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Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
BONHAMS CORNETTE DE SAINT CYR

49 - 49. 49AR W MARIO MERZ (1925-2003) Sans titre 1990 tubes néon…

Description
49. 49AR W MARIO MERZ (1925-2003) Sans titre 1990 tubes néons, pierres de l'Yonne et terre dimensions variables variable dimensions Réalisé en 1990. Refer to department Provenance Acquis directement auprès de l'artiste par le propriétaire actuel Expositions Barcelone, Fondation Espai Poblenou, Site-specific projects for Barcelona 10.1989 - 09.1995, juin - novembre 1990, p. 45, illustré en noir et blanc Saint-Jacques-de-Compostelle, On the road, 27 juin - 30 novembre 2014, p. 177, illustré en noir et blanc Arpentant les territoires informulés de l'imaginaire, les créations de Mario Merz invitent – pour qui sait les voir – le spectateur au cœur même de l'acte créateur. Elles sont propices au cheminement, comme l'énonciation est à la langue. Dans une poétique de l'espace, selon le mot de Bachelard, l'univers merzien nous fait glisser du désœuvrement à l'œuvre, par une enivrante sérendipité. Acquise directement auprès de l'artiste, cette installation magistrale créée en 1990, dans une écriture du sensible, dévoile un paysage, une topologie sans lieu, où s'entremêle avec virtuosité l'informel à la forme pure. Exposée à la Fondation Espai Poblenou, dès l'année de sa création, puis à Saint-Jacques-de-Compostelle plus récemment (2014), où elle fut très remarquée, cette œuvre, née de néons, de pierres et de terre, est le substrat primitif sur lequel repose l'esthétique de Mario Merz, depuis l'emprunt du règne végétal achromatique jusqu'à l'apparition du dessin mathématique en néon, issu du Liber Abaci, dans une philosophie de la métonymie. Icône absolue de l'Arte Povera, cette création qui dévoile les nombres – tirés de la suite de Fibonacci (dévoilée dans l'ouvrage précité) –, s'éclairant dans la pénombre d'une surface rocailleuse et fertile, incarne l'esthétique brute voulue par Germano Celant, qui théorisa l'expression en 1967 dans la revue Flash Art. En sortant ces matériaux de leur condition ordinaire, les artistes de ce célèbre mouvement mettent en évidence leur essence même, et non plus ce qu'ils représentent. Quelques mois plus tôt, à Gênes, dans sa ville natale, le célèbre critique d'art italien imagine une exposition d'avant-garde, Arte Povera IM spazio (Image espace), qu'il confie à Alighiero Boetti, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Giulio Paolini et Pino Pascali, révélant une expérience sensorielle immersive où œuvres et espace seraient confondus. L'approche se veut novatrice quant à la création, la diffusion et la réception d'une œuvre d'art, le regard du spectateur induisant une expérience sensible. Parmi les premières expositions fondatrices de ce groupe, il est celle de la galerie La Bertesca à Gênes, en 1967, à laquelle participe Mario Merz. Auprès de Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto et d'autres, il fréquente également très régulièrement la galerie turinoise de Gian Enzo Sperone, qui deviendra le vivier de la création contemporaine, épris de la contestation sociétale de mai 68. C'est en effet une réponse artistique qu'entendent livrer Germano Celant et ces artistes à la société hégémonique de consommation, de même qu'à la suprématie du Pop Art et du minimalisme américain. Dans un voeu de pauvreté, ces artistes non dogmatiques élargissent les domaines de la peinture, de la sculpture, du dessin et de la photographie, en créant les premières "installations" de l'Histoire de l'art, dont le rayonnement sera international. Ces artistes venus de Milan, de Bologne, de Rome, de Gênes, de Turin ont en partage le ressourcement organique comme langage symbolique œcuménique. Artiste métaphysicien, Mario Merz introduit dans ses œuvres la suite de Fibonacci, dès les années 1970, comme symbole de l'énergie inhérente de la matière et de la croissance organique, en plaçant les chiffres réalisés en néon sur ses créations – comme dans l'œuvre que nous présentons – soit dans des lieux d'exposition, comme en 1971 le long de la spirale du musée Salomon R. Guggenheim. Au fil des années, de nombreuses expositions furent consacrées à cet artiste exceptionnel (Walker Art Center, Minneapolis, 1972 / Kunsthalle, Bâle, 1972, Documenta de Kassel 1972-1982-1992 / Fundation Proa, Buenos Aires, 2002 etc.) jusqu'à l'exposition collective à la Bourse de Commerce, Collection Pinault en 2025. Vingt-et-un néons composent cette installation d'une beauté incandescente, qui est sans doute son œuvre la plus aboutie : "Un exemple clair de l'ordre qui sous-tend toute la nature", selon le mot de l'artiste. Dans une synchronicité qui tient autant du merveilleux que de l'ascèse, Mario Merz offre une synthèse subtile entre l'imagination esthétique et l'imagination réaliste. Comme une langue issue d'une exigence d'apparition, son langage artistique procède de la révélation. Se lit en cette sémiologie nouvelle une métaphore de l'évolution, du temps et de l'infini, une expérience qui a le charme de l'inachevé et la grâce du commencement.
À propos de la vente Post-War & Contemporary Art including the Cluzel Collection
Lieu de vente
Date 04/06/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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