Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium BONHAMS CORNETTE DE SAINT CYR
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82. 82AR ANTONI TÀPIES (1923-2012)
Empreintes de pieds sur d…
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82. 82AR ANTONI TÀPIES (1923-2012)
Empreintes de pieds sur d…
Estimation 100 000 € - 150 000 €
Lot volontaire
Description
82. 82AR ANTONI TÀPIES (1923-2012)
Empreintes de pieds sur du sable
1972
signé au revers
huile, fusain et sable sur toile
81 x 100 cm.
31 7/8 x 39 3/8 in.
Réalisé en 1972.
Provenance
Galerie Claude Bernard, Paris
Martha Jackson Gallery, New York
Collection particulière, Espagne
Vente: Versailles Enchères, Versailles, Tableaux, Abstraits et Contemporains, Sculptures, 16 décembre 2007, lot 161
Galerie Bernard Cats, Bruxelles
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel
Exposition
New York, Martha Jackson Gallery, Tapiès: works 1969-1972, 8 novembre - 15 décembre 1973, n.p., illustré en noir et blanc
Bibliographie
Pere Gimferrer, Tàpiès i l'esprit català, Paris 1976, p. 44, pl. 59, illustré en noir et blanc ; p. 258, pl. 278, illustré en couleurs
Josep Vallès Rovira, Tàpies Empremta (art-vida), Barcelone 1983, pl. 241, illustré en noir et blanc
Anna Agustí, Robert Marrast, Tàpies : Catalogue Raisonné, Volume 3. 1969-1975, Cologne 1999, p. 294, n°2543, illustré en couleurs
Comme la beauté fait frissonner les ombres, nul bruit n'ose éclore auprès d'une œuvre qu'une main légère a caressé. Empreintes de pied sur du sable, créée en 1972, est de ces peintures qui portent en elles l'odeur de la terre qui s'éveille après la pluie, une aube qu'est venue attendrir le soleil, une heure délicieuse... C'est en amoureux de la matière qu'Antoni Tàpies est venu jouer une gamme expressive très personnelle sur cette toile onctueuse, car l'artiste sait qu'un coup de pinceau peut griffer le support comme un couteau ou venir le frôler comme un rayon de lumière.
C'est en 1943, après une longue convalescence, que le peintre catalan embrasse une carrière artistique. Ami des philosophes et écrivains, il fonde le mouvement et la revue d'avant-garde Dau al Set avec le poète Joan Brossa ; la trace, le signe et le symbole étant substantiels dans sa création, à la lisière de la figuration et de l'abstraction.
Convaincu qu'une connivence humaine et artistique naîtra de cette rencontre, le collectionneur Joan Prats invite Antoni Tàpiès dans l'atelier de Joan Miró qui éveille son art à la dimension magique des images. Dès les années 1950, le jeune peintre incorpore de nouveaux éléments iconographiques (références anthropomorphiques, croix, écritures, etc,..) permettant à ses émotions de surgir dans une matière désormais éprise de quotidienneté et de poésie.
Empruntant des chemins post-esthétiques, Antoni Tàpies accède à une reconnaissance internationale et expose à Paris. En 1952, il est invité à la Biennale de Venise et, l'année suivante, la célèbre galerie Martha Jackson lui consacre une exposition personnelle dès son ouverture à New York. En 1958, à la demande du célèbre critique d'art Jacques Dupin, la Galleria dell'Ariete, à Milan, le réclame. Dans un équilibre parfait entre la raison et l'instinct, ses œuvres évoquent un monde humain et cosmique dans une éclosion expressive, un langage épris de matière et de geste symbolique.
L'ellipse du sens, le peintre le doit à ses amours frémissantes avec le dadaïsme et le surréalisme. Du premier, l'artiste retient la mystique hétérodoxe, du second l'étude jungienne. L'aura primitive de ses tableaux, où l'objet et l'être communient entre irréel et réalité, convoque une peinture ancestrale : le graphein, produit de la coexistence du discours écrit et de l'image.
La ligne, dans toutes ses œuvres, est féconde.
De son poignet, libre, Antoni Tàpies nous livre des fragments, comme ses graffitis qui advenaient sur les murs des maisons espagnoles, dans une protestation silencieuse contre le franquisme, dont son Œuvre hérita une dimension tragique. En 1962, le Guggenheim (New York) lui dédie une rétrospective de grande ampleur ; ses œuvres intègrent des collections publiques et privées magistrales. La galerie Maeght, à Paris, lui consacre, des décennies durant, des expositions personnelles confirmant la justesse de son propos de même que son talent immense.
Lorsque sont inaugurés à la fondation Tàpiès (Barcelone), en 1990, un musée et une bibliothèque, l'artiste, dans une humilité votive déclara : « mon illusion est d'avoir quelque chose à transmettre. Si je ne peux pas changer le monde, je désire au moins changer la manière dont les gens le regardent ».
Dans cette terre mouvante teintée de sable bistre, le peintre conjure l'éphémère, notre finitude, qu'il transmue en un talisman, en une prière (peut-être le songe d'Ademar de Borros), tandis que, du premier homme, l'artiste, dans une infinie douceur, en garde l'empreinte.
À propos de la vente
Post-War & Contemporary Art including the Cluzel Collection
Lieu de vente
Date
04/06/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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