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une photo d'une tenture murale sur laquelle figure une tête de girafePhoto 2/4 du lotPhoto 3/4 du lotPhoto 4/4 du lot
Premium ARTESIA - Maison de Ventes à Châtellerault

464 - MANUFACTURE ROYALE DES GOBELINS, Paris - vers 1690

Estimation 2 000 € - 4 000 €
Description
MANUFACTURE ROYALE DES GOBELINS, Paris - vers 1690 Exceptionnel et fin bandeau d'apparat. Fragment horizontal magistral de tapisserie des Ateliers Royaux de Paris destiné quasi exclusivement au Roi et aux résidences royales. Le modèle de chancellerie d'après les cartons de Claude Audran III et Guy-Louis Vernansal, pour la Couronne. Champ bleu nuit à semis de fleurs de lys d’or, orné d’un grand cartouche baroque dont les armoiries ont été effacées. Le médaillon portait à l’origine les armes de France ou celles d’un ministre d’État, probablement de la Justice ou du Commerce, selon les éléments qui l’entourent. Le chiffre formé de deux L entrelacés et adossés correspond au monogramme officiel de Louis XIV. Le cartouche est encadré de deux ailes stylisées symbolisant la Renommée du Souverain. À gauche, parmi les guirlandes de fleurs et de feuilles polychromes, l’allégorie de la Prudence est représentée par un serpent se contemplant dans un miroir circulaire. La Prudence, vertu cardinale et attribut de sagesse, s’inscrit dans les programmes politiques destinés à magnifier le gouvernement du Roi Soleil, notamment sous l’impulsion de Jean-Baptiste Colbert. La composition, parfaitement symétrique, conduit le regard vers les ailes de la Renommée et les attributs de la Sagesse, de la Justice et du Commerce. À droite figurent les attributs de la Justice, notamment le fléau de la balance au-dessus des livres, évoquant les sciences et les études. Le caducée, formé de deux serpents surmontés d’ailes déployées, renvoie ici au commerce, à la paix et à l’éloquence, et non à la médecine. L’ensemble est animé de guirlandes végétales multicolores, avec notamment une pivoine rouge éclatante. Tissage de basse-lisse. Tapisserie en laine et soie encadrée et doublée. Remarquable fraîcheur des couleurs et belle polychromie. Haut. : 65 cm Larg. : 331 cm Restaurations, oxydations et usures naturelles. Note : Sous le règne du Roi Soleil, ce modèle de bordure destiné aux tapisseries de Chancellerie fut codifié par les artistes royaux Claude Audran III et Guy-Louis Vernansal. Le cartouche central a été gratté ou blanchi, faisant disparaître les armoiries. Cette intervention est considérée comme un témoignage des bouleversements de la Révolution française, vers 1789-1793, période durant laquelle un décret obligeait les possesseurs de tapisseries royales à bûcher, ou détruire les armoiries et les symboles de noblesse, sous peine de confiscation. Le propriétaire a ainsi supprimé les armes centrales tout en conservant le semis de fleurs de lys, permettant à cet important fragment de 331 cm de parvenir jusqu’à nous. Les liciers des Gobelins étaient réputés pour leur maîtrise des dégradés et nuances de tons, permettant de restituer avec finesse les fleurs et leurs effets picturaux. Pour les pièces royales telles que les Chancelleries, les ateliers pouvaient employer une chaîne d’une densité particulièrement élevée, souvent supérieure à 20 ou 22 fils au centimètre, contribuant à la précision du décor. Oeuvres de comparaison : le Musée du Louvre, le Mobilier National (Paris) ainsi que le Château de Versailles conservent des chancelleries similaires.
À propos de la vente PRESTIGE - SIÈCLES CLASSIQUES - CHÂTEAU DE VAYRES
Lieu de vente
Date 18/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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