Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium ARTESIA - Maison de Ventes à Châtellerault
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Félicie de FAUVEAU (1801-1886),
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Félicie de FAUVEAU (1801-1886),
Estimation 15 000 € - 20 000 €
Lot volontaire
Description
Félicie de FAUVEAU (1801-1886),
Sainte Elisabeth de Hongrie
Modèle réalisé entre 1843 et 1845.
Statue en marbre blanc.
Signé "F de Fauveau" surmonté du lion rampant de la devise de la sculptrice sur le côté droit du rocher
Titré "Scta Elisabeth Ungariae" sur le côté gauche du rocher
Haut. : 66,5 cm
Long. : 22,5 cm
Prof. : 46 cm
Provenance :
- Probablement la commande de Mme Trotter en 1843 acquise par Son Altesse Royale la Duchesse de Berry en 1845 auprès de l’artiste ;
- Collection de Son Altesse Royale la duchesse de Berry, Palais Vendramin Calergi, Grand Canal, Venise ;
- Puis vente de sa collection à Paris par Maître Pillet, Hôtel Drouot du 8 au 13 mai 1865 sous le n°6; - Collection malouine, fin des années 1970,
- Par descendance
Œuvres en rapport :
- Félicie de Fauveau,Sainte Élisabeth de Hongrie, 1846, marbre, H. 85 cm, inscription ‘Fel de Fauveau’, Saint Pétersbourg, The Peterhof State Museum -Reserve ;
- Félicie de Fauveau, Sainte Élisabeth de Hongrie, 1851, marbre blanc, dim. 50.8 × 38.1 × 22.9 cm, Art Institute of Chicago, n°inv 2014.1064
Bibliographie :
-Catalogue des objets d'arts et de curiosité provenant du palais Vandramini à Venise et appartenant à Mme la Duchesse de Berry , Drouot, 8-13 mai 1865, n°6 ;
-Félicie de Fauveau. L'amazone de la sculpture', cat. exp. Les Lucs-sur-Boulogne, Historial de Vendée, Paris, musée d'Orsay, 2013, pp. 208-211et notice n°36 p.330-331, cité dans œuvre en rapport.
Littérature en rapport:
-Baron de Coubertin,"Mademoiselle de Fauveau", in Gazette des Beaux arts, 1887, t.XXXV, 2e période, pp.512-521;
-Silvia Mascalchi, Félicie de Fauveau : una scultrice romantica da Parigi a Firenze, Firenze : Leo S. Olschki, 2012; pp.55-75.
Signée de la main de la plus célèbre sculptrice de l’École romantique, Félicie de Fauveau, cette sculpture en marbre de Sainte Elisabeth de Hongrie était non localisée depuis la fin du XIXème siècle.
Magnifique témoignage du style « troubadour » de cette artiste incorruptible, engagée, attachée à sa foi et à la royauté, l’œuvre arbore fièrement les couleurs du romantisme, du culte de l'héroïsme féminin et de l’influence de l'art médiéval dont sont revêtues les plus belles œuvres de la sculptrice.
Après avoir pris part aux insurrections vendéennes en faveur de la branche aînée des Bourbons de 1832 auprès de la duchesse de Berry et de la Comtesse de la Rochejacquelein, la sculptrice s’installe pour un exil volontaire et définitif à Florence. La grande richesse artistique de la ville répond à son idéal esthétique fondé sur l’art médiéval chrétien et de la Renaissance.
Dans son vaste atelier, elle exécute en collaboration avec son frère Hippolyte, un grand nombre d’œuvres - tombeaux et portraits, médaillons et bijoux, bénitiers et statues de saints - pour des commanditaires fortunés partageant ses orientations politiques. Le lieu, très à la mode, est mentionné dans tous les guides touristiques, elle y reçoit tout le gotha européen en visite auprès des Grands Ducs de Toscane.
Cette figure titrée « Sainte Elisabeth de Hongrie » en latin s’inscrit dans le corpus de ses saintes triomphantes, avec Sainte Geneviève (1841), Sainte Dorothée ou Sainte Réparate (vers 1855). Comme pour d'autres statues de dévotion, l’artiste en a réalisé deux versions sur commande. Il y a tout lieu de penser que cette version est la première, née de la commande initiée en 1843 par Madame Trotter, une amie anglaise et protestante de l’artiste. Cette dernière souhaitait précisément la représentation sculptée de la scène la plus célèbre de la légende de sainte Elisabeth (1297-1231) : le miracle de la transformation des pains en roses.
La sculptrice, qui prit deux ans à concevoir le sujet, a figuré l’épouse du landgrave de Thuringe vêtue à la mode du XIIIème siècle, au moment où elle est surprise pas son mari. La sainte qui quittait le château, le manteau rempli de nourriture pour secrètement la distribuer aux pauvres, risque d’être prise « le pain dans le sac ». Ici pourtant, point de nourriture visible. Les petits pains se sont déjà transformés en fleurs qui parsèment le rocher incliné, et, la besace formée par le pan de son manteau est vide. Les drapées prennent d’ailleurs la forme étonnante et volumineuse d’une cuve, laissant penser que la sculpture a peut-être eu pour fonction première celle d’un bénitier, typologie de prédilection de l’artiste.
Ses correspondances indiquent encore que Madame Trotter mourut avant l’achèvement de l’œuvre en 1845. En avril de cette année, son amie la duchesse de Berry, qui lui a déjà commandé son portrait en 1840 ( marbre, H. 60 cm, Detroit Institute of Arts) rend visite à sa demi-sœur, Marie-Antoinette de Bourbon-Sicile, l'épouse du grand-duc en Toscane. La duchesse de Berry semble prendre plaisir à jouer les intermédiaires pour le compte de la sculptrice auprès de la Grande Duchesse. Elle ordonne le transport jusqu’au palais ducal de cette sculpture de sainte Elisabeth et de deux bénitiers. L’un des deux est acquis par le couple grand-ducal, tandis que sa protectrice , la duchesse, acquiert la sainte Elisabeth. La sculpture est installée dans son palais Vendramini à Venise pendant vingt ans.
Le catalogue de vente de cette insigne collection du palais vénitien dispersée en mai 1865 à l'hôtel Drouot à Paris nous apprend que cette œuvre de 67 cm de hauteur fut vendue à cette occasion sous le numéro 6.
Une seconde version en marbre de 85 cm était déjà en cours d’exécution en 1845, commandée par l’impératrice de Russie Alexandra Fiodorovna, d'après le catalogue de l'exposition tenue en France en 2013 (notice 36 p.330). Entrée dans diverses collections successives, notamment celle de Demidoff, elle est actuellement conservée au Peterhof-State Museum-Reserve de Saint Petersbourg. Si l’artiste a repris une troisième fois le sujet pour en réaliser en 1851 un buste intégré dans un quadrilobe orné de roses ( Detroit Institute of Art), il n’y a, à ce jour, aucune autre version d'une sainte Elisabeth mentionnée dans la littérature, ou les archives sur l’artiste. Dans l'état actuel des connaissances, il y a tout lieu de penser que notre oeuvre réapparue miraculeusement en 2026 dans une collection malouine est bien la première version acquise par la duchesse de Berry en 1845. Cette découverte vient enrichir encore très heureusement le corpus des œuvres de la célèbre « Amazone » de la sculpture
À propos de la vente
PRESTIGE - SIÈCLES CLASSIQUES - CHÂTEAU DE VAYRES
Lieu de vente
Date
18/10/2026 à 14h00
Description du lot modifiée le 30/09/2026 à 15h21
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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