins de trente ans, la synthèse des siècles passés avec une radicalité sans précédent : ni figure, ni fond. Dans une exposition orchestrée en 1959-1960 par Dorothy Miller au MoMA, Sixteen Americans, dont le retentissement sera planétaire, Frank Stella dévoile un de ses Black Paintings qui changera à jamais l'art contemporain. Il confie à l'un de ses amis, un sculpteur encore inconnu qui partage son atelier, le soin d'écrire quelques lignes sur lui dans le catalogue d'exposition : « L'art exclut l'inutile. Frank Stella s'est trouvé dans la nécessité de peindre des bandes. Il n'y a rien d'autre dans sa peinture » note ce jour-là Carl André, esquissant, en quelques mots percutants, le sédiment de son art : tautologique. Acte fondateur s'il en est, cet événement propulse le jeune artiste sur le devant de la scène internationale, sur laquelle il régnera en maître quarante années durant ; le MoMA lui consacre sa première rétrospective à l'âge de trente-trois ans, tandis que William Rubin (l'un des plus grands historiens d'art) lui propose de devenir l'exégète de son Œuvre. Présentées lors de rétrospectives majeures, qui redéfinirent l'art de son temps, ses créations firent partie de Geometric Abstraction au Whitney Museum de New York en 1962 et de The Shaped Canvas au Guggenheim, New York, en 1964-1965, pour ne citer qu'elles. Fondée sur la répétition modulaire, selon une structure d'une rigueur ascétique rythmée d'espaces interstitiels qui dévoilent la réserve de la toile (lignes non peintes), Costa Mesa, réalisée en 1967, est l'incarnation du manifeste des Concentric Squares et Mitered Mazes, dans une confrontation sublime entre achromie et polychromie. Chaque pan, divisé en axe diagonal, révèle une démonstration tonale, de rigueur sombre ou d'explosion fluorescente spectrale qu'autorise l'alkyde, depuis un point focal. Le titre, quant à lui, évoque le lieu où l'initiateur du « shaped canvas » travaillait pour gagner sa vie en repeignant des monuments, des appartements, etc.,. (Costa Mesa, que nous présentons, fut créé en Californie). Véritable icône de la collection Cluzel, acquit dès 1978, ce tableau fut préservé à l'abri des regards près d'un demi-siècle durant. De la peinture, il est l'expression la plus pure devant laquelle s'éteignent les voix, car il est de ces chefs-d'œuvre, à la beauté hypnotique et sidérale, qui intiment un silence pénétrant. En art contemporain, cette œuvre est un absolu.
À propos de la vente Post-War & Contemporary Art including the Cluzel Collection
Lieu de vente
Date 04/06/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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