une vieille photo représentant quelques lettres et un cachet de cirePhoto 2/3 du lotPhoto 3/3 du lot
ROUILLAC

88 - Haydée Magnus Level (1903-1991), femme de lettres et salonni…

Estimation 100 € - 150 €
Description
Haydée Magnus Level (1903-1991), femme de lettres et salonnière, muse Léon Daudet, Maurice Barrès et Charles Maurras Réunion de correspondances 14 L.A.S./P.A.S. et 2 cartes-photos, 1926-1943, adressées à René Benjamin, dont 18 septembre 1926 Monsieur avez-vous souvenance de cette dame qui vous fit place aux assises (aff. Philippe Daudet). Eh bien c’est elle qui ne peut résister au plaisir de vous dire sa joie à lire l’extrait de votre article de l’Avenir fustigeant ce ridicule PPP. Comme c’est drôle et comme cela a du ton. Madame de Noailles qui raporte tout à son odorat et à son goût devrait trouver que, ce goût là est relevé, pimenté comme du homard à l’américaine. Vous devriez bien en écrire un du même ton à cette loque flasque qu’est Briand. Le vilain homme sournois et bas. Madame Daudet étant encore à la campagne, je ne puis lui demander votre adresse, alors je me permets de l’expédier à M. Carvallo, que je sais de vos amis... 18 février 1930 Cher Monsieur et ami, Vous nous avez imposé un examen de conscience. J'essaie de voir très clair en moi et de répondre à la question : "Pourquoi allez-vous toujours aux Conférences de René Benjamin ?" Parceque j'aime l'incidence de sa pensée. Je me sens d'accord avec lui et cet accord flatte ma manie de le bien comprendre. C'est peut-être un peu de narcissisme. Ensuite, je vais voir un saut perilleux d'une haute difficulté et je veux voir comment mon équilibriste de prédilection s'en tire, moi aussi j'aime le danger autant pour moi que pour les autres , sans pratiquer la méthode de Nietzsche vulgaire démarqueur de Stendhal. Enfin, parceque vous me faîtes l'effet d'imposer une contrainte aux bavards et que les contraintes seules sont agréables dans la vie. Dans n'importe quel salon, maintenant, personne n'écoute plus. La mauvaise éducation a eu raison de tout le monde. Si une imprudente pose une question, au moment où vous allez lui répondre, elle se penche vers un voisin, pour lui poser une nouvelle question, sans ressentir elle, la hantise des rois et des Reines. Alors, ce public, muselé qui est obligé d'écouter, de suivre une parole qui développe une idée, obligé de se taire, obligé d'être poli, malgré lui ! Quelle revanche, quelle victoire. Si je n'étais occupée du visage du conférencier où l'on devine tant de choses, où un rire à peine esquissé, vite réprimé, dévoile tant de cruauté, d'art de consciente sagacité, tant de contrôle sur soi, j'aimerais regarder le visage de vos patients. Tenez, hier au soir, au premier rang, à vos pieds, vous aviez un certain Comte de Gontaut Biron avec une tête ornée d'une réchauffante, une tête de parfait idiot suffisant, imbu d'on ne sait quelle supériorité supposée, hostile par principe, comme on est méprisant pour son voisin au restaurant, par snobisme ou par dandysme. Il n'a pas compris grand chose à ce que vous avez dit, malgré deux petits yeux de singe qui devenaient couteaux de la malice, il ne se déridait qu'à la présence de mes amis, sans déchets. Je trouve que vous parlez longuement, sans jamais rien dire de vous-même, sous votre ironie froide, il y a un mépris visible, et, au milieu de tout cela, tout-à-coup, une flèche pleine de miel est décochée pour le plus grand plaisir de l'une ou l'autre de vos auditrices attendrie. Vous avez un esprit de création et d'ordonnance prodigieuse, de temps en temps, l'on voit vos dents, cela donne une impression d'éclair dans votre visage, et puis, il y a vos mains, oui, vos mains qui ont une grande signification...
À propos de la vente René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle
Lieu de vente
Date 06/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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