Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium BONHAMS CORNETTE DE SAINT CYR
41
-
41. 41W LEE UFAN (N. 1936) Relatum
1978
acier Corten et pier…
41
-
41. 41W LEE UFAN (N. 1936) Relatum
1978
acier Corten et pier…
Estimation 100 000 € - 150 000 €
Lot volontaire
Description
41. 41W LEE UFAN (N. 1936)
Relatum
1978
acier Corten et pierres naturelles
277 x 190 x 1 cm.
109 1/16 x 74 13/16 x 3/8 in.
Réalisé en 1978.
Provenance
Acquis directement auprès de l'artiste par le propriétaire actuel en 2003
Cette œuvre est vendue sur désignation. Pour toute demande et précision, veuillez vous adresser au département.
Dans une intervention aussi minime que d'une bouleversante intensité, Lee Ufan appose son geste créateur avec le recueillement qui confère à son art une extrême sensibilité. Cette œuvre (Relatum, 1978), auprès de laquelle semble se reposer la lumière, s'est éprise du souffle de l'invisible et de l'éternité.
Si l'artiste privilégie dans ses peintures l'empreinte du geste, lui conférant ce qu'il faut de présence discrète, il prône en sculpture l'immobilité, le dénuement et cette rencontre fortuitement maîtrisée des forces organiques de la pensée, de la main disparue, de l'air et du temps.
Remportant, en 1968, le concours de la critique avec son essai Des objets inanimés à l'existence vivante, Lee Ufan devient le théoricien du Mono-ha, qui met en exergue la relation topologique entre le lieu et l'objet, de même que l'équilibre de la rencontre avec celui qui regarde l'œuvre ; ce qui lui vaut d'être invité à la biennale de Paris, en 1971, afin de présenter ce mouvement aux Européens.
Si c'est en Corée qu'il étudie la poésie, la peinture et la calligraphie, c'est le Japon (où l'artiste déménagea en 1956) qui permet à son art d'éclore ; c'est encore ce pays d'adoption qui lui offrira, en 2010, la consécration ultime d'avoir un musée à son nom sur l'île de Naoshima (création à quatre mains entre lui et l'architecte Tadao Ando) dont l'artiste dira qu'il est comme « une grotte présente depuis la nuit des Temps, comme un utérus maternel ». Son Œuvre, quelque soit le lieu qui l'abrite, se meut en une expérience sensible.
Nimbé d'une aura singulière, son Œuvre séduit le château de Versailles, qui, pour sa dixième exposition d'art contemporain en 2017, choisit cet artiste qui avait déjà envahi ses jardins en 2014, après qu'il eut exposé dans de prestigieux lieux comme le Guggenheim Museum (New York), la Tate Modern (Londres), le Kunstmuseum (Bonn), le Musée d'Art de Yokohama.
De ses lectures philosophiques, l'artiste entretient une proximité particulière avec l'Infini de Spinoza, la Chose de Kant, l'Etre d'Heidegger, Topos de Kitaro Nishida. Ses créations, témoins de préceptes immémoriaux, inclinent sa main, dont la légèreté lui semble venir de l'air et du vent, à déplacer la pierre ou le pinceau là où la correspondance s'impose. Le vide, dans son art, se meut en un espace physique, une présence, un chemin.
Cette sculpture, que nous avons le privilège de présenter (celle-ci appartient à l'une des collections les plus exigeantes qui soient), fait dialoguer dans un antagonisme fécond des pierres (matériau qu'il utilise depuis 1960) et des plaques d'acier, faisant ainsi entrer en résonance la nature et la société industrielle. Lee Ufan ne choisit pas ces fragments rocheux au hasard : « Je cherche des pierres dans des carrières, une pierre d'une certaine taille sera associée à une tôle en métal d'une certaine taille, leur relation est essentielle (...). Je ressens une force mystérieuse devant ces pierres. Une présence absolue s'en dégage. » évoque l'artiste dans l'interview qu'il accorde à Paolo Reversi en octobre 2025 pour Numéro art.
Ces éléments qui constituent la sculpture, à l'apparente simplicité, choisis pour leur matérialité, n'entrent en relation que dans le lieu accueilli par l'artiste, dont le geste effacé fait apparaître un espace, une discussion, nés de liens invisibles qu'il a su tisser. « Mon corps intervient également pour faire advenir les choses » résume-t-il. S'il opère peu sur les matériaux naturels ou artificiels, leur sélection et leur positionnement dans l'espace choisi est le moment séminal de sa création. « Relatum » (relation en latin) est le nom donné par l'artiste à toutes ses sculptures depuis 1972.
Les plaques d'acier, nées de la pensée, offrent une tension poétique subtile : elles sont une séparation, une paroi, une porte...autant d'invitations...Tandis que la pierre s'ancre dans l'origine, dressée de toute éternité contre le tourbillon des mouvements, près de là où s'enfoncent les racines. Dans le silence séculaire, les pierres sont les murmures de la Terre. De leur rencontre symbiotique s'érige une œuvre au hiératisme thaumaturgique et enchanteur. L'art de ce poète-sculpteur est ainsi fait, de correspondances et d'infini...
À propos de la vente
Post-War & Contemporary Art including the Cluzel Collection
Lieu de vente
Date
04/06/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi