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86 - 86. 86AR W CÉSAR (CÉSAR BALDACCINI) (1921-1998) Hommage à Ei…

Estimation 150 000 € - 200 000 €
Description
86. 86AR W CÉSAR (CÉSAR BALDACCINI) (1921-1998) Hommage à Eiffel 1991 signé, numéroté EA 4/4 et porte le cachet fondeur Bronze Romain & fils bronze soudé 329 x 207 x 78.5 cm. 129 1/2 x 81 1/2 x 30 7/8 in. Réalisée en 1991, cette œuvre fait partie d'une édition de 8 exemplaires + 4 EA. Cette œuvre est répertoriée sous le numéro 4499 auprès des archives de Madame Denyse Durand-Ruel. Provenance Studio de l'artiste Collection Jean Hamon, France Vente: Digard Auction, Paris, Post War & Art Contemporain, 23 juillet 2020, lot 83 Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel Bibliographie Pierre Restany, Jacques Séguéla, César, Paris 1996, pp. 76-77 (un autre exemplaire) Cette œuvre est vendue sur désignation. Pour toute demande et précision, veuillez vous adresser au département. Quelque chose s'est en allé du ciel, dans ce Paris nocturnement atteint, en ce début des années 1940, lorsque le jeune César arrive de son Marseille natal ; mais c'est en vertu même de son infirmité, que ce monde écroulé verra éclore, à l'aube des années 1950, une pluralité discrète et féconde de mouvements artistiques, d'œuvres, avec cette capacité fondamentale qu'ont les choses concrètes à faire émerger un rêve. L'art de la sculpture se reconstruit peu à peu sur un abandon des matières et des méthodes de travail traditionnelles, où la non-valeur du matériau prime. Volontairement apparents, les pièces de rebuts, dont s'échappent leur contenu sémantique, pullulent dans des créations toutes plus hétérogènes les unes que les autres (Tinguely, Duchamp, etc.). Grâce à son ami Georges Nadal, qui lui ouvrit les portes d'un atelier mécanique dans une usine, César découvre la soudure à l'arc. Avec un chalumeau pour seul outil de création, l'artiste modèle la ferraille qu'il trouve au gré de ses pérégrinations parisiennes, dans les déchetteries et autres recoins où le vent le porte. Aucun mouvement initial de la pensée ne préside à sa création ; seulement – et impérieusement – un mouvement dans la pensée. Le regard et la palpation pour seuls guides. En 1950, il se lie d'amitié avec Germaine Richier croisée par hasard à la Rhumerie martiniquaise : il est de ces rencontres qui sont un immense horizon. L'observant en silence, lorsqu'il lui rendait visite le soir dans son atelier, il comprend combien le rien peut devenir un tout et le vide une masse. Sa première exposition personnelle « Animaux en ferraille » lui sera dédiée par Lucien Durant en 1954. En artistes avertis, Oscar Dominguez et Pablo Picasso viennent voir le futur prodige. « Il est bien ce petit », dira de lui le grand maître espagnol, le soir du vernissage, devant son œuvre intitulée Poisson. Cette même œuvre sera acquise, un an plus tard, par le musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Le 27 octobre 1960, au domicile d'Yves Klein, Pierre Restany fonde le Nouveau Réalisme, auquel est convié César (absent ce jour-là), réunissant des artistes autour d'une déclaration constitutive sans précédent quant aux nouvelles approches perceptives du réel. Quelques mois plus tard, au XVIe Salon de mai, César, dans un geste historique et iconoclaste, désavoue la sculpture : les compressions venaient de naître. D'une radicalité subversive, le fondement de son art repose désormais sur une propédeutique de la découverte, autant qu'un mode opératoire de renouvellement figural permanent : extension et renversement. Sorties des mâchoires acérées de la presse, ces formes parallélépipédiques font advenir la masse comme matrice. César, alors qu'il est au sommet de son art (les Etats-Unis le réclame, dès 1960, pour lui organiser une exposition personnelle à la Allan Stone Gallery puis il participe, un an plus tard, à l'exposition The Art of Assemblage orchestrée par William Seitz au MomA, etc.), bouleverse une nouvelle fois le monde de l'art en 1967 : le sculpteur, dans un happening devenu légendaire, laisse s'épancher de la mousse de polyuréthane en une métamorphose aléatoire, opposant à la compacité de ses compressions la mollesse organique de ses expansions. Anti-forme et masse deviennent son nouveau credo. Des années passent, les rétrospectives et consécrations se succèdent pour cet artiste de rupture « sur la crête des réussites sculpturales de la seconde moitié du XXe siècle » (Bernard Lamarche-Vadel), qui devint un jour professeur. En 1984, c'est à la faveur d'un apéritif organisé par l'un de ses étudiants, que César apprend qu'un ferrailleur possède des éléments récupérés de la tour Eiffel lors de sa rénovation pour l'alléger. « J'ai commencé par prendre une poutrelle et je l'ai découpée en tranche (...). Après ça, Jean Hamon, qui a une entreprise de construction, m'a donné un soudeur puis une grue. C'est une histoire de fou, cela m'a pris quatre ans » raconte-t-il. C'est ainsi que vit le jour Hommage à Eiffel, dans le parc du château du Montcel à Jouy-en-Josas, pour l'inauguration de la fondation Cartier : 18 mètres de fierté française ! L'œuvre que nous présentons est considérée comme l'un des derniers chefs-d'œuvre monumentaux de César, son bronze le plus abouti. De toutes ses créations, elle seule incarne le temps piégé par la matière, l'allégorie de la France ainsi qu'une ode à la liberté (un commando de six sapeurs-pompiers brava les tirs allemands pour hisser le drapeau tricolore au sommet de la tour Eiffel, ce 25 août 1944), sans doute parce que chez César, cette nécessité intérieure qu'est la vocation sculpturale fut la soumission sublime au déterminisme organique d'un destin.
À propos de la vente Post-War & Contemporary Art including the Cluzel Collection
Lieu de vente
Date 04/06/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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